Dassault s’est-il vu imposer son partenaire indien pour le Rafale?

En Inde, le choix du partenaire de Dassault, Reliance Group, fait polémique. Et François Hollande a jeté de l'huile sur le feu. Semant des doutes sur les conditions qui ont entouré la signature du plus gros contrat en aéronautique militaire pour la France: la vente de 36 Rafale à l'Inde, pour près de 8 milliards d'euros, annoncée il y a deux ans.

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Dassault s’est-il vu imposer son partenaire indien pour le Rafale?
Il y a deux ans, le gouvernement de François Hollande signait un contrat pour vendre 36 Rafale à l'Inde.

Il y a deux ans, presque jour pour jour, le ministre de la Défense français de l’époque Jean-Yves Le Drian et les industriels de la Team Rafale (Dassault Aviation, Thales, Safran) faisaient sauter le champagne : à New Delhi, ils venaient de parapher un contrat de plus de 10 000 pages organisant la vente de 36 Rafale par la France vers l'Inde. Un contrat de près de 8 milliards d'euros. "C'est le plus gros contrat d'aéronautique militaires signé par la France", se félicitait un proche du ministre. Les livraisons des Rafale indiens doivent démarrer en 2019 et s'échelonner sur deux ou trois ans.

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Un proche du Premier ministre privilégié?

Deux ans plus tard, en pleine campagne électorale, l'opposition indienne accuse son gouvernement d'avoir favorisé un conglomérat privé, Reliance Group, dirigé par le magnat Anil Ambani, sans expérience préalable dans le domaine de l'aéronautique mais présumé proche du Premier ministre.

L’opposition lui reproche d’avoir bénéficié d'une partie des "compensations" contractuelles de Dassault, au détriment de l'entreprise publique Hindustan Aeronautics Limited (HAL), avec laquelle l'industriel français avait pourtant négocié durant plusieurs années dans le cadre d'un appel d'offres pour 126 avions de chasse, majoritairement assemblés en Inde, avant que la tractation n’échoue.

Alors qu’officiels indiens et français assuraient jusqu’alors que Dassault avait librement choisi de s'associer à Reliance Group, l'ancien président de la République française François Hollande a semé le doute dans un article de Mediapart mis en ligne vendredi 21 septembre. "Nous n'avons pas eu le choix, nous avons pris l'interlocuteur qui nous a été donné", a-t-il déclaré au site d’information. "Nous n'avions pas notre mot à dire à ce sujet" ; "C'est le gouvernement indien qui a proposé ce groupe de services, et Dassault qui a négocié avec Ambani."

Le gouvernement indien et Dassault répliquent

Ce que réfute le gouvernement indien: "ni le gouvernement indien ni le gouvernement français n'avaient eu leur mot à dire dans cette décision commerciale", a répliqué le ministère indien de la Défense sur twitter.

Or si les Rafale ne seront pas produits en Inde mais prélevés directement de la chaine d'assemblage de Mérignac en Gironde, les industriels français se sont engagés à des contreparties, les fameux "offsets" dans le jargon militaire. Ainsi, Dassault Aviation, Safran, Thales et MBDA essentiellement, s'engagent à investir 50% de la valeur du contrat en Inde sous forme d'investissements, d'achats d'équipements ou de technologies. Dassault et Reliance Group ont notamment annoncé la création d'une coentreprise, Dassault Reliance Aerospace, dans laquelle l’industriel français a investi plus de 100 millions d'euros.

Si le contrat portant sur la fourniture de 36 Rafale "est établi de gouvernement à gouvernement", la "décision" de conclure un partenariat avec Reliance "est le choix de Dassault Aviation", insiste pour sa part l'industriel français dans un communiqué envoyé le 21 septembre au soir.

"Ce partenariat a conduit à la création de la JV Dassault Reliance Aerospace Ltd (DRAL) en février 2017. Dassault Aviation et Reliance ont construit à Nagpur une usine pour produire des pièces de Falcon et de Rafale. Le choix du site de Nagpur a été motivé par la disponibilité de terrains avec accès direct à une piste d’aéroport, condition essentielle à toute activité aéronautique." Par ailleurs, "des partenariats ont également été signés avec d’autres entreprises indiennes telles que BTSL, DEFSYS, Kinetic, Mahindra, Maini, SAMTEL,... Des négociations sont en cours avec une centaine d’autres partenaires potentiels", conclut pour sa part Dassault.

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