SERVICESRESTRUCTURATION DES SSII : FIN DE L'ACTE IAvec la fusion d'Axime et de Sligos et l'achat de Télis par Sema Group, le gros des restructurations des SSII françaises est achevé.

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RESTRUCTURATION DES SSII : FIN DE L'ACTE I

Avec la fusion d'Axime et de Sligos et l'achat de Télis par Sema Group, le gros des restructurations des SSII françaises est achevé.



Coup sur coup, la semaine dernière, Sligos (deuxième SSII sur le marché français) annonçait son projet de fusion avec Axime (numéro 3 français), alors que le franco-anglais Sema Group prenait 100 % de Télis, la filiale services informatiques de France Télécom. Ces deux rapprochements marquent l'achèvement d'un long et difficile travail de restructuration des SSII françaises. Il y a encore deux ans, le paysage français du service informatique faisait peine à voir. Six des dix premières SSII françaises étaient à la recherche de nouveaux actionnaires. La plupart ont désormais trouvé leur voie. Cap Gemini possède un actionnariat stable et prend clairement le chemin d'un contrôle majoritaire par Daimler Benz. GSI a été reprise par l'américain ADP. Paribas s'est partiellement désengagé d'Axime, qui, par la fusion en cours, règle le très gros problème Sligos (Sligos est l'un des actifs du Crédit lyonnais dont le consortium de réalisation devait se délester). Il ne reste plus aujourd'hui de gros dossiers, si ce n'est celui de la Cisi et, dans une moindre mesure, le cas de Steria dont le Crédit lyonnais reste un actionnaire minoritaire. Cela ne signifie pas pour autant la fin de la restructuration de l'industrie du service. Plus que jamais l'heure est aux concentrations. Témoin le rapprochement à l'étude chez IBM de ses activités de services, à savoir la division services du constructeur et ses filiales CGI et Axone. Témoin également les discussions en cours pour la reprise à ADP de son activité " infogérance ", pour laquelle Cap Gemini semble tenir la corde.

Une seule et même logique : atteindre la taille critique

Partout, la logique est celle de la " taille critique ". Parce que grands concurrents américains, les IBM, EDS ou CSC ont, eux, atteint cette taille critique. Et parce qu'elle est indispensable pour faire face aux nouvelles exigences du marché. " Il y a quinze ans, nos clients nous achetaient des ressources, explique Jean-Paul Choquel, directeur général de Sema Group. Puis ils nous ont demandé des résultats. Nous assemblions alors des ressources pour eux. Désormais, ils nous demandent de prendre en charge toute leur informatique. " Tout, c'est-à-dire de la définition du système jusqu'à son exploitation, en passant par sa mise en oeuvre. Cela se traduit par d'énormes contrats d'outsourcing, pour lesquels il faut avoir les reins très solides. Et aussi bien Jean-Paul Choquel que Claude Czechowski, P-DG de CSC France, indiquent que de tels mégacontrats sont actuellement en train de voir le jour en France. La fusion d'Axime et de Sligos fera du nouvel ensemble le numéro 1 européen du service bancaire. Elle lui procure également la taille respectable qui lui manquait dans deux métiers, l'infogérance et l'ingénierie de systèmes. Cela lui permettra en particulier de s'attaquer à l'outsourcing de l'informatique des banques de moyenne importance, que tout le monde considère aujourd'hui comme un marché mûr, mais qui exige... une taille respectable. Dans l'opération, Axime apporte également à l'ensemble son savoir-faire dans la télématique et le multimédia, tandis que Sligos met dans la corbeille l'implantation européenne qui faisait cruellement défaut à Axime. La prise de contrôle de Télis, outre le fait qu'elle retire une épine du pied de son actionnaire France Télécom, apporte à Sema Group son savoir-faire dans les services aux opérateurs de télécommunications. La moitié des 900 millions de francs de chiffre d'affaires de Télis sont réalisés par des services à... France Télécom, le reste consistant essentiellement en des services classiques, hors télécommunications. Dans un premier temps, Télis renforce donc surtout l'activité hexagonale de Sema Group, mais la dote pour l'avenir d'une compétence exploitable hors France Télécom, sur un métier jugé stratégique par la SSII.



Les quatre métiers d'Axime-Sligos

La fusion d'Axime et de Sligos devrait se concrétiser avant la fin du premier semestre de 1997. Elle réalisera un chiffre d'affaire de plus de 6 milliards de francs, Axime pesant 2,1 milliards de francs en 1995 et Sligos 4,35 milliards.

La société réalisera environ 30 % de son activité à l'exportation en Europe. 51 % de son activité sera dans la banque, 60 % résulte d'activités récurrentes.

Ses quatre grands métiers :

· Multimédia : 0,5 milliard de francs, 240 personnes.

· Infogérance : 0,7 milliard de francs, 700 personnes.

· Services (cartes bancaires, centres d'appel...) : 2,1 milliards de francs, 2 900 personnes.

· Ingénierie, intégration de systèmes : 2,5 milliards de francs, 4 600 personnes.

USINE NOUVELLE N°2569

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