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L'Usine Santé

Servier rachète Egis pour rester à l’abri des marchés

Gaëlle Fleitour , , ,

Publié le

Entretien Le laboratoire pharmaceutique français Servier a lancé, mardi 24 septembre, une offre publique d’achat d’environ 352 millions d’euros, afin de s’emparer des 49 % du capital restants de sa filiale hongroise Egis. Olivier Laureau, directeur financier du groupe Servier, et Lucy Vincent, directrice des opérations extérieures, expliquent pourquoi à l’Usine Nouvelle.

Servier rachète Egis pour rester à l’abri des marchés © D.R.

L’Usine Nouvelle - Pourquoi lancer cette OPA sur Egis ?

Lucy Vincent - Nous sommes une entreprise indépendante des marchés, or c’était la seule entité dont le groupe Servier n’était pas propriétaire à 100 %. Nous avons donc lancé cette OPA pour être en cohérence avec la politique du groupe.

Pourquoi proposer une prime de 33 % par rapport au cours d’Egis ?

Olivier Laureau -  Nous nous situons dans une prime moyenne pour une entreprise que nous connaissons bien, ce qui devrait conduire des investisseurs minoritaires à répondre favorablement. Nous avons choisi de ne pas rentrer dans différentes étapes de négociations, et de faire une offre ferme dès le début.

Cette opération va-t-elle permettre au groupe de se renforcer sur certains marchés ?

Lucy Vincent - Il n’y a pas vraiment de renforcement, car nous contrôlons Egis depuis 1995. Elle va continuer de produire des génériques et de les distribuer sur les mêmes marchés : la Hongrie et les pays de la CEI (ex URSS, ndlr).

Quel est le profil d’Egis ?

Olivier Laureau - Egis compte 4 000 salariés dont 2 700 en Hongrie. Elle a enregistré un chiffre d’affaires de 442 millions d’euros en 2012, dont une petite partie seulement en Hongrie. Sa croissance varie entre 5 et 10 % en fonction des années.

Servier est un groupe pharmaceutique très international. Quelle part de vos ventes est réalisée à l’étranger ?

Lucy Vincent - Il faut distinguer nos médicaments princeps d’origine Servier, de nos trois filiales génériques - Biogaran en France, Egis en Hongrie et Pharlab au Brésil - qui réalisent un quart de notre chiffre d’affaires de 3,9 milliards d’euros en 2012. Sur la partie princeps, 92 % de nos médicaments sont consommés à l’étranger.

Avez-vous réalisé d’autres acquisitions par le passé ?

Olivier Laureau - Nos deux seules opérations ont été la prise de contrôle d’Egis en 1995, puis l’acquisition de 80 % de Pharlab par Biogaran il y a un an.

Envisagez-vous d’autres rachats ?

Lucy Vincent - Nous sommes comme toute l’industrie pharmaceutique aujourd’hui : nous regardons vers l’avenir, et nous étudions toute opportunité.

Quel est l’état de votre trésorerie ?

Olivier Laureau - Nous avons toujours été un groupe indépendant. Notre trésorerie peut paraître faible comparée à celle de grands groupes : M. Servier a toujours décidé de la réinvestir pour l’entreprise. Elle nous permet d’avoir des réserves d’opportunités, que nous utilisons quand nous signons des collaborations pour des produits princeps pour de nouveaux marchés, ou dans le cadre de cette OPA. Nous avons également des réserves de sécurité, qui sont nécessaires lorsqu’on évolue dans un marché à risque par nature, celui de la pharmacie.

Lucy Vincent - Comme nous ne sommes pas cotés en bourse, en cas de besoin nous ne devons compter que sur nous-mêmes.

Avez-vous dû provisionner en conséquence pour l’affaire Mediator ?

Olivier Laureau - Notre société travaille avec des commissaires aux comptes, qui s’assurent que nous provisionnons en fonction de critères établis. Une entreprise mondiale a toujours des provisions. Celles pour le Mediator entrent dans le montant total de nos comptes.

Comment gérez-vous financièrement cette affaire, entre les règlements à l’amiable et le procès à venir ?

Lucy Vincent - On a beaucoup parlé de cette affaire en des termes extrêmement émotionnels, ce qui est tout à fait normal. Aujourd’hui, beaucoup d’indemnisations ont déjà été réalisées : les chèques sont partis de chez nous. Le procès pénal est toujours en cours, nous faisons le mieux possible.

Vous avez annoncé récemment plusieurs collaborations en recherche. Quelles seront les prochaines ?

Olivier Laureau - Les sujets et lieux sont confidentiels, mais notre maison va toujours de l’avant, pour apporter des produits innovants aux patients et aux professionnels de santé.

Propos recueillis par Gaëlle Fleitour

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