Sergio Marchionne veut sauver l’industrie automobile européenne

Le patron de Fiat et Chrysler estime qu’il faut réduire de 20% la capacité de production automobile en Europe.

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Sergio Marchionne veut sauver l’industrie automobile européenne

Sergio Marchionne est sous les feux de l’actualité. Dans un entretien au Figaro ce 21 mars, le directeur général de Fiat et Chrysler revient sur les problèmes de surcapacités en Europe. Selon lui, il est nécessaire de diminuer de 20% la capacité de production en Europe. Un phénomène qui selon lui devrait conduire à la "fermeture d’environ dix usines". Il s’appuie notamment sur l’exemple des constructeurs américains qui ont réduit leur capacité de production de 20% entre 2007 et 2008.

"Nous n'avons pas le choix. Ce sera douloureux pendant douze mois, mais faisons-le !", répète le patron de Fiat. Il table cette année un marché en baisse pour la cinquième année de suite, "de 5%". Et ne voit pas de reprise avant 2014, et encore, pas à une vitesse "folle".
Comme lors du salon de Genève, il appelle "l’Europe à prendre en charge cette transition car individuellement les gouvernements des différents pays ne le feront pas".

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Selon lui la solution réside par exemple "dans la mise en place d’un mécanisme de soutien financier pour accompagner les licenciements". Le patron italien prône depuis plusieurs années la mise en place d’une plus grande flexibilité dans les usines européennes. C’est notamment un mécanisme qu’il a appliqué dans ses sites italiens. Il a par exemple fermé son usine sicilienne à la fin 2011 pour tenter de mettre un terme aux pertes enregistrées en Italie. Actuellement en Italie sont en cours de négociation des règles régissant le travail. Mario Monti, président du Conseil, s’emploie à faire approuver des règles plus flexibles dans le pays.

Le patron de Fiat a aussi décidé de quitter la Confindustria en début d’année. Une décision qui lui permet d’appliquer les règles de flexibilité sans contrainte.

Les négociations commerciales dans le viseur

Cet entretien intervient au lendemain de son discours prononcé en tant que patron de l’Association des constructeurs européens d’automobiles lors de la 3ème Conférence européenne des affaires au Collège d'Europe à Bruges.

L’occasion pour le directeur général de Fiat-Chrysler de pointer sur un autre souci pénalisant pour le marché européen : les négociations commerciales. Il attaque alors directement la politique européenne : "L’Europe a tendance à utiliser notre industrie automobile comme monnaie d’échange (dans le cadre des négociations d’accords de libre-échange, NDLR) pour obtenir des avantages douteux dans d’autres secteurs, a déclaré Sergio Marchionne. L'Europe pousse la signature d’un accord de libre-échange après l'autre - et pas toujours avec des avantages mutuels – alors que sur notre marché intérieur, nous souffrons de rigidités et de restrictions qui pèsent sur notre compétitivité".

Le patron de l’ACEA réclame notamment que les accords avec d’autres pays "soient désormais signés sur la base d’un principe d’équité". Il vise alors par exemple les accords actuellement en négociations avec l’Inde et le Japon. Le secteur automobile est l’un des principaux objets de négociations.

Il refuse que ces futurs accords ne produisent les mêmes effets que celui conclu avec la Corée du Sud. En effet, selon Sergio Marchionne, "les exportations sud-coréennes en Europe ont progressé de 45% en 2011. Soit au total 150 000 voitures. Dans le même temps, les ventes des constructeurs automobiles européens en Corée n’ont pas dépassé 15 000 unités". Une situation qui pénalise la compétitivité des entreprises européennes.

Le patron de l’ACEA a réclamé que l’Union européenne aide les producteurs nationaux à se renforcer dans le cadre des négociations commerciales avec d’autres pays.

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