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"Si vous laissez faire Ryanair, c'est l'aérien français que vous tuez", juge le PDG de HOP !

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Entretien Lionel Guérin, le PDG de HOP !, la filiale d'aviation régionale d'Air France, salue l'amende infligée à la compagnie aérienne Ryanair le 2 octobre. Il appelle à la mise en place de règles sociales harmonisées dans l'aérien pour ne pas mettre en danger les compagnies aériennes françaises.

Si vous laissez faire Ryanair, c'est l'aérien français que vous tuez, juge le PDG de HOP ! © Bene Riobó - Wikimedia Commons

L'Usine Nouvelle - Ryanair condamné à verser 9 millions d’euros de dommages et intérêts, ce n’est que justice ?

Lionel Guérin - Vous savez, il y a quelques années, nous avons beaucoup parlé du plombier polonais en France, suite à la directive Bolkenstein. Ce que l’on sait moins, c’est que dans l’aérien le même problème se pose : les pilotes ne sont pas polonais mais irlandais. Je salue donc la décision de justice contre Ryanair. Nous avons en face de nous un concurrent qui vient faire des liaisons domestiques, en France, et qui concurrence directement les compagnies françaises, avec des charges sociales de 10 à 15% seulement. Et je ne vous parle pas du droit social… Si vous laissez faire cela, à terme, c’est le transport aérien français que vous tuez.

N’est-ce pas une manière de masquer votre problème de compétitivité ?

Je ne nie pas nos handicaps. Les entreprises françaises doivent se réformer et c’est ce que nous faisons chez Hop !. Nous avons, par exemple, négocié avec nos syndicats des accords visant à l’amélioration des performances économiques, en particulier des mesures de réduction des coûts prévoyant notamment un gel des salaires et des avancements sur une période limitée. Mais, ne nous leurrons pas, cela ne suffira pas à être compétitifs face à des compagnies qui emploient des "pilotes Bolkenstein". Le constat que je fais c’est qu’il n’y a pas d’Europe sociale et que cela met en danger la filière transport en France du fait d’une dérégulation que l’on n’a pas vu venir. Songez qu’en dix ans le pavillon français a perdu 10 points de part de marché, et cela dans un marché en croissance.

Le problème, c’est les compagnies low-cost ?

Le problème, c’est surtout l’absence d’harmonisation sociale et fiscale en Europe.

Propos recueillis par Thibaut De Jaegher

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