Si 2015 a été une très bonne année pour les constructeurs Renault et PSA, attention à 2016...

Les résultats 2015 de Renault et PSA confirment que le secteur automobile français sort de la crise. Mais 2016 sera une année beaucoup plus difficile à négocier.

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Si 2015 a été une très bonne année pour les constructeurs Renault et PSA, attention à 2016...


Carlos Tavares et Carlos Ghosn en 2011 à Francfort, alors tous deux chez Renault

Le patron de Renault, Carlos Ghosn, et celui de PSA, Carlos Tavares, ont affiché des performances financières en 2015 qu’on ne leur avait pas connues depuis longtemps : chiffre d’affaires en forte hausse, rentabilité retrouvée, désendettement…

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Mais attention… Renault et PSA ont profité à plein de la vigoureuse reprise du marché européen (+9,3%) sur l’année 2015. Seulement voilà, l’Association européenne des constructeurs automobiles (ACEA) n’anticipe qu’une croissance de 2 % à 14 millions d’unités en Europe cette année.

Renault (pour 57,5 % de ses ventes), et encore plus PSA (pour près de 63 % de ses ventes) sont encore extrêmement dépendants du marché européen. Celui-ci n’a pas encore retrouvé les niveaux de production et de commercialisation de 2007, avant la crise financière qui a emporté le secteur automobile. Et mettra probablement du temps à les retrouver.

Ailleurs, en Amérique Latine et en Russie, où les deux constructeurs français sont particulièrement exposés, les marchés automobiles devraient encore plonger respectivement de 10 et 15 % en 2016.

Carlos Ghosn, le patron de Renault, laissait entendre, lors de la présentation de ses résultats financiers, qu’il n’attendait aucune amélioration sur le marché brésilien, où il est fortement implanté, durant les deux ou trois prochaines années. Rien de bon n’est à attendre sur le marché russe à court terme non plus…

L'Iran et l'Inde, deux réserves de croissance

Où nos constructeurs nationaux peuvent-ils aller chercher de la croissance ? Aux Etats-Unis, le premier marché mondial, qui est reparti à la hausse ? Ils sont tous les deux absents, sans projet d’implantation à court terme.

En Chine, où le marché, hoquetant depuis quelques mois, semble repartir ? Chez PSA, on estime qu’il devrait croître de 5 % cette année : problème, les ventes du groupe ont stagné en 2015 (-0,9 %) sur la zone Chine et Asie du Sud-Est. Les ventes de DS, notamment, se sont effondrées de 20 %... Le groupe devra effectuer un sacré effort commercial pour redresser la pente. Surtout quand on sait que ces derniers mois, ce sont surtout les marques chinoises qui ont tiré leur épingle du jeu.

Pour Renault, la Chine est un marché de découverte : il n’a obtenu la possibilité de commercialiser avec son partenaire DongFeng que 150 000 véhicules par an à sa marque. Cela représente certes 5 % des volumes mondiaux du groupe, mais il mettra quelques temps avant de les atteindre, et devra partager les fruits de ces ventes avec son associé chinois.

Il reste d’un côté l’Iran : les deux groupes misent beaucoup sur la réouverture de ce marché de près d’un million de véhicules, sur lequel ils avaient tous les deux des positions confortables avant que l’embargo ne freine leur business. Et de l’autre côté l’Inde, dont le marché est attendu en progression d’environ 6 % cette année. Renault peut se féliciter des 100 000 commandes déjà engrangées de Kwid, mais elles dépassent son potentiel de production. Tandis que PSA est très peu exposé à ce marché.

Pour Carlos Tavares, qui affectionne la métaphore du sport auto, il va y avoir pour son groupe, comme pour celui de Carlos Ghosn, un virage délicat à négocier à 2016…

Patrick Déniel

Patrick Déniel 

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