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Sferis, la petite dernière de la SNCF à la conquête du rail

Olivier Cognasse , ,

Publié le

Créée il y a un an, la filiale de l’opérateur historique doit conquérir des marchés pour les travaux sur les lignes ferroviaires. Un atout : c’est une filiale de droit privé.

Sferis, la petite dernière de la SNCF à la conquête du rail © D.R.

Les entreprises citées

La start-up de la SNCF n’est pas dans le numérique. Moins glamour, elle officie dans le secteur des travaux ferroviaires, à savoir des travaux de voies, de signalisation et de caténaires ou la mise en place de systèmes d’annonce automatiques. "En Allemagne, 80 % des annonces sont automatiques. En France, c’est le contraire", signale Fabien Flauw, le directeur général, à l’origine avec Pierre Izard, le patron de SNCF Infra, de la réflexion qui a conduit à la naissance de cette nouvelle filiale de la SNCF, il y a tout juste un an.

Pour son premier exercice, sur dix mois, elle a tout de même réalisé 25 chantiers et 15 millions d’euros de chiffre d’affaires avec un effectif de 220 personnes, essentiellement recruté et formés en dehors de la société-mère. Pour cette année, l’objectif est de doubler le chiffre d’affaires et d’atteindre un effectif de 350 personnes.

Mais pourquoi se lancer dans une telle aventure, alors qu’il y a déjà SNCF Infra ? "Il nous est plus facile de répondre à des PME", précise le patron de la filiale. Bien entendu, il n’est pas question de répondre à des appels d’offre de la SNCF et la future réforme du ferroviaire, qui consacrera le rapprochement entre l’opérateur et Réseau ferré de France, privera Sferis de certains chantiers. Il reste suffisamment de marchés accessibles pour assurer son développement.

La convention collective des travaux publics

Par exemple, Sferis a décelé un potentiel énorme sur les caténaires avec les nouvelles lignes à grande vitesse, mais aussi l’électrification des lignes Paris-Troyes et Calais-Dunkerque. Et cette jeune entreprise a un avantage sur sa cousine SNCF Infra. Son personnel dépend de la convention collective des travaux publics. Un salarié travaille 8 heures sur le chantier, contrairement à la SNCF qui inclut les déplacements dans le temps de travail.

Il n’est, toutefois, pas question que les ouvriers logent la nuit dans leur voiture ou à dix dans un studio pour conserver la prime de déplacement comme cela se fait régulièrement dans le BTP. La direction de Sferis veut des employés en forme. Ils sont logés dans des gites. Une meilleure productivité et des prix plus bas… Comme avec VFLI dans le fret ferroviaire, la SNCF a trouvé partiellement la parade pour contourner le statut des cheminots.

Olivier Cognasse

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