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Selon Jean-François Roubaud, "les entreprises ont besoin de stabilité"

Solène Davesne , , ,

Publié le

Entretien Le président de la CGPME Jean-François Roubaud accueille favorablement l’initiative de Jean-Marc Ayrault de remettre à plat la fiscalité. La concertation avec les partenaires sociaux doit commencer lundi 25 novembre à Matignon. 

Selon Jean-François Roubaud, les entreprises ont besoin de stabilité © Flickr c.c. - Ministère du Travail

L'Usine Nouvelle - Que pensez-vous de la proposition de Jean-Marc Ayrault de remettre à plat la fiscalité ?

Jean-François Roubaud - Je trouve que c’est une bonne chose. Il n’est jamais trop tard pour se lancer dans cette réforme fiscale. J’irai lundi à Matignon avec des propositions. Le délai annoncé par François Hollande m’embête un peu. Même si revoir l’ensemble de la fiscalité est très compliqué, se donner trois et demi, c’est trop long. Je comprends qu’une réforme de fond prenne du temps mais il faut aussi que des mesures soient prises en urgence.

Que réclamez-vous ?

Ce qui agace le plus les chefs d’entreprises, c’est le manque de certitude, le changement permanent des règles du jeu. Il est impossible de piloter une entreprise si le cadre fiscal est modifié de façon rétroactive en permanence. On veut avoir une visibilité sur les trois ans et demi qui viennent. Il faut avouer que, jusqu’à présent, nous avons été déçus sur cette question. L’autre chantier prioritaire, c’est le coût du travail. Pour redonner de la confiance, il faut un" bouclier emploi " et l’assurance pour les entreprises que les charges n’augmenteront plus.

Vous n’êtes pas sur la même longueur d’onde que le Medef qui réclame avant tout que le gouvernement s’engage à baisser les prélèvements obligatoires ? 

Je ne pars pas sur le principe que ceci n’est qu’un jeu de bonneteau. Je pense qu’il faut rester calme. Moi, j’y vais avec une démarche positive. La réforme peut se faire à prélèvements constants. Mais le gouvernement doit s’engager dès à présent à ne plus augmenter les impôts pendant le quinquennat, une vraie pause fiscale en quelque sorte. En même temps, il faut tout de suite prévoir comment baisser les prélèvements obligatoires et fixer un cap. Si on prend prétexte de la fusion CSG-impôt sur le revenu pour augmenter les impôts, je suis contre.

Vous encouragez les patrons de PME à s’engager dans les élections municipales. Etes-vous inquiet du climat actuel ?

On voit une montée des extrêmes, avec des organisations qui proposent le non-paiement des impôts. Il faut rester sérieux. La situation est difficile pour les petites entreprises, avec des carnets de commandes peu étoffés, des délais de paiement longs car la loi LME n’est pas appliquée. Mais elle ne justifie pas de telles mesures. On ne va pas faire la révolution de la fiscalité en huit jours. Mais j’ai la certitude que l’Etat peut redonner la confiance s’il fixe un but clair.

Propos recueillis par Solène Davesne

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