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L'Usine de l'Energie

"Si les soupapes ne se comportent pas comme attendu aujourd’hui, ce n’est pas dramatique", affirme Sylvie Cadet-Mercier de l’IRSN au sujet de l’EPR

Ludovic Dupin , , ,

Publié le

L’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) a détecté un mauvais fonctionnement lors de tests sur les soupapes de l’EPR en chantier à Flamanville (Manche). Sylvie Cadet-Mercier, directrice des systèmes, des nouveaux réacteurs et des démarches de sûreté à l’IRSN relativise cet incident jugeant que c’est un évènement courant lors de l’instruction de grands projets.

Si les soupapes ne se comportent pas comme attendu aujourd’hui, ce n’est pas dramatique, affirme Sylvie Cadet-Mercier de l’IRSN au sujet de l’EPR © D.R.

Sommaire du dossier

Les entreprises citées

L'Usine Nouvelle : Une anomalie a été détectée sur les soupapes de l’EPR de Flamanville. Que se passe-t-il exactement ?
Sylvie Cadet-Mercier : Sur les soupapes, nous sommes encore en phase d’instruction dans le cadre de la demande de mise en service de l’EPR de Flamanville. En vérifiant leur bon fonctionnement lors de tests sur bancs d’essai, nous avons constaté un comportement non attendu. Dans un programme de qualification de grands projets, il y a toujours des éléments qui se passent bien et d’autres qui ne se passent pas comme attendu. Là, cet événement fait beaucoup de bruit car on parle de l’EPR et que les soupapes sont des pièces importantes du réacteur. Si les soupapes ne se comportent pas comme attendu aujourd’hui, ce n’est pas dramatique. Cela nécessite des analyses complémentaires pour comprendre et, au besoin, apporter des modifications pour corriger. L’important est qu’à la fin des tests, nous soyons convaincus que les exigences de sûreté de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) sont satisfaites.

Le problème détecté sur la cuve de l’EPR fait-il aussi partie d’un processus normal ?Non, c’est un peu différent. Les calottes de la cuve présentent une anomalie. Leur fabrication devait leur conférer une ténacité minimum. Pour l’instant, le paramètre qui a été mesuré et qui est inférieur au critère est la résilience (amorçage et propagation d’une fissure). C’est un indicateur de la ténacité. C’est sérieux. Pour aller plus loin, Areva va maintenant définir un programme d’essais, que nous allons analyser, pour mesurer directement cette ténacité. En fonction des résultats, nous aurons une vision plus précise des propriétés mécaniques de la cuve et, de ce fait, de sa tenue en situation accidentelle. Au terme de ces opérations, l’IRSN dira si la cuve est apte au service ou pas. Si ce n’est pas le cas, ce sera à EDF et Areva de trouver des solutions.

De votre point de vue, est-ce que la construction de l’EPR se passe mal ?Il y a deux aspects à considérer : l’aspect chantier et l’aspect conception. La construction a posé des problèmes même s’il y a aujourd’hui un certain rattrapage des retards. Il y avait eu aussi des difficultés lors de la construction de certains réacteurs du parc en exploitation. Les inspections menées par l’ASN et l’IRSN, sans compter les inspections internes d’EDF, ont identifié des anomalies sur le béton, le liner, les consoles… Cela prouve surtout qu’elles ont été efficaces ! Pour ce qui est de l’aspect conception, l’EPR est un réacteur révolutionnaire. C’est le premier qui a pris en compte les retours d’expérience des accidents de Three Mile Island et de Tchernobyl. Il a même anticipé certaines évolutions de conception demandées ("noyau dur") sur les réacteurs du parc suite à Fukushima. Les ingénieurs ont voulu faire un réacteur plus sûr. Cela se paie, en euros et en effort d’ingénierie. Les annonces originelles de construction des têtes de séries EPR en seulement cinq ans étaient irréalistes.

La France a investi des milliards dans l’EPR. Vous devez avoir une pression énorme pour ces instructions…
Nous avons conscience des coûts et de l’impact de nos décisions sur la filière française. Mais c’est notre devoir de nous détacher de ces paramètres. Personne ne veut d’accidents nucléaires en France et cela ne se négocie pas en termes financiers. Pour nous, la question n’est pas "Au regard des milliards investis, est-ce que la cuve est apte au service ?",  la question est "Est-ce que la cuve est apte au service ?"

Propos recueillis par Ludovic Dupin

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1 commentaire

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14/06/2015 - 18h41 -

Il y a lieu de corriger non pas le fond, qui semble correct, mais la forme de ces propos.
D'abord et surtout, il est anormal (voire illégal ?) que l'IRSN qui est un expert (même le meilleur qui soit) au service de l'ASN, s'exprime à sa place, en exprimant des jugements sur l'industriel EDF.
Ensuite, même si c'est plus anecdotique, ce n'est pas l'IRSN qui a détecté d des anomalies au niveau du fonctionnement des soupapes comme de la composition de l'acier de cuve : c'est le constructeur et EDF qui les lui ont communiquées, comme c'est leur devoir.
Ne mélangeons pas tout : le responsable de la sûreté c'est l'industriel (EDF), le responsable de son contrôle c'est l'ASN. Quant à l'IRSN, il n'est responsable de rien, si ce n'est de la qualité de ses avis qui doivent rester confidentiels et adressés exclusivement à l'ASN.
Toutes ces anomalies dans le fonctionnement du "système" ne sont pas saines, et peuvent conduire, comme dans un tout autre domaine (celui de la justice et de l'instruction des affaires) à des abus quand les règles ne sont pas respectées à la lettre.
Ce serait normalement aux pouvoirs publics de faire ce rappel, plutôt que de s'impliquer dans les choix industriels comme on le constate dans la loi de TE.
Quand chacun fait mal son boulot, tout le monde finit pas en pâtir.
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