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L'Usine Santé

Septodont croque le monde

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Sa forte présence à l’international n’empêche pas le géant de l’anesthésie dentaire de rester attaché à la France, où il vient d’inaugurer un centre de R & D et de construire une usine.

Septodont croque le monde

A Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne), l’usine de production d’anesthésique dentaire de Septodont fonctionne 24 heures sur 24, sept jours sur sept. Invité à se vêtir d’une blouse, d’une coiffe ainsi que de surchaussures pour avoir le droit de pénétrer dans les lieux, le visiteur occasionnel peut constater d’entrée que les exigences inhérentes à la production de produits pharmaceutiques sont ici respectées de manière drastique.

Dans cette usine, chaque élément – qu’il s’agisse du contenu liquide ou de son contenant – est stérilisé séparément avant une stérilisation finale dans un autoclave en tunnel. Quelque 27 points de contrôle sont dispersés tout au long du processus et, en bout de chaîne, chaque cartouche d’anesthésique est examinée sous tous les angles par une opératrice installée derrière une loupe à fort grossissement. Chaque année, ce sont 250 millions de doses d’anesthésique dentaire qui sortent de cet établissement et autant chez son frère jumeau, situé au Canada, qui font de Septodont l’indiscutable leader mondial de l’anesthésique injectable. « Chaque seconde, 16 injections sont réalisées avec nos produits à travers le monde », se félicite Olivier Schiller, le président de Septodont.

L’histoire de cette entreprise familiale est déjà longue et riche d’innovations et de succès hors de nos frontières qui l’ont portée jusqu’à atteindre 200 millions d’euros de chiffre d’affaires, dont 10% seulement sont réalisés en France. Créé en 1932 par Annie et Nestor Schiller, le groupe s’est construit de manière patiente comme la plupart des entreprises de taille intermédiaire (ETI) patrimoniales. « Les ETI familiales visent le long terme et se développent sur leurs propres ressources », note Olivier Schiller, troisième de la dynastie à piloter l’affaire à la suite de son père Henri qui reste président du conseil de surveillance.

Cette gestion raisonnée n’empêche pas de jouer d’audace quand l’occasion se présente. Septodont a ainsi fait récemment l’acquisition de la société TDV. « Le marché brésilien est très réglementé. Il est pratiquement impossible d’y vendre sans fabriquer au Brésil », justifie Olivier Schiller qui compte faire de sa nouvelle filiale brésilienne la tête de pont des opérations de l’entreprise pour l’ensemble du marché sud-américain.

Un acteur global de la santé

D’abord spécialisé dans les produits de soins bucco-dentaires, Septodont s’est beaucoup diversifié. À partir des années 1970, il s’est orienté vers les produits utilisés dans les procédures d’anesthésie dentaire : aiguilles (Septodont en produit 200 millions par an), seringues, anesthésiques topiques et injectables. Au-delà du contrôle de la douleur, Septodont possède une division matériaux produisant tout ce qui permet la restauration des dents (amalgame, composite…). Ses produits s’adressent aussi à d’autres spécialités de chirurgie dentaire, comme l’endodontie.

« Notre objectif, c’est d’offrir la gamme la plus large possible pour couvrir les besoins des dentistes », résume Olivier Schiller. À terme, Septodont veut se positionner « en acteur global de la santé » en offrant à ses partenaires et à ses clients son savoir-faire dans la production de cartouches injectables et les procédures réglementaires. « Tout dentiste est un inventeur dans l’âme cherchant à améliorer ses techniques », assure Olivier Schiller. Plus qu’un moteur de l’activité, l’innovation est une nécessité pour qui veut garder son rang. Septodont dépose chaque année quatre à cinq brevets, et consacre 5% de son chiffre d’affaires à la R & D dans ses quatre centres principaux situés, pour deux d’entre eux, en Amérique du Nord (États-Unis et Canada) et en France pour les deux autres : le premier à Mazamet (Tarn) ; le deuxième, inauguré l’an passé, à Saint-Maur-des-Fossés.

Bien que présente dans 150 pays, l’entreprise reste fortement attachée à la France. Sur ses 1 200 salariés, la moitié travaille dans l’Hexagone, dont la majorité à Saint-Maur-des-Fossés où se situe également le siège social. Septodont y fait même construire une nouvelle unité de production pour 25 millions d’euros. Presque une gageure dans cette ville résidentielle très urbanisée ! Septodont réalise 85% de ses ventes en Europe et aux États-Unis. « C’est trop », juge Olivier Schiller qui s’applique à corriger ce déséquilibre en ciblant les pays émergents. « La croissance du marché reste marginale dans les pays développés, précise-t-il. En revanche, dans des pays tels que l’Inde ou la Chine l’émergence d’une classe moyenne profite aux dépenses de santé. »

Les autres champions

SES (Argenteuil, Val-d’Oise), numéro un mondial des étiquettes électroniques de gondoles. 82,5 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2013, dont 56% à l’international. 170 salariés.

Hologram Industries (Bussy-Saint-Georges, Seine-et-Marne), conception de solutions de sécurité optiques et digitales. 48,9 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2012. 300 salariés.

Riber (Bezons, Val-d’Oise), spécialiste mondial de l’épitaxie par jets moléculaires. 23,5 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2013, dont plus 90% à l’export. 109 salariés.

Parrot (Paris), conception d’applications embarquées pour automobiles. 235 millions d’euros de chiffres d’affaires en 2013, dont 91% à l’international. 850 salariés.

Leosphère (Orsay, Essonne), spécialiste des mesures atmosphériques grâce à une technologie de télédétection par laser, le Lidar. 18 millions de chiffre d’affaires en 2013, dont 80% à l’international. 120 salariés.

Orolia maîtrise la chaîne de secours par satellite

Le groupe, implanté aux Ulis (Essonne), est devenu numéro un mondial des technologies de recherche et de sauvetage par satellite après avoir fait l’acquisition, en mai, de la société américaine TSI. « Nous possédons désormais la couverture complète de toute la chaîne : les balises, les infrastructures terrestres recevant le signal de détresse et les solutions logicielles de gestion des centres de contrôle du système international et des centres locaux qui conduisent les opérations », détaille Jean-Yves Courtois, le président d’Orolia. Bien qu’appelée à une forte croissance, cette activité n’est qu’une facette d’un groupe employant 340 salariés, et spécialisé dans les équipements électroniques et les logiciels qui permettent de maîtriser le temps et la position dans des environnements difficiles. Orolia, qui s’est beaucoup développé par croissance externe pour pénétrer rapidement ses cibles prioritaires que sont les marchés de niche, ambitionne de réaliser 100 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2015.

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