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L'Usine de l'Energie

"Si les gaz de schiste sont une chance pour la France, l'OPECST le dira !"

Ludovic Dupin , ,

Publié le

Entretien Christian Bataille, député (Nord, SRC), et Jean-Claude Lenoir, sénateur (Orne, UMP) ont été autorisés par l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et techniques (OPECST) à mener une étude approfondie sur les technologies alternatives à la fracturation hydraulique. Ce travail a été initié par la saisine de la commission des affaires économiques du Sénat en novembre dernier.

Si les gaz de schiste sont une chance pour la France, l'OPECST le dira ! © Travis S. - Flickr - C.C.

L'Usine Nouvelle - Quel travail exactement va mener l’OPECST sur les gaz de schiste ?

Jean-Claude Lenoir - La commission des Affaires économiques du Sénat a saisi, en novembre dernier, l’Office parlementaire sur l’intérêt qu’il y aurait à produire un rapport sur les techniques alternatives à la fracturation hydraulique pour l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels. L’Office parlementaire y a répondu favorablement et deux rapporteurs, le député Christian Bataille et moi-même, ont présenté un pré-rapport ce jeudi 31 janvier. Sur cette base, l’OPECST a donné son feu vert pour poursuivre l’étude.

Christian Bataille - Cette étude va se dérouler en deux temps. En avril, un rapport d’étape sera rendu public. Il fera un inventaire des technologies existantes. En octobre, le rapport final sera rendu et mettra en avant des éléments de comparaisons internationales. Dans ce but, nous allons nous rendre aux Etats-Unis, au Canada et en Pologne afin de voir comment se déroulent les explorations et les exploitations d’hydrocarbures de roche-mère.

Quels étaient les arguments de ce prérapport présenté ce 31 janvier ?

JCL - Après un premier tour d’horizon, nous constatons qu’il y a un débat dans le monde entier sur les techniques permettant d’extraire les hydrocarbures de réservoirs compacts. D’une part, dans les pays autorisant l’exploitation, il y a une amélioration des technologies existantes. D’autre part, des alternatives apparaissent pour stimuler la roche reposant sur l’électricité ou le propane. Si des technologies nous apparaissent acceptables, le moins que l’on puisse faire est d’explorer notre sous-sol.

CB - En juillet 2011, l’Assemblée Nationale a décidé de manière précipitée d’interdire l’exploration et l’exploitation par fracturation hydraulique. Les parlementaires se sont appuyés sur des éléments techniques qui ont beaucoup évolué. Il émerge des technologies plus respectueuses de l’environnement, qu’il s’agisse de fracturation (CO2, propane) ou de technologies alternatives (électricité).

Quel est le périmètre de votre étude ? Traitera-t-elle seulement de questions techniques ou s’étendra-t-elle aux questions économiques, environnementales, géopolitiques, sociétales ?

JCL - Notre étude porte sur les techniques alternatives, mais il est impossible de ne pas évoquer ces aspects collatéraux. Par exemple, la question géopolitique est majeure. En 2020, les Etats-Unis seront autosuffisants en gaz et, en 2025, en pétrole. Cela va bouleverser l’économie mondiale. Les grands pays producteurs vont perdre leur principal client. Une des conséquences est la vente du charbon américain sur le territoire européen.

CB - Au-delà des gaz de schiste, nous allons étudier toutes les ressources d’hydrocarbures non conventionnels en France, comme par exemple le gaz de houille en Lorraine. Et l’aspect économique est incontournable. 90 % du déficit commercial de la France est lié aux importations d’énergies fossiles. Veut-on desserrer cette contrainte ? Même question du côté de l’emploi. Les Etats-Unis ont créé un million d’emplois grâce au gaz de schiste. Est-ce que les Français veulent renouer avec la prospérité industrielle ?

Est-ce que cette étude de l’OPECST n’intervient pas à contretemps alors que la transition énergétique vise à diminuer la part des énergies fossiles en France ?

JCL : Pas du tout ! Le débat sur la transition énergétique ne va pas conclure à l’interdiction du gaz naturel le 1er janvier 2014. On aura besoin de gaz pour des décennies. Et quitte à utiliser du gaz, autant le produire en France plutôt que l’importer à grands frais.

CB : L’Office parlementaire n’a pas pour principe de renoncer à une forme d’énergie. Si les hydrocarbures non conventionnels sont une chance pour la France, on le dira ! Il faut être un peu illuminé pour considérer que les énergies renouvelables pourront couvrir à elles seules les besoins de la France.

Propos recueillis par Ludovic Dupin

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