Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L'Usine de l'Energie

"Si EDF avait le discours d'Engie, cela changerait tout", soupire Corinne Lepage

Manuel Moragues ,

Publié le

En marge de la conférence environnementale, où François Hollande et Ségolène Royal ont tenté de crédibiliser la réduction de la part du nucléaire dans le mix énergétique français, Corinne Lepage regrette l'écart entre la vision d'Engie exposée par sa future directrice générale, Isabelle Kocher, et le discours d'EDF.

Si EDF avait le discours d'Engie, cela changerait tout, soupire Corinne Lepage © Olivier Durand CC Flickr

Le contraste est saisissant. Corinne Lepage, présidente de Rassemblement citoyen - Cap21, n'a pas manqué de le souligner en marge de la quatrième Conférence environnementale, qui s'est ouverte ce lundi 25 avril. "Quand j'entendais Madame Kocher expliquer la vision qu'a Engie et quand je compare avec le discours d'EDF…  J'aimerais qu'EDF ait le discours d'Engie, cela changerait tout", soupire Corinne Lepage. Il faut dire qu'Isabelle Kocher, future directrice générale d'Engie, n'a, comme à son habitude, pas mâché ses mots quant à la transformation qu'elle veut imprimer à son groupe.

"Je suis convaincue que le changement climatique change tout", a-t-elle commencé lors d'une table ronde en présence de Ségolène Royal. "Dans l'énergie, cela se traduira par une nouvelle génération d'infrastructures d'énergie très décentralisées […] C'est une transformation industrielle […] qui représente un challenge absolument énorme. On voit bien toute la différence de métier qu'il y a entre gérer des cathédrales industrielles avec de très grands réseaux et passer à quelque chose de très décentralisé, à l 'échelle de chaque consommateur […] Nous allons mettre des années à le faire. Nous avons décidé chez Engie d'en être les pionniers."

Vendre tout ce qui ne fait pas partie du nouveau monde de l'énergie

Et la dirigeante de détailler sa première "ligne de conduite" : "Nous n'implémentons plus que des solutions qui vont dans le sens du nouveau monde de l'énergie […] Nos investissements, 15 milliards d'euros sur trois ans, nous allons les dédier aux renouvelables et aux services d'efficacité énergétique décentralisés. A l'inverse, nous sommes en train de nous alléger considérablement de tout ce qui ne fait pas partie du nouveau monde. Nous sommes en train de vendre 15 milliards d'actifs." Plutôt convaincant.

A l'inverse de Jean-Bernard Levy, le PDG d'EDF, ce lundi matin sur Europe 1, qui a tenté de rassurer quant à la santé d'EDF suite à l'augmentation de capital de 4 milliards d'euros annoncée vendredi 22 avril, dont 3 milliards abondés par l'Etat sous forme de conversion de dividendes en actions.

Le dirigeant a fait montre de sa détermination à poursuivre le très contesté projet d'EPR d'Hinkley Point – un chantier à 23 milliards d'euros. Il s'est par ailleurs montré tout aussi empressé que son prédécesseur, Henri Proglio, vis-à-vis de la transition énergétique française et de la réduction de la part du nucléaire dans le mix énergétique de 75% à 50%. "Nous ferons ce que le gouvernement décidera", concède-t-il mais pour l'heure EDF ne prévoit pas "de fermer d'autres réacteurs que les réacteurs de Fessenheim".

Pas de fermeture de centrales prévue hors Fessenheim

Il faut dire que le gouvernement n'aide pas vraiment l'électricien national à engager une véritable transformation qui passerait inévitablement par la réduction de son activité dans le nucléaire. Outre l'appui d'Emmanuel Macron, le ministre de l'Economie, au projet d'Hinkley Point, EDF se voit contraint par l'Etat d'investir 2,7 milliards d'euros pour racheter la branche réacteurs d'Areva. Et c'est peu dire que ni Ségolène Royal ni François Hollande ne forcent EDF à se projetter dans le post-nucléaire. Les atermoiements du gouvernement sur l'élaboration de la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) en témoignent.

Si tous deux ont réitéré, lors de l'ouverture de la Conférence environnementale ce matin, l'engagement à publier cette PPE avant le 1er juillet avec notamment des scénarios sur l'évolution de l'énergie nucléaire, François Hollande a tout de suite renvoyé à 2018  et à "l'avis de l'autorité de sûreté nucléaire sur l'état du parc" : "EDF devra alors proposer la fermeture de certaines centrales et la prolongation d'autres", a ajouté le président, précisant tout juste que "le décret abrogeant l'autorisation d'exploiter [la centrale de Fessenheim, ndlr] sera pris cette année".

Isabelle Kocher le soulignait un peu plus tôt, sans malice apparente : "prendre en charge un groupe d'énergie aujourd'hui n'est pas une chose facile, et mon collègue Jean-Bernard Levy, je pense, pourrait dire la même chose." Sans aucun doute.

Manuel Moragues

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Les entreprises qui font l'actu

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle