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L'Usine Aéro

SES prend ses quartiers chez Airbus

Hassan Meddah ,

Publié le

Pour gagner en réactivité, l’opérateur luxembourgeois de satellites a installé une partie de ses équipes chez le constructeur européen, à Toulouse.

SES prend ses quartiers chez Airbus
Pour chaque satellite, SES dépêche une équipe de quatre ingénieurs.
© D.R.

Les entreprises citées

A 36 000 kilomètres au-dessus de la surface de la Terre, le satellite de télécommunications SES-14 poursuit sa phase de tests en vue de fournir ses premiers services en septembre prochain. Lancé fin janvier, il a été conçu à Toulouse par les équipes d’Airbus Defence & Space pour le compte de l’opérateur luxembourgeois SES. Les équipes du client et du fournisseur ont travaillé ensemble sur le site de production durant trois ans. « Notre équipe est présente en permanence dans les locaux d’Airbus durant toute la durée du programme, de la conception à la phase de test et d’assemblage en passant par la production des différents équipements », explique Élodie Viau, la chef de programme satellites pour SES. Pour chaque satellite, l’opérateur dépêche une équipe de quatre ingénieurs : le responsable du programme, les experts de la charge utile et de la plateforme, ainsi qu’un responsable de la qualité. Une telle débauche d’expertise s’explique : une fois le satellite en orbite, impossible de rattraper une éventuelle erreur. Or un programme de satellite de télécommunications géostationnaire, soit un mastodonte de 5 tonnes de haute technologie, se chiffre à environ 250 millions d’euros, lancement compris.

Le nom de cette stratégie de production ? La colocalisation. Une démarche qui est devenue un mode de fonctionnement à part entière pour SES qui le pratique avec l’ensemble de ses fournisseurs – Airbus et Thales Alenia Space en France, Boeing et Orbital ATK aux États-Unis. À Toulouse, les bureaux des ingénieurs de SES sont dans le même bâtiment que ceux de leurs homologues d’Airbus, à côté de celui où sont assemblés les satellites. Car rien ne remplace la présence en salle blanche au pied du satellite. « Sur place, on voit directement les problèmes. On comprend mieux et on réagit plus vite. En cas d’anomalie, on s’accorde plus facilement avec notre fournisseur sur leur criticité et sur les corrections à apporter », souligne l’ingénieur.

Sous le sceau de la confidentialité

Cela donne également une visibilité précise sur le niveau d’avancement des opérations. Un suivi permanent d’autant plus justifié que le client paye son fournisseur en fonction du franchissement des différentes étapes. Pour une cohabitation harmonieuse, les équipes doivent se fixer des limites. Pour des raisons de confidentialité, tout se passe comme si un sas existait entre les bureaux. Les ingénieurs de SES ne peuvent accéder aux locaux d’Airbus et réciproquement. Des salles de travail sont spécialement prévues pour les sessions communes. On ne dérange pas non plus son voisin n’importe quand. Au plus fort de l’activité, des réunions de travail conjointes sont assurées tous les matins ou sont listées les actions prévues pour la journée. Cette proximité exige d’autres précautions en termes de secret des affaires. Entre client et fournisseur, on ne partage ni les ordinateurs, ni les imprimantes. « Pour des raisons de confidentialité évidente, nous avons notre propre réseau informatique et également notre propre service de dépannage à distance. Cela nous oblige à une certaine autonomie », insiste la chef de programme. Si la cafétéria commune est propice aux échanges, les équipes sont soumises à un strict engagement de confidentialité.

Cette proximité a d’autres vertus. Au contact de ses différents fournisseurs, SES est plus à même de comprendre l’état de maturité des technologies disponibles sur le marché. « Cela nous permet d’imaginer plus rapidement les services que nous pourrions offrir dans le futur », estime Élodie Viau. Un intérêt très réciproque. Au contact permanent de leur client, les équipes d’Airbus peuvent mieux adapter leur roadmap technologique. Mais ce phénomène de colocalisation pourrait être remis en cause. Car le modèle en vogue des constellations basées sur des satellites identiques privilégie la fabrication en série et non plus le sur-mesure. « Cette tendance à toujours plus de standardisation pourrait réduire le besoin de colocalisation. Il nous faudra trouver un autre mode de fonctionnement », concède Élodie Viau.

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