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Sequans, décrochage ou trou d’air ?

Ridha Loukil , , ,

Publié le

Victime d’une marginalisation brutale de la technologie WiMax dans les mobiles 4G, Sequans a vu son chiffre d’affaires divisé par quatre en 2012. La pépite parisienne mise sur le développement de la technologie LTE pour remonter la pente. Mais pourra-t-elle concurrencer des mastodontes comme Qualcomm, Intel ou MediaTek ?

Sequans, décrochage ou trou d’air ?

La chute est vertigineuse pour Sequans Communications. La star française de la conception des puces modems pour les réseaux mobiles 4G a terminé l’année 2012 avec un chiffre d’affaire en baisse de 76,3% à 22,3 millions de dollars, contre 93,7 millions de dollars en 2011. Conséquence : elle creusé ses pertes à 33 millions de dollars, contre 0,4 million de dollars en 2011.

Responsable de cette dégringolade : l’effondrement brutal du marché du WiMax. En effet, deux technologies étaient en compétition pour les mobiles 4G : d’un côté, WiMax, issue du monde informatique et promue notamment par Intel; de l’autre, LTE (Long Term Evolution), développée par l’industrie des télécoms et défendue par Ericsson et Qualcomm. "En 2009, la bataille a clairement tourné en faveur de LTE, explique Georges Karam, PDG-fondateur de Sequans Communications. L’année 2012 a été particulièrement difficile puisque l’opérateur américain Sprint, l’un nos grands clients, a décidé d’arrêter complétement WiMax pour se consacrer entièrement à LTE."

Virage à 180° vers le LTE

Or la technologie WiMax est la raison même de la création de Sequans Communications en 2004. Son patron revendique 40% du marché mondial dans ce domaine. Mais sentant le marché basculer, elle a entrepris en 2009 une diversification dans LTE. Seulement voilà : il faut du temps pour sortir une puce prête à être fabriquée en volume chez son fondeur taïwanais TSMC. " Nous avons mené une course contre la montre pour sortir les premiers échantillons de notre puce LTE début 2012, puis développer les logiciels nécessaires et trouver des clients ", confie Georges Karam, conscient des difficultés de la transition mais confiant dans l’avenir.

La société a été contrainte de réduire ses effectifs de 10% et de mettre en place un plan d’économie. Elle emploie aujourd’hui 200 personnes, dont 100 dans son siège et principal centre de R&D à Paris-la-défense. Son patron espère la remettre sur la voie de la croissance et atteindre la rentabilité en 2013. Son objectif : un chiffre d’affaires de 300 millions de dollars en 2016. Pas moins !

Mais difficile reprise de contrôle

Le pari semble difficile. Car Sequans Communications devra affronter des géants comme Qualcomm, Broadcom, Intel ou Mediatek. Sans compter les petites sociétés au profil comparable comme GCT Semiconductor (Corée du Sud), Altair Semiconductor (Israël) ou InnoFIDEI (Chine). ST-Ericsson, coentreprise entre STMicroelectronics et Ericsson, n’a jamais réussi à s’imposer sur ce marché, et ce malgré son historique, ses 5200 employés, son assise technologique et le soutien de ses deux maisons mères. Comment Sequans Communications pourrait le faire ?

Autre faiblesse : la petite société se cantonne aux puces LTE, ce qui limite ses débouchés aux opérateurs ne disposant pas déjà de réseaux mobiles 3G. C’est le cas dans des pays émergents comme la Chine ou l’Inde, où le passage directement aux réseaux 4G de technologie LTE constitue un moyen rapide d’offrir l’accès au haut débit. Mais pas en Europe ou chez AT&T aux Etats-Unis. Sur ces derniers marchés, il faut des systèmes hybrides basés sur des puces combinant des modems 3G et 4G. Ceci afin d’assurer aux abonnés une couverture sans couture.

Mais Georges Karam voit sa spécialisation comme un atout. "Le fait que nous soyons focalisés sur LTE nous donne un avantage compétitif, affirme-t-il. Notre puce est plus petite, plus rapide et moins chère que les puces bi-modes 3G/4G de la concurrence." Il faudra attendre la fin de 2013 pour voir s’il a raison.

Ridha Loukil

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