Selon Airbus et la RATP, le transport urbain volant est pour bientôt

Lors du sommet Tech for good, qui s'est tenu le 15 mai à l’Élysée, les deux fleurons français du transport ont déclaré unir leurs forces pour développer un réseau de taxis volants autonomes d'ici cinq ans. Si, de l'avis des partenaires, les briques techniques sont d'ores et déjà disponibles, ce projet ambitieux aura à relever de nombreux défis.

 

Partager
Selon Airbus et la RATP, le transport urbain volant est pour bientôt
Airbus a développé un prototype de véhicule volant avec le constructeur automobile Audi

Airbus et la RATP nous propulsent entre les gratte-ciels du film Le Cinquième élément. Ce mercredi 15 mai, lors du sommet Tech for good à l’Élysée, le géant français de l’aéronautique et la régie des transports parisiens ont annoncé un partenariat pour « explorer la faisabilité » de véhicules volants autonomes comme transports publics dans la capitale.

L’objectif de ce tandem : proposer des services de mobilité urbaine aérienne (Urban Air Mobility, UAM) « à coût maîtrisé » pour être « accessible au plus grand nombre », précise le communiqué. La RATP table sur « des navettes de quatre à six places dans les cinq ans à 1 ou 2 euros par kilomètre ». Contacté par téléphone, Mathieu Dunant, directeur de l'innovation du groupe public, nuance et vise une échéance entre cinq et sept ans pour « la mise en place des premiers services ». D'ici là, les deux sociétés prévoient « un large écosystème de partenaires pertinents » mais ne précisent pas à quelles entreprises elles feront appel.

Des technologies à affûter

Les taxis volants ne sont « plus de la science-fiction », assure dans ce communiqué Guillaume Faury, président exécutif d’Airbus. « C’est un fait. Nous disposons des briques techniques mais il faut les harmoniser afin de les intégrer dans la vie quotidienne des usagers sans remettre en cause notre priorité, la sécurité. La connaissance [de la RATP dans] l’usager, ses besoins et les services associés en fait le partenaire idéal pour Airbus. »

L’avionneur, de son côté, n’en est pas à son premier coup d’essai en ce qui concerne les véhicules volants autonomes. Après le projet d’hybride drone quatre hélices-voiture autonome, baptisé Pop.Up Next, développé en 2018 avec Italdesign et Audi, Airbus travaille sur deux taxis volants. Vahana , aéronef de 745 kilos pour une longueur de 5,8 mètres et une envergure de 6 mètres, accueillant deux passagers et équipée de huit moteurs électriques de 45kW chacun, a réalisé un vol complet en février depuis l’aéroport de Pendleton, dans l’Oregon. L’engin est développé par A³, une filiale d’Airbus basée en Californie. CityAirbus, véhicule plus imposant encore (quatre places), a, lui, réussi son premier vol d’essai le 3 mai dernier à Donauwörth, en Allemagne.

S'adapter au milieu urbain

Mais pour l’instant, s’il pointe à 120km/h grâce à ses huit moteurs de 100 kW chacun, CityAirbus n’a que 15 minutes d’autonomie… Et ce n’est qu’une des nombreuses contraintes de ces véhicules volants, qui doivent aussi faire face à des problèmes de stockage et de recharge d’énergie, de sécurité, de communication avec la base au sol et de législation de vol – particulièrement en milieu urbain.

En pleine transition de sa flotte de 4 500 bus alimentés aux deux-tiers en électrique et un-tiers en biogaz, la RATP veut apporter son expertise en recharge de batteries : « Que ce soit un bus ou un taxi volant, certes les puissances de charge sont différentes mais les problématiques restent les mêmes », affirme Mathieu Dunant.

Autre défi : adapter les gares RER en « vertiports » pour le décollage et l’atterrissage de ces aéronefs. « Ces taxis volants ne remplaceront pas les moyens de transports actuels, précise Mathieu Dunant. Mais on cherche à offrir la palette de services la plus large possible à nos utilisateurs. A l’heure où je vous parle, nos ingénieurs ont déjà commencé à travailler avec ceux d’Airbus. »

Les deux géants français du transport sont pressés par leurs concurrents, eux aussi très présents sur la scène tech ces derniers jours. Le Français Ascendance Flight Technologies était ce 16 mai à l’Espace Discovery d’EDF au salon Viva Tech, à Paris. Quant à l’entreprise allemande Lilium, elle vient tout juste de diffuser une vidéo du premier vol d’essai de son Lilium Jet, un aéronef autonome entièrement électrique pour cinq personnes.

Kévin Poireault

Sujets associés

NEWSLETTER L'hebdo de la techno

Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles clés de l'innovation technologique

Votre demande d’inscription a bien été prise en compte.

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes...

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes du : Groupe Moniteur Nanterre B 403 080 823, IPD Nanterre 490 727 633, Groupe Industrie Service Info (GISI) Nanterre 442 233 417. Cette société ou toutes sociétés du Groupe Infopro Digital pourront l'utiliser afin de vous proposer pour leur compte ou celui de leurs clients, des produits et/ou services utiles à vos activités professionnelles. Pour exercer vos droits, vous y opposer ou pour en savoir plus : Charte des données personnelles.

LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES PODCASTS

A Grasse, un parfum de renouveau

A Grasse, un parfum de renouveau

Dans ce nouvel épisode de La Fabrique, Anne Sophie Bellaiche nous dévoile les coulisses de son reportage dans le berceau français du parfum : Grasse. Elle nous fait découvrir un...

Écouter cet épisode

Les recettes de l'horlogerie suisse

Les recettes de l'horlogerie suisse

Dans ce nouvel épisode de La Fabrique, notre journaliste Gautier Virol nous dévoile les coulisses de son reportage dans le jura suisse au coeur de l'industrie des montres de luxe. 

Écouter cet épisode

Le rôle des jeux vidéo dans nos sociétés

Le rôle des jeux vidéo dans nos sociétés

Martin Buthaud est docteur en philosophie à l'Université de Rouen. Il fait partie des rares chercheurs français à se questionner sur le rôle du jeu vidéo dans nos...

Écouter cet épisode

Les coulisses d'un abattoir qui se robotise

Les coulisses d'un abattoir qui se robotise

Dans ce nouvel épisode de La Fabrique, Nathan Mann nous dévoile les coulisses de son reportage dans l'abattoir Labeyrie de Came, dans les Pyrénées-Atlantiques, qui robotise peu à peu...

Écouter cet épisode

Tous les podcasts

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

Trouvez les entreprises industrielles qui recrutent des talents

WESER

Technicien Qualité (H/F)

WESER - 03/10/2022 - CDI - TOURS

+ 550 offres d’emploi

Tout voir
Proposé par

Accédez à tous les appels d’offres et détectez vos opportunités d’affaires

92 - Vaucresson

Exploitation, gestion et entretien de deux établissements d'accueil du jeune enfant de la Croix Blanche et Jardy

DATE DE REPONSE 11/07/2022

+ de 10.000 avis par jour

Tout voir
Proposé par

ARTICLES LES PLUS LUS