"Si Veolia aide les industriels à recycler leurs déchets, tout le monde est gagnant"

En pleine restructuration de ses activités et dans un contexte de concurrence exacerbée, Veolia Environnement entend faire des services à l’industrie un puissant levier de croissance. Si cette activité n’est pas la plus visible dans la galaxie Veolia par rapport aux marchés publics, elle reste une valeur sûre. Dans le domaine de l’eau, Veolia Eau Solutions & Technologies a enregistré au premier semestre un chiffre d’affaires de 1,086 milliard d’euros en hausse de 7,2% en bonne partie grâce à plusieurs contrats signés dans l’industrie. Pour Jean-Michel Herrewyn, le directeur général de Veolia Eau, les nouveaux besoins des industriels tirent le marché.

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L'Usine Nouvelle - Qu’en est-il de la création du département marketing destiné à l’industrie annoncé en décembre dernier par la direction ?
Jean-Michel Herrewyn - Dans l’eau, nous menons de grands efforts pour aller à la conquête de cette clientèle industrielle, un domaine dans lequel nous avions un léger de retard que nous avons largement rattrapé. Les industriels, à la différence des collectivités, s’intéressent à la différenciation technologique. La clé dans l’industrie est l’expertise technologique.

Quels secteurs industriels sont actuellement les plus porteurs ?
Le secteur du pétrole et du gaz est primordial : des plates-formes en mer jusqu’au traitement du pétrole, des sables bitumineux et des très polémiques gaz de schiste.

Il y aussi le secteur des mines, où les acteurs sont soumis à de nombreuses exigences environnementales et celui de l’agroalimentaire qui cherche à doper sa production de biogaz.

Etes-vous confrontés à des demandes nouvelles de la part des industriels ?
Les industriels considèrent de plus en plus leurs effluents (les déchets liquides du processus de production, ndlr) comme une ressource, ce qui est nouveau. Ils étaient jusqu’ici plus focalisés sur les eaux de process. Ils veulent aujourd’hui pouvoir produire du biogaz à partir de leurs effluents mais aussi recycler ces derniers dans des boucles fermées pour réutiliser l’eau. Dans un contexte de concurrence des usages de l’eau et d’une pression réglementaire, ils cherchent à réduire leur empreinte eau.

Un autre axe majeur est la récupération de matière dans les effluents pour des raisons économiques. Nous avons par exemple signé un contrat avec le producteur espagnol de fertilisants Iberpotash afin de récupérer les sels et la potasse contenus dans les résidus de production. Ceci devrait permettre de valoriser 750 000 tonnes par an de sels alimentaires et chimiques et 50 000 tonnes par an de potasse blanche. Si nous aidons les industriels à récupérer ces matières à moindre coût et à recycler leurs effluents, tout le monde est gagnant, eux et nous. C’est un axe majeur de notre développement dans l’industrie.

Quels challenges technologiques devez-vous relever ?
Nous avons tout un portefeuille de 350 technologies dans le domaine des eaux de process et du traitement membranaire des effluents. Certaines de celles utilisées dans l’industrie viennent du monde municipal. Nous avons étoffé notre portefeuille en acquérant les technologies d’évaporation et de cristallisation de HPD mais aussi de microbiologie.

Un très petit nombre d’entreprises sur la planète peuvent actuellement aligner ces différentes briques technologiques et proposer du sur mesure. La courbe technologique du monde de l’eau a très peu évolué pendant longtemps mais depuis l’apparition des technologies membranaires, l’histoire s’est accélérée. Mon objectif numéro un en tant que patron de l’eau est d’utiliser nos technologies pour générer des services.

Des chimistes, comme BASF, Arkema ou Solvay, investissent eux aussi dans les technologies de traitement de l’eau. Ne craignez-vous pas une nouvelle concurrence ?
Les chimistes ne sont pas des concurrents au sens traditionnel du terme puisque qu’ils sont plutôt positionnés sur les additifs dans les process et moins sur l’extraction de matière dans l’eau. Nous ne les voyons pas comme des concurrents frontaux. Une solution est de nouer des partenariats avec des chimistes pour trouver des solutions communes.

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