Economie

Selon la Banque africaine de développement, la croissance du Maroc devrait accélérer en 2014 et atteindre 5%

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L’économie du Maroc devrait progresser de 4,6% cette année et de 5% en 2014, selon le tout dernier rapport de la Banque africaine de développement qui tient son assemblée annuelle à Marrakech. Le ministre marocain de l'économie, Nizar Baraka, vient lui d'estimer que la croissance du pays serait supérieure à ses prévisions initiales cette année, soit au moins 4,7%, en raison d'une bonne récolte agricole.

Selon la Banque africaine de développement, la croissance du Maroc devrait accélérer en 2014 et atteindre 5% © Kristian Thøgersen - Flickr - C.C.

L’économie du Maroc devrait progresser de 4,6% cette année et de 5% en 2014, selon le tout dernier rapport « Perspectives économiques en Afrique » 2013 de la BAD qui dresse le tableau de l’économie du continent et de ses différentes économies.
 

Ce rapport a été publié à l'occasion de la session annuelle de la banque que se tient à Marrakech du 27 au 31 mai et se déroule au Maroc pour la première fois depuis 1970.


En 2012, la croissance du royaume s’est élevée à 3,2%, une performance médiocre comparée aux années précédentes qui s’explique notamment par les difficultés de la zone euro, principal débouché des exportations marocaines, ou aussi par un fort ralentissement des secteurs de la construction et de l’industrie domestique, du fait notamment d’un resserrement des conditions de crédit.

Le Maroc qui compte 32 millions d'habitants a vu son niveau de chômage légèrement progresser ces derniers mois pour atteindre 9%, mais ce niveau est jugé largement sous-évalué, selon les experts indépendants.


"Grâce à son modèle économique qui combine l’ouverture la libéralisation et les réformes structurelles, le Maroc a montré de la résilience dans un contexte national et international difficile", assure néanmoins la BAD dans son rapport. Selon celui-ci le PIB par habitant du Maroc devrait croître de 3,6% cette année et 4% en 2014. Cette progression avait été de 4% en 2011 mais seulement 2,1% l’an dernier. Selon la Banque mondiale, le PIB par habitant nominal du Maroc s'élevait en 2011 à 3 054 dollars contre 5 244 dollars en Algérie et 4 350 dollars en Tunisie.


Au plan macro-économique, le principale point noir de l’économie marocaine dont le PIB pèse 72 milliards d'euros reste son commerce extérieur. La balance courante qui mesure les échanges de biens et services affiche cette année un très lourd déficit de 8,6% du PIB. Selon le rapport de la BAD, ce déficit devrait rester important à l’avenir mais se réduire un peu à 5,5% cette année et 5,7% en 2014. Les exportations marocaines couvrent à peine la moitié des importations en raison notamment de la facture énergétique du pays.


Ce déficit des échanges conduit le pays à rechercher des financements extérieurs que ce soit auprès des bailleurs de fonds comme le FMI ou en se présentant sur le marché des capitaux. La semaine dernière, le 22 mai  le royaume a ainsi levé 750 millions de dollars sur les marchés financiers internationaux en complément d'une émission obligataire réalisé l'an dernier.

Les taux résultants de ces opérations sont ressortis à 4,25% sur 10 ans et 5,50% sur 30 ans. Ces niveaux qui peuvent être considérés comme bons sont inférieurs par exemple pour le "10 ans" aux émissions récentes de l'Espagne.

Par ailleurs, début avril, le gouvernement marocain avait annoncé la suppression de 15 milliards de dirhams (environ 1,34 milliard d'euros) de crédits d'investissement, soit environ un cinquième du total, sur le budget de l'année 2013.


DEFICIT BUDGETAIRE

Autre difficulté de l’économie marocaine, la "Caisse de compensation" le système de subventions publiques aux produits de base (carburants, gaz, produits alimentaires) qui grève lourdement les comptes publics.

"Sa réforme est un prérequis au redressement des comptes publics" affirme la BAD dans son rapport.

Le budget de l’Etat a affiché l’an dernier un très lourd déficit de 7,5% du PIB. Le gouvernement de coalition mené d’Abdelilah Benkirane (leader du PJD, islamistes modérés) et notamment le ministre de l’Economie Nizar Baraka se sont engagés à plusieurs reprises à réformer ce système.

Mais la question est socialement explosive puisque cela reviendra à augmenter le prix des produits de base, en contrepartie toutefois d'aides directes ciblées sur les populations les plus pauvres. Un basculement qui fait l'objet de furieux débats au sein du pouvoir.

Le pays connait par ailleurs depuis plusieurs semaines des tensions au sein de la coalition gouvernementale. Hamid Chabat, le patron de l'Istiqlal, un de partis clés de la coalition ayant affirmé à plusieurs reprises retirer son soutien au gouvernement alors que Nizar Baraka, le ministre de l'économie est membre de ce parti de l'Istiqlal. Une situation qui évoluait ces derniers jours vers un fragile statu-quo.

Dans un entretien à l’AFP à l’occasion de la réunion de la BAD, Nizar Baraka a pour sa part réaffirmé les objectifs de croissance et de réduction du déficit du Maroc en disant :"aujourd'hui, l'économie marocaine se comporte mieux que prévu dans la mesure notamment où nous avons une excellente année agricole".
Selon lui, "nous pourrions dépasser les 4,5% de croissance que nous nous sommes fixés lors de la loi de finances" parlant d'une fourchette de "4,7 et 5,1%". Au sujet du déficit public, il est "maîtrisé" assure le ministre de l'économie. 

"De la sorte, on va rester aux objectifs de réduction du déficit de 7% à 5,5% pour 2013", a indiqué le ministre à l’AFP, "avec notamment la baisse des dépenses de compensation de 55 milliards de dirhams (environ cinq milliards  d'euros NLDR) en 2012 aux alentours de 40 milliards de dirhams cette année".
 

Pierre-Olivier Rouaud
 

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