Sens commun

Les profits faciles ne durent qu'au moyen d'acrobaties et de fraudes.

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Sens commun
Voilà, avec l'affaire de la Société générale, que se rallume la drôle de guerre entre la finance et l'industrie ! Il y a d'un côté la «bonne» industrie, portée par le sens du long terme et ses solides ingénieurs. Et de l'autre, la «détestable» finance, mue par la spéculation et ses traders cupides. Cette présentation binaire encourage toutes les démagogies. Car c'est l'épargne -collectée par les banques ou les marchés- qui finance la recherche, permet d'acheter des machines, d'embaucher des hommes.

La finance moderne est à l'image du monde moderne: plus ouverte, plus risquée, plus rapide, plus complexe. Les entrepreneurs assurent leur croissance (se couvrent) par des instruments sophistiqués sur les changes, les taux, les sinistres, la politique, etc. Grâce aux technologies de l'information et de la communication et à l'ouverture du monde, la finance est devenue elle-même une industrie, selon l'expression anglo-saxonne. Ainsi, le «private equity» (les fonds d'investissement) a permis des restructurations et des développements industriels. Même si ce secteur connaît des sinistres dans les semaines qui viennent (à cause des conditions de financement), il ne faudra pas rejeter tout ce qu'il a permis.

De grandes institutions françaises (Axa, BNPParibas ou la Société générale) ont conquis un rang international. Les compétences issues de nos meilleures écoles d'ingénieurs et de l'université Paris-Dauphine s'arrachent à prix d'or, à Londres comme à New York. C'est aussi une forme de rayonnement de notre pays. Qui renvoie à une question : peut-on conquérir des positions mondiales sans céder à toutes les modes du monde? Les capitaux abondants, fruits et moteurs de la globalisation, exigent des retours de plus en plus élevés : la cupidité aussi est mondialisée.

Il faudra peut-être plus de règles - pour mieux contrôler des personnalités humaines et des process qui leur ont trop laissé les coudées franches. Assurément plus d'information : le système financier, fût-il «créatif », doit être plus compréhensible et moins opaque. Et surtout plus de sens commun: dans l'industrie comme dans la finance, les profits rapides et faciles ne durent qu'au moyen d'acrobaties et de fraudes.


Olivier Jay,
Directeur délégué de la rédaction
«L'Usine Nouvelle»

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