Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

Serbie européenne

Publié le

Serbie européenne © Sashamd - Flickr - C.C.

Les entreprises citées

La manifestation d’ultra-nationalistes à Belgrade, la semaine dernière, l’a encore montré : en Serbie, les braises du Kosovo sont loin d’être éteintes. Sans parler des tensions latentes entre Albanais et Serbes au sein même du Kosovo, ce mini-État né en 2008. Pourtant, l’accord inespéré du 19 avril entre les autorités serbes et kosovares actant la normalisation de leurs relations a marqué à la fois une victoire pour l’Europe et sa diplomate en chef, la peu estimée Lady Ashton, et un tournant pour la Serbie. Son processus d’adhésion à l’Union européenne dépendait en effet de cet accord.

À Belgrade, le président Tomislav Nikolic, 61 ans, un ex-nationaliste (il fut le bras droit de Milosevic) reconverti en pro-européen réaliste, espère un feu vert lors du Conseil européen du 27 juin. Sacré retournement pour un pays encore au ban des nations il y a quinze ans et qui fut bombardé par l’Otan en 1999. Si elles s’engagent, ces négociations seront longues (dix ans pour la Croatie, qui entre dans l’Union ce 1er juillet). L’horizon pour les 7 millions de Serbes reste donc lointain, même si de facto le processus est entamé.

Déjà, Belgrade reçoit de l’Europe 200 millions d’euros par an au titre des fonds de pré-adhésion. Des coopérations tous azimuts sont mises en œuvre pour l’aider à articuler ses réformes autour des 35 chapitres de négociation (justice, environnement, fiscalité…). Une tâche herculéenne, car Bruxelles prendra son temps pour éviter une adhésion mal ficelée à la bulgare. Dans cette affaire, l’enjeu pour l’Europe est surtout géopolitique. Il s’agit de faire oublier sa coupable impuissance à empêcher les terribles conflits de l’ex-Yougoslavie et de stabiliser un peu plus le "trou noir" que représentent les Balkans. Et l’économie ?

Côté européen, l’affaire est modeste : l’économie serbe pèse 36 milliards d’euros, soit 0,3% du PIB des 27 ! Pour la Serbie, qui connaîtra 2% de croissance cette année, il en va tout autrement. Deux enjeux s’offrent à elle : des fonds structurels pour l’aider à relever ses infrastructures défaillantes et une meilleure intégration au sein du continent européen. L’Union compte pour 60% de son commerce extérieur. Et en dix ans, Belgrade a reçu 20 milliards d’euros d’investissement étrangers venant notamment de géants européens comme Fiat, Michelin, Alstom ou Inbev… mais aussi de capitaux russes.

Car depuis dix ans, la Russie, alliée de toujours, investit lourdement en Serbie, qui lui achète presque 100% de son énergie. Et pas seulement. Moscou s’apprête à prêter 800 millions de dollars pour moderniser les chemins de fer serbes. Belgrade dans l’Europe, ce sera un peu l’oeil de Moscou à Bruxelles. Mais ça, c’est une autre histoire.

Pierre-Olivier Rouaud

Réagir à cet article

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle