Pour EDF, "entre 10 et 20 sites sont proposés" pour une nouvelle piscine de stockage de déchets radioactifs

Une enquête publiée par Reporterre le 13 février 2018 assure qu'EDF a choisi le site de Belleville-sur-Loire (Cher) pour construire une piscine de stockage de déchets nucléaires. L'électricien confirme qu'un projet de construction est en cours d'analyse mais dément avoir choisi ce lieu. 

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Pour EDF,
Piscine d'entreposage des combustibles usés Aréva à La Hague.

Le magazine Reporterre, assure qu’EDF et l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) auraient pour projet de construire un nouveau bassin de stockage. L’enquête "révèle que la centrale de Belleville-sur-Loire, dans le Cher, a été choisie pour les accueillir". Contacté par la rédaction, EDF nie cette dernière information.

EDF confirme qu’un projet de nouvelle piscine est en cours mais indique que le choix du lieu est encore à l'étude. "Un groupe de travail a été lancé début 2017 à la demande du gouvernement dans le cadre du Plan national de gestion des matières et des déchets radioactifs (PNGMDR) dans lequel il y a EDF mais aussi des ONG comme Greenpeace et France Nature par exemple, dans le but de créer une piscine de stockage de déchets nucléaires", indique l’entreprise à la rédaction de l’Usine Nouvelle.

Selon elle, l’ASN a demandé à EDF de faire un dossier d’option de sûreté dans lequel l’entreprise détaille les types d’installation, ce qu’elle peut proposer... qui a été rendu en avril 2017. "Il est en cours d’analyse et les résultats seront délivrés fin 2018 ou au cours de 2019", explique-t-elle.

Il n’y a plus de place dans les zones de stockage

Le Plan national 2016-2018 souligne dans le compte rendu que "de nouvelles capacités d’entreposage pour ces combustibles seront nécessaires entre 2025 et 2035. EDF étudie les options pour disposer de nouvelles capacités à cet horizon."

Philippe Sasseigne, directeur de la production Nucléaire chez EDF a déjà confirmé dans un point presse le 30 janvier 2018 que des piscines centralisées existent, situées sur le site d’Areva de la Hague. "Nous estimons, en liaison avec les personnels d’Areva, que l’on va vers une saturation potentielle de ces piscines vers 2030. Cela pourrait nous obliger à avoir une piscine complémentaire à cet horizon-là. D’où le dossier que nous avons commencé à instruire et que nous avons présenté à l’ASN", explique-t-il. Et d’ajouter que "c’est bien une piscine complémentaire à celle de la Hague". Il y a une "recherche de site à plusieurs endroits. Mais il n’y a pas de décision prise sur ce sujet."

EDF précise qu’il y a "entre 10 et 20 sites qui sont proposés à côté des centrales EDF mais aussi sur les anciens sites". L’entreprise "doit encore affiner les caractéristiques de chacun, par exemple vérifier les risques sismiques, etc..." et souligne une nouvelle fois qu’ "aucune décision n’a été prise, ce sera soumis à l’ASN, au gouvernement et il y aura une concertation locale."

A quoi servent ces piscines ?

"Les piscines des usines de La Hague permettent d'entreposer les combustibles en attente de traitement, en vue de valoriser les matières radioactives qu'ils contiennent", explique le PNGMDR 2016-2018. Philippe Sasseigne le confirme : "les piscines sur les sites, on en aura toujours besoin. C’est là que l’on garde le combustible usé que l’on a déchargé le temps de pourvoir l’envoyer à la Hague. En général au bout de un à deux ans le temps du refroidissement."

Selon l’enquête de Reporterre, la piscine de stockage en cours de projet "pourrait accueillir entre 6 000 et 8 000 tonnes de métal lourd irradié", soit "l’équivalent de 69 à 93 cœurs de réacteur nucléaire de combustibles brûlants et hautement radioactifs ", et accueillera "en priorité du Mox ("mélange d’oxydes", mélange d’uranium et de plutonium).

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