Sew investit en Chine et en Finlande

Avec un projet d'usine en Chine et une prise de participation dans la société finlandaise Santa Salo, le leader mondial du motoréducteur s'ancre sur les marchés asiatiques et étend sa gamme.

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Alors que son unité lorraine de Forbach entre tout juste en service, et après avoir dépensé plus de 750millions de francs pour rénover sa principale usine allemande, SEW poursuit son offensive. Le spécialiste allemand des motoréducteurs vient d'annoncer la construction prochaine d'une usine, à Tianjin, à 150kilomètres au sud-est de Pékin, capable de produire 150000unités par an. Et il a acquis 7% du capital du finlandais Santa Salo, une société de 240millions de francs de chiffre d'affaires spécialisée dans les gros motoréducteurs pour l'industrie du bois. Une manière, pour ce groupe de 3,5milliards de francs de chiffre d'affaires et 6000personnes, de monter en gamme pour attaquer demain les marchés de la sidérurgie ou de l'industrie lourde. Le projet chinois représente un investissement de 29,8millions de dollars, soit 150millions de francs. "En restant sous la barre fatidique des 30millions de dollars, nous avons pu créer une filiale à 100% et garder notre indépendance, explique Philippe Dulaey, directeur commercial de SEW-Usocome. Au-delà, il est obligatoire de monter un joint-venture ou de nouer une coopération avec une entreprise locale." Après trois ans d'étude, le groupe a jeté son dévolu sur un parc industriel de 33kilomètres carrés, à 5kilomètres du seul port à conteneurs chinois, et prévu pour accueillir 5000entreprises: 800 y sont déjà installées, et 1200autres sont en cours d'implantation! L'objectif? Produire l'ensemble de la gamme de motoréducteurs du groupe pour servir le marché chinois, mais aussi les grands spécialistes internationaux de l'agro-alimentaire ou des automatismes déjà implantés sur place: Coca-Cola, Heinz, Motorola, Samsung... "En aucun cas il ne s'agit d'un début de délocalisation de notre production", insiste Philippe Delaey. La main-d'oeuvre représente en moyenne 20 à 35% du prix d'un motoréducteur. Le gain procuré par une délocalisation ne justifierait donc pas que SEW joue les pionniers en la matière. L'usine chinoise, huitième site de production du groupe, devrait entrer en production début 1998. Mais SEW est aujourd'hui incapable d'indiquer quel en sera le nombre d'employés. Tout dépendra du degré d'automatisation choisi. Pour son unité brésilienne, le groupe avait choisi d'automatiser la fabrication mais pas la manutention. Il réfléchit aujourd'hui à la meilleure manière de concilier l'avantage des bas salaires chinois et les bienfaits de l'automatisation. Fier de détenir 10% du marché mondial, soulagé de la reprise du marché, qui a enregistré un bond de 10% en 1994, SEW frappe fort. Ses concurrents ne tarderont sans doute pas à réagir.



USINE NOUVELLE N°2487

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