Selon la BdF, des sources de vulnérabilité des banques demeurent

PARIS (Reuters) - Les banques françaises doivent aborder 2010 avec prudence car des sources de vulnérabilité existent encore comme le risque de décotes sur les actifs toxiques ou les effets induits par les déficits des Etats, a déclaré la Commission bancaire.

Partager

L'autorité française de contrôle du secteur bancaire, devenue cette année l'Autorité de contrôle prudentiel (ACP), estime que l'évolution des provisions destinées à couvrir les risques de crédit dépendra de la vigueur de la reprise économique.

"L'évolution du coût du risque de crédit dépendra (...) du rythme et de l'ampleur de la reprise économique", estime-t-elle à l'occasion de la publication de son rapport annuel 2009.

"D'autres sources potentielles de vulnérabilité existent, qu'il s'agisse par exemple d'un environnement de marché qui serait moins favorable qu'en 2009, du risque de décotes supplémentaires de certains 'actifs toxiques' ou des effets induits (...) par l'importance des déficits publics", ajoute-t-elle.

La Commission bancaire rappelle que les cinq grandes banques françaises, BNP Paribas, Société générale, Crédit agricole, Crédit mutuel et BPCE, maison mère de Natixis, ont dégagé en 2009 un résultat net cumulé de 11,7 milliards d'euros, en hausse de 93% par rapport à 2008.

"Les banques françaises apparaissent dans l'ensemble bien armées pour relever les défis qui se dessinent à court et moyen terme", a jugé Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France, dont dépend l'ACP, lors d'une conférence de presse.

Danièle Nouy, secrétaire générale de la Commission bancaire, a indiqué que les banques n'étaient pas sous pression pour liquider les actifs toxiques qui restent encore dans leur bilan.

PAS D'INQUIÉTUDE SUR LA GRÈCE

Interrogé sur la situation de la Grèce, Christian Noyer a dit ne pas avoir d'"inquiétude particulière" sur l'exposition des banques françaises qu'il a chiffrée à quelque 50 milliards d'euros, à comparer aux 75,45 milliards de dollars (56,28 milliards d'euros) estimés par la Banque des règlements internationaux.

"Sauf à imaginer que l'économie grecque disparaisse d'un coup de baguette magique, c'est une exposition économique normale", a souligné le gouverneur de la Banque de France.

"C'est un risque que nous surveillons de près mais qui est, pour une vaste majorité, un risque sur la clientèle grecque. (...) Les banques françaises détiennent des obligations souveraines (grecques) d'un montant qui est relativement faible", a-t-il poursuivi.

Le Crédit agricole et la Société générale sont présentes sur le marché grec avec leur filiale respective Emporiki et Geniki.

Prié de commenter le projet de taxe sur les groupes bancaires visant à réduire le risque systémique, Christian Noyer a insisté sur la nécessité de réfléchir à la question au niveau international.

Il n'a pas voulu préciser s'il préférait qu'une telle taxe alimente le budget de l'Etat, comme le désire pour l'heure le gouvernement français, ou d'autres solutions comme par exemple le choix allemand d'alimenter un fonds de secours pour les banques.

La Commission bancaire a fusionné en début d'année avec l'ensemble des autorités françaises de supervision et d'agrément de la banque et de l'assurance pour devenir en mars l'Autorité de contrôle prudentiel.

Matthieu Protard et Jean-Baptiste Vey, édité par Matthias Blamont

0 Commentaire

Selon la BdF, des sources de vulnérabilité des banques demeurent

Tous les champs sont obligatoires

Votre email ne sera pas publié

Partager

SUJETS ASSOCIÉS
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS