"Si les terres rares flambent, il y aura un surcoût pour de nombreux industriels"

La Chine va encore réduire son quota d’exportation de terres rares pour 2011. C’est une faible diminution mais elle inquiète les industriels qui les utilisent.

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Le ministère chinois du Commerce a donné un coup de rabot supplémentaire sur les quotas d’exportation de terres rares pour 2011, déjà réduit de 40% par rapport à 2009. Cette baisse a pour objectif affiché de protéger les réserves en minerais mais certains pays craignent que Pékin étranglent les exportations. Les économistes pensent qu’en réduisant ses exportations de terres rares, la Chine veut optimiser ses bénéfices, renforcer ses propres entreprises dans les hautes technologies et obliger les autres pays à participer à l'exploitation de ces minéraux.

Michel Latorche, directeur de recherche à l'Institut de chimie et matériaux Paris-Est (ICMPE-CNRS), explique l’enjeu de cette bataille des minerais pour les industriels :

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La réduction des quotas d’exportation répond-il à une raréfaction des ressources ?

Il ne s’agit pas d’une véritable raréfaction mais d'une pression économique de la part des chinois. C’est le même fonctionnement que sur les autres métaux.

Et quelle est la conséquence de cette pression ?

Cette opération fait monter les prix de ces minerais qui sont utilisés dans de nombreux produits. Cela inquiète les pays à tel point que les Etats-Unis sont en train de rouvrir des mines pour ne plus être dépendants de la Chine (aspect stratégique) mais aussi parce que la hausse des prix de ces matériaux les rend de nouveau rentables (aspect économique).

Les prix augmentent donc ? Quels sont les conséquences pour les industriels ?

Je vais vous donner l’exemple réel d’un fabriquant de batterie. Il a trouvé que s’il changeait la composition de sa batterie en terres rares, il pouvait augmenter de 20% la capacité de son produit. Le temps de faire les recherches, les prix des terres rares ont doublé et le surcoût était tel que l’innovation a dû être abandonnée.

Cet exemple est-il représentatif ?

On trouve les terres rares dans beaucoup de produits manufacturés comme les produits high tech. Le marché des terres rares est prédominant dans la fabrication d’aimants. Des aimants, il y en a partout, des dizaines dans une automobile, sans parler des moteurs électriques qui ont besoin d’un aimant puissant. Si les terres rares flambent, il y aura sûrement un surcoût pour de nombreux industriels.

Le prix des terres rares est amené à flamber ?

Les marchés s’autorégulent. Les Américains rouvrent leurs mines. Il est probable que le même mouvement s’opère en Suède. Si les prix augmentent, cela deviendra rentable de les exploiter. L’offre se développera et les prix se stabiliseront.

Propos recueillis par Morgane Remy

? Lire aussi : La course aux terres rares

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