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[Sial 2016] L’agroalimentaire français décroche à l’export

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Alors que se tient le Salon international de l’alimentation (Sial) à Paris, la balance commerciale de l’agroalimentaire français recule. Un milliard d’euros pourrait être perdu cette année. Pourtant, des initiatives se mettent en place pour aider les PME du secteur à exporter.

[Sial 2016] L’agroalimentaire français décroche à l’export © SIAL

Il y a urgence à redresser la barre. "L’agroalimentaire français décroche progressivement à l’export", a alerté le 17 octobre, Jean-Philippe Girard, le président de l’Association nationale des industries agroalimentaires (Ania), lors du Salon international de l’alimentation (Sial), qui se tient jusqu’au 20 octobre, à Paris-Nord Villepinte. "En quelques années, nous sommes passés du deuxième au quatrième rang mondial des exportateurs agroalimentaires", a ajouté le président de l’Ania. Et la tendance ne devrait pas s’améliorer dans l’immédiat. Selon lui, l’excédent commercial qui était de 8,1 milliards d’euros en 2015, "devrait reculer d'un milliard en 2016", à cause de l'effet cumulé d’une baisse des exportations vers l’Europe et d’une hausse des importations. "La concurrence intra-européenne est de plus en plus forte. Nous sommes alourdis par une fiscalité et des normes franco-françaises très lourdes, qui grèvent notre compétitivité", a-t-il assuré. Ajoutés à cela, les difficultés des filières laitières et céréalières en 2016 contribuent également à cette contre-performance de l’agroalimentaire français.

Des initiatives pour faciliter les liens

Malgré ces mauvais chiffres, "il y a une prise de conscience depuis deux ans pour rassembler les forces (ndlr : Business France et la Sopexa ont clarifié leurs missions notamment). Le développement de la diplomatie économique est également une bonne chose", constate Michel Nalet, président de de la Commission export à l’Ania. L’association a mis en place un système de parrainage permettant à des PME de s’appuyer sur des grands groupes internationaux, pour se développer à l’export et de bénéficier de contacts dans 120 pays. Un Club export, présidé par Catherine Chavrier, directrice du développement international de la branche boissons d’Agrial, vient également de voir le jour, pour mettre en relation les entreprises désirant exporter. Une plate-forme digitale sera lancée prochainement. Dans le même temps, Business France vient de publier un guide "Où exporter en 2017 ?", pour permettre aux entreprises agroalimentaires de saisir les nouvelles opportunités commerciales qui se dessinent à l’export.

Mieux répondre à la demande

Interrogé par L’Usine Nouvelle sur la problématique de l’export, lors d’un débat organisé par l’Association française des journalistes agricoles (Afja) le 13 octobre, le ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, Stéphane Le Foll, estime que "les professionnels français ont beaucoup de mal à travailler ensemble, dans certaines filières". "Aujourd’hui, nous sommes mieux organisés, mais nous devons orienter notre offre pour nous adapter à la demande. Dans la viticulture par exemple, il faut aller davantage vers le milieu de gamme", a-t-il ajouté.

Même si des initiatives positives se mettent en place dans le secteur, l’agroalimentaire français va devoir faire face au défi du Brexit dans les prochains mois. "Le Royaume-Uni est un de nos premiers clients à l’export. Il faudra trouver un système de libre-échange. Nous avons besoin d’avoir l’Etat à nos côtés pour ne pas revenir trente ans en arrière, avec des barrières douanières", a prévenu Michel Nalet. A bon entendeur !

Adrien Cahuzac

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