Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

Quotidien des Usines

ServicesLES INGÉNIERISTES FRANÇAIS VEULENT COMPTER DANS LE JEU MONDIALPortés par la bonne conjoncture et les nouvelles attentes des donneurs d'ordres, les ingénieristes français relèvent la tête. Mais ils devront encore grandir pour peser davantage à l'international.

Publié le

Services

LES INGÉNIERISTES FRANÇAIS VEULENT COMPTER DANS LE JEU MONDIAL

Portés par la bonne conjoncture et les nouvelles attentes des donneurs d'ordres, les ingénieristes français relèvent la tête. Mais ils devront encore grandir pour peser davantage à l'international.



Les ingénieristes ont le sourire. Après des années marquées par le gel des projets en France, les Technip, Jacobs Serete, Sofresid, Thales Engineering et autres grandes sociétés d'études françaises ont vécu avec soulagement la reprise de l'investissement industriel ces trois dernières années et la spectaculaire sortie de crise du B-TP. Avec une activité qui a progressé de 12,5 % entre 1998 et 2000, selon Syntec Ingénierie, la période est plutôt faste. Au-delà de la conjoncture et de projets emblématiques, comme l'usine de l'Airbus A380 à Toulouse, emporté par le champion français du secteur, Technip, qui ne réalise plus que 10 % de son activité dans l'Hexagone, plusieurs éléments concourent à cette bonne santé. C'est, d'abord, la part croissante des études dans les projets industriels. " La prise en compte plus importante des risques, la forte attention portée aux aspects environnementaux sont des facteurs favorables sur la demande globale ", note Jean Félix, délégué général de Syntec Ingénierie. Autre mouvement de fond, l'externalisation. " Le modèle de grands bureaux d'études intégrés chez les industriels s'estompe peu à peu ", souligne un expert. A l'image des pétroliers, qui, de longue date, s'appuient sur des partenaires extérieurs, des industriels comme Renault ou Citroën se sont dirigés vers ce modèle. Une évolution qui reste toutefois lente. Le taux d'études accessible aux sociétés indépendantes estimé par Syntec Ingénierie varie peu, tournant autour de 58 %. Un fait qui s'explique notamment par l'effort incessant réalisé par les fournisseurs d'équipements pour se positionner comme ensemblier. De plus, la tendance à l'externalisation reste quasi taboue pour les grands exploitants publics d'infrastructures (EdF, SNCF...), dont les services études emploient encore des milliers de personnes. Mieux, aux termes de dispositions juridiques récentes, les services décentralisés de l'Etat (DDE...) pourront bientôt élargir leurs champs d'action aux marchés concurrentiels. Ce qui a provoqué un tollé de la profession.

Des métiers en pleine mutation

Pourtant, même de ce côté, les choses évoluent. La mise en concurrence par Réseau ferré de France des bureaux d'études de la SNCF sur les études du TGV Est a marqué les esprits. Et, surtout, le fait qu'Ingerop, à côté de Tractebel, Egis et Setec se soient vu attribuer la maîtrise d'oeuvre de 140 kilomètres de voies. Au-delà, les métiers mêmes de l'ingénierie sont en plein bouleversement. A côté des fonctions classiques (étudier, concevoir et faire réaliser des ouvrages), de nouvelles prestations apparaissent. " A l'écoute du client,nous cherchons sans cesse à élargir notre gamme de services ", explique Robert Matha, P-DG de Jacobs Serete, filiale du numéro 3 mondial. Une palette qui va du management de projet à l'assistance technique, en passant par le développement de produit. Dans ce métier, et sur les brisées du géant allemand Bertrandt (3 000 personnes), des sociétés françaises comme Assystem ou ABMI connaissent une belle croissance. Créée en 1984, ABMI emploie ainsi aujourd'hui 650 salariés à 50 % dans l'automobile, mais aussi dans l'aéronautique ou l'électronique. " Notre profession s'est développée par la quête de baisse des coûts des études. Aujourd'hui, nous allons au-delà en devenant de véritables pilotes de fonction, intégrant la conception du produit, mais aussi sa fabrication, ce qui nous amène à intervenir sur l'ingénierie de process ", note Jean-Pierre Bregeon, fondateur et P-DG d'ABMI. Une tendance qui peut conduire jusqu'au produit " clés en main ", par exemple une planche de bord ou un robot ménager. Les bouleversements tiennent aussi à la nature des relations avec les clients. Comme le relève une étude réalisée pour Syntec Ingénierie à l'occasion des prochaines " Rencontres de l'ingénierie ", dont " L'Usine Nouvelle " est partenaire (*). " Si les prestations étaient auparavant plus ou moins complètes (ventes d'études, de travaux d'installation ou de fourniture d'équipements), les entreprises d'ingénierie assurent de plus en plus l'étude de la pertinence d'un projet, les responsabilités de sa conception et de sa mise en oeuvre. "

Des clients aux attentes plus complètes

Pour Frédéric Rosenberg, directeur de la stratégie de Thales Engineering, " le client privé a tendance à aller vers le "clés en main". C'est plus facile pour lui, il a une vision complète avec un porteur de risques ". Au-delà de cette traditionnelle distinction entre maîtrise d'oeuvre et clés en main, éminemment variable selon les secteurs, d'autres modes contractuels apparaissent comme la prestation globale. " Dans le cadre de services au forfait, sur certains contrats, nous pouvons nous engager sur des montants d'investissements ", illustre Jean-Luc Rondreux, directeur général de Sofresid. Dans ce sens apparaissent des contrats cadres, voire des contrats d'alliance entre ingénieristes et donneurs d'ordres, comme celui noué entre Exxon et Foster Wheeler. " Venu des Etats-Unis, ce type de relation vise à améliorer les performances des deux côtés, en se fixant, par exemple, des objectifs de taux d'études par montant d'investissements. Dans ce cas, le donneur d'ordres prévoit que, au-dessous d'un certain seuil d'étude, le partenaire est naturellement désigné. Réticents au début, des clients français commencent à s'engager dans ce sens, ne serait-ce qu'au niveau d'un site ", note Robert Matha, de Jacobs Serete, dont la société réalise 80 % de son chiffre d'affaires avec des clients " répétitifs " ; sur lesquels elle n'hésite pas en temps réel à mener des études de satisfaction client. Si les grands contrats export clés en main demeurent une réalité - et une spécialité française -, ces attentes nouvelles des clients imposent aussi de nouvelles solutions, comme le " multi-office ", rendu possible grâce aux progrès des technologies de l'information. " Dans le cadre d'un contrat de 300 000 heures avec un grand chimiste allemand, nous avons mené un projet en partage entre Baton Rouge, aux Etats-Unis, et Bombay, en Inde. Le client ayant accès à son dossier, "rafraîchi" deux fois par jour ", illustre Robert Matha.

Des consolidations inévitables

Dans un métier morcelé en France, avec de nombreux cabinets indépendants, mais dominé sur le plan mondial par les trois géants anglo-saxons Bechtel, Fluor Daniel et Jacobs, " il devient difficile d'exister à l'échelon national, et a fortiori international, au-dessous de 500, voire 1 000 personnes ", note un professionnel. " Nous sommes encore en quête d'une taille critique, ce qui pourra passer par des alliances ", lance Jean-Pierre Brégeon, d'ABMI. Bouygues Offshore avait ainsi acheté Sofresid à Kvaerner en 1999 pour renforcer ses moyens humains, car " les clients veulent pouvoir compter sur nous, aussi bien à Dunkerque ou à Lyon que sur le grand international ", relève Jean-Luc Rondreux. Vision globale, acteur local, l'ingénierie n'échappe pas aux nouvelles règles de l'économie.









Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle