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L'Usine de l'Energie

"Seulement" 539 milliards de dollars d’investissements dans le pétrole en 2015

Ludovic Dupin , , ,

Publié le

Avec l’effondrement des cours du pétrole depuis presque deux ans, les investissements pétroliers sont en très net recul dans le monde. Les régions les plus affectées sont l’Europe et l’Amérique du Nord.

"Depuis le pic de juin 2014, les prix du pétrole se sont effondrés de 75% pour atteindre un plus bas depuis 2003 (…) Ce phénomène est soutenu par l’Arabie Saoudite qui ne défend pas les prix mais ses parts de marché", juge Philippe Houssin, président de l’IFPEN, l’Institut Français du Pétrole - Energies nouvelles. Subissant cette conjoncture, les pétroliers n’ont cessé d’annoncer des baisses d’investissements, recensés par l'Institut lors de son traditionnel bilan annuel.

Au global, les pétroliers ont investi 539 milliards de dollars en 2015. Un recul de 21,1 % par rapport à 2014. Les zones les plus touchées sont l’Amérique du Nord avec -35 % et l’Europe avec -34 %. Seul le Moyen-Orient a continué à voir ses investissements croître de 3 %, en particulier grâce au Koweït et à Oman.

En 2015, seul 70 000 puits à terre ont été forés, contre 100 000 en moyenne les années précédentes. En mer, 3 000 forages ont eu lieu contre 3 500 habituellement. En amont du forage, les activités de recherches sismiques ont beaucoup souffert. Le chiffre d’affaires de la géophysique s’est effondré de 28 % à 11 milliards de dollars, après une première chute en 2014 de 6 %.

La sismique à la dérive

"Les contacteurs de géophysique sont tous dans des situations difficiles. On assiste à des dépôts de bilan et à des augmentations de capital", décrit Nathalie Alazard-Toux, directeur économie et veille chez l'IFPEN. 50% de la flotte mondiale est inutilisée. Même des navires récents sont en démantèlement, constate l’Institut.

 

 

Avec la baisse des cours, on assiste à une hausse des fusions-acquisitions. Comme en 2014, ces opérations ont représenté 360 milliards de dollars en 2015 (contre 223 milliards en 2013) avec deux opérations majeures : la fusion Shell-BG à 80,7 milliards de dollars et celle de Schlumberger-Cameron à 14,8 milliards de dollars.

D’autres mouvements sont à venir en 2016, juge Philippe Houssin. Il note toutefois une position attentiste des pétroliers indépendants américains, bien que plusieurs dizaines soient en faillite.

Si l’amont pétrolier souffre, le raffinage a en revanche profité de cette période pour retrouver de belles couleurs et des marges significatives. Ainsi, ce secteur a bénéficié d’une croissance des investissements de 15 % en 2015, contre 2 à 3 % traditionnellement. Ils ont atteint 94 milliards de dollars l’année passée. L’IFPEN anticipe toutefois un retour à une croissance modérée dès 2016.

Situation non durable

En 2016, les marchés pétroliers resteront déstabilisés mais "le prix du pétrole ne peut durablement se maintenir autour de 30 dollars", juge Didier Houssin. La baisse des investissements va entraîner des tensions sur l’offre et un rebond, juge-t-il. En effet, pour faire face à la demande pétrolière en hausse (y compris dans l’OCDE, une première depuis 2006) et à la déplétion des champs pétroliers existants, il faut développer chaque année 2 à 3 millions de barils par jour de nouvelles productions.

Ludovic Dupin  

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