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L'Usine Auto

Selon Médiapart, Renault et PSA auraient augmenté le prix de pièces détachées pour gagner 1,5 milliard d'euros en dix ans

Simon Chodorge , , , ,

Publié le

Renault et PSA ont-ils gonflé artificiellement les prix de leurs pièces détachées en utilisant un logiciel d'Accenture ? C'est la conclusion d'une enquête publiée le 31 mai par Médiapart. Une procédure judiciaire serait en cours au tribunal de commerce de Paris.

Selon Médiapart, Renault et PSA auraient augmenté le prix de pièces détachées pour gagner 1,5 milliard d'euros en dix ans
PSA et Renault ont-ils gonflé artificiellement les prix de leurs pièces détachées ?
© PublicDomainPictures

PSA et Renault ont-ils gonflé artificiellement les prix de leurs pièces détachées ? Médiapart publie le jeudi 31 mai un article sur les deux constructeurs automobiles français. Selon des documents confidentiels que le site assure avoir obtenu, les deux groupes auraient utilisé un “logiciel miracle” pour facturer 1,5 milliards d’euros supplémentaires aux automobilistes sur une durée de dix ans. “À partir de la fin des années 2000, Renault et PSA Peugeot Citroën ont opéré une hausse de 15 % des prix des pièces détachées pour lesquelles ils sont en situation de monopole”, écrit Médiapart dans l'enquête réalisée avec le réseau de médias d’investigation EIC (European Investigative Collaborations). 

Les documents seraient issus du cabinet de conseil Accenture, qui a fourni à PSA et Renault le "logiciel très sophistiqué” ayant permis les hausses de prix. Cet outil, baptisé Partneo, servirait notamment à déterminer la valeur perçue par le client et le prix maximum qu’il serait prêt à payer pour mieux fixer les tarifs. Une manière d'augmenter les prix sans que le coût réel des pièces n'augmente du côté des constructeurs. Mediapart sous-entend que PSA et Renault se sont coordonnés, mais n'explique pas de quelle façon.

Des profits réalisés grâce aux pièces captives

Les profits relatés concerneraient notamment les pièces captives des véhicules, sur lesquelles les constructeurs sont quasiment en situation de monopole. “Ces pièces 'captives' représentent en moyenne 30 à 50 % des revenus pièces détachées des constructeurs, et bien davantage en France”, écrit Mediapart qui rappelle l’engagement des associations de consommateurs contre l’exclusivité des constructeurs sur les pièces automobiles.

Les documents de Médiapart font état de 100 millions d’euros de profits additionnels par an pour chacun des deux groupes français. Ce qui représenterait, à l’échelle mondiale, une facture alourdie de 1,5 milliard d’euros pour les automobilistes en dix ans. En 2011, l'Autorité de la concurrence constatait que le prix des pièces détachées en France, après avoir baissé entre 1996 et 2003, était reparti à la hausse ensuite. "Les prix ont augmenté de 13 % hors inflation entre 2000 et 2010 en France, alors qu’ils ont baissé partout ailleurs en Europe", constatait-elle.

Une enquête ouverte par l'Autorité française de la concurrence, mais sans suite

L’Autorité française de la concurrence aurait d'ailleurs ouvert une enquête en 2017 sur le cas Renault / PSA / Partneo, avant de la refermer au bout de quelques mois. "L’Autorité indique que 'les éléments portés à sa connaissance' ne justifiaient pas l’ouverture d’une 'enquête approfondie', mais qu’elle se réservait la possibilité de le faire si de 'nouveaux éléments' lui étaient communiqués", relate Médiapart. 

L’inventeur du logiciel, Laurent Boutboul, poursuivrait actuellement Accenture, PSA et Renault devant le tribunal de commerce de Paris pour avoir violé les règles de la concurrence avec l’aide de son logiciel. Les documents dont parle Médiapart seraient issus de cette procédure. L’avocat de Laurent Boutboul aurait confirmé au site d’information français l’existence de cette procédure judiciaire, sans en dire plus sur ses détails. Contactés par Médiapart, Accenture et PSA parlent d’accusations sans fondement. Renault dément également les faits.

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