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L'Usine Energie

Shell France en grève, contre la vente de la filiale Butagaz

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Arrêtée à la fin de la journée ce mercredi, la grève chez Shell France visait à dénoncer les réorganisations à répétition et la cession de sa filiale Butagaz. Les syndicats se battent contre un mouvement qui les dépasse, alors que le groupe a décidé de se désengager de l’aval au niveau mondial.

Shell France en grève, contre la vente de la filiale Butagaz

L'appel a été « assez suivi côté Butagaz et peu suivi côté Shell », d'après la direction, qui note qu'une quinzaine de centres Butagaz sur 19 ont été à l'arrêt. Côté CGT, on précise que les trois quarts des 1.200 salariés de Shell en France ont cessé le travail. « Une petite centaine de manifestants s’est rendue sur le parvis du siège Shell de Colombes »poursuit encore la direction. Si l’évaluation du nombre de salariés ayant cessé le travail ce mercredi diffère, syndicats et patrons s’entendent à dire que l'appel à la grève d'une intersyndicale CFE/CGC-CFDT-CGT de Shell France a été assez suivi.

Au siège du groupe, une délégation de trois personnes a été reçue par le PDG ce mercredi. Principale revendication des syndicats : sécuriser les emplois, les statuts et les salaires en cas de cession de la filiale Butagaz (400 salariés) à un fonds d’investissement. Le projet de cession a en effet été annoncé la semaine dernière en comité de groupe. « C'est très avancé », estime une source syndicale, le contrat de vente devant être conclu fin juin, pour une prise d’effet à la fin de l’année. 

Leader du segment du gaz en bouteille en France avec 33% de parts de marché, Butagaz est rentable, même si l’offensive des enseignes de grande distribution a rogné ses marges. Cela ne parvient néanmoins pas à rassurer les syndicats. « Nous craignons une redite de l’épisode Antargaz, revendu en 2001 par Elf au grouope américain UGI, puis cédé de repreneur en repreneur, avec son lot de restructurations à chaque cession », souligne Frédéric Cherasco (CGT).

Le mouvement social a toutefois été arrêté à l'issue de la journée de mobilisation ce mercredi. « Nous avons obtenu un calendrier de négociations en juin sur la vente de Butagaz et sur des garanties concernant l'emploi, les salaires et le statut de l'ensemble des salariés Shell », explique Frédéric Cherasco. Selon la direction, ces discussions étaient déjà programmées, dans le cadre d'un groupe de travail regroupant l'ensemble des instances représentatives de l'entreprise, mis en place juste après l'annonce début mai du projet de vente de Butagaz.

Désengagement de l'aval

La réduction de voilure en France et le désengagement des activités aval reflète relativement fidèlement ce qui se déroule dans d'autres pays où le groupe est implanté.  Le pétrolier a ainsi récemment annoncé qu’il allait céder son réseau de distribution de carburant - 1 520 stations-service – et les activités annexes (lubrifiants, vente aux professionnels, aviation et marine, bitume, stockage et gaz de pétrole liquéfié) dans 21 pays d’Afrique, alarmant ses 3 000 salariés du continent. Ces derniers se sont réunis sur le groupe facebook « Shell people are not for sale », qui compte déjà près d’un millier de membres. En Europe, après avoir cédé ses trois raffineries françaises, l’anglo-néerlandais souhaite par ailleurs vendre plusieurs raffineries allemande et britannique.

A l’origine de ce revirement, les besoins toujours plus gourmands de l’extraction d’hydrocarbures. Pariant sur l’explosion de la demande énergétique en Inde et en Chine, le groupe souhaite dédier ses investissements à l’exploration-production de gaz et de pétrole, toujours plus coûteuse. La stratégie de Shell est en effet résumée par sa propre direction en deux formules : «plus en amont, et plus rentable en aval». Comparés aux 25 milliards de dollars de bénéfices qu’a réalisé le groupe en 2009, les investissements consacrés aux projets dans le Golfe du Mexique, en Russie, au large de l’Australie ou au Qatar débordent, à 38,4 milliards de dollars. « Cela signifie qu’il a fallu emprunter aux banques », indique la direction. Le groupe souhaite aujourd’hui davantage s’autofinancer, en utilisant les rentrées financières générées par les cessions d’activités. La vente de Butagaz devrait par exemple faire rentrer dans ses caisses plusieurs centaines de millions d'euros. En France, il concentrera ses activités aval sur quelques segments identifiés comme porteurs. Ainsi, le réseau de stations services autoroutières, dont 50% des concessions seront remises en jeu d’ici à 2015 et dont il est numéro 2, conserve toute son attention.


Lire aussi :
Shell vend Butagaz et réduit la voilure

 

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1 commentaire

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27/05/2010 - 17h59 -

Enfin Schell se décide pour Butagaz après des années de suppositions, le voile se lève enfin sur un possible avenir. Mais pourquoi (sinon la seule r
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