L'Usine Santé

Selon les industriels de la santé, il est difficile d’accéder aux traitements thérapeutiques de pointe en France

Coralie Lemke , , ,

Publié le

Le Leem, syndicat des industries pharmaceutiques, alerte sur la perte de vitesse de l’industrie pharmaceutique et ses conséquences pour les patients.

Selon les industriels de la santé, il est difficile d’accéder aux traitements thérapeutiques de pointe en France © Cellectis testera sur l’homme, dès 2015, une nouvelle thérapie contre la leucémie.

Ce sont des vœux de nouvelle année un peu moroses. Le syndicat Les Entreprises du médicament (LEEM), a profité de sa conférence annuelle pour souligner une nouvelle fois la perte de vitesse des laboratoires pharmaceutiques français au sein de l’Europe.

"Nous perdons de la compétitivité depuis plusieurs années", affirme Patrick Errard, le président du Leem. "En dix ans, la France est passée du premier pays producteur de médicament en Europe à la quatrième place." Sur les 282 médicaments autorisés par l’Agence européenne du médicament, seuls 21 sont produits en France, contre 86 en Allemagne, 68 au Royaume-Uni, et 39 en Irlande. "La France n’est plus une terre d’accueil pour les essais cliniques", poursuit-il. Leur part a également baissé. De 31% en 2015 à 26% en 2016.

Des conséquences pour les patients ?

Le syndicat dit particulièrement s’inquiéter pour l’accès des patients français aux traitements thérapeutiques de pointe. Ainsi, entre 2014 et 2016, la durée médiane d’accès aux médicaments ne bénéficiant pas d'une autorisation temporaire d’utilisation était de 530 jours en France. "Un an de plus qu’en Allemagne ou qu’au Royaume-Uni", avance Patrick Errard. En revanche, sur la même période, les produits bénéficiant d’une autorisation temporaire d’utilisation, ont été disponibles bien plus tôt que chez nos voisins européens. 210 jours en France contre 318 jours en Allemagne et au Royaume-Uni. Mais ils n'ont été disponibles que pour 10% de leur population cible. L'autorisation temporaire d'utilisation est une mesure exceptionnelle de mise à disposition de médicaments n'ayant pas d'autorisation de mise sur le marché en France, afin de permettre l'accès précoce à de nouveaux traitements à certains patients. 

Le CSIS en ligne de mire

Prochaine échéance pour le syndicat : le Conseil stratégique des industries de santé (CSIS). Planifié pour mai 2018, c’est le moment où les pouvoirs publics et les acteurs industriels du secteur de la santé se rencontrent pour élaborer des stratégies d’avenir. "C’est le moment où on peut tout changer. Le CSIS doit nous permettre de trouver collectivement les outils pour relancer les moteurs de l’attractivité et de la compétitivité française", s’enthousiasme le président du Leem. Une étape importante pour ce secteur, qui représente environ 300 000 emplois et 53 milliards d’euros selon le gouvernement.

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