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Ségolène Royal vise une baisse jusqu’à 15 % de la production nucléaire en 2023

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Soumis à consultation auprès du comité nationale de la transition énergétique, le plan de programmation pluriannuelle de l’énergie prévoit une baisse de 10 à 65 TWh de la production d’origine nucléaire.

Ségolène Royal vise une baisse jusqu’à 15 % de la production nucléaire en 2023

Vendredi 1er juillet, la ministre de l’Environnement et de l’Energie Ségolène Royal a mis en consultation auprès du comité national pour la transition énergétique (CNTE) son plan de programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Ce texte, attendu depuis plus de six mois, doit tracer la feuille de route pour respecter les principaux engagements de la loi de transition énergétique comme augmenter la part des renouvelables à 32 % du mix électrique en 2030 ou baisser la part du nucléaire de 75 à 50 % du mix électrique d’ici à 2025.

Jusqu’à maintenant ce second objectif restait flou. Désormais, on y voit - un petit peu - plus clair. Dans le document remis au CNTE, on peut lire que "la réduction de la production annuelle d’électricité d’origine nucléaire réalisée en 2023 se situe entre 10 TWh et 65 TWh". Il est précisé que cette baisse proviendra de "la fermeture de la centrale de Fessenheim" et d’autres paramètres comme "les fermetures et les prolongations de réacteurs".

Une partie du parc prolongée

Ces 10 à 65 TWh sont à comparer aux 415 TWh produits en moyenne chaque année par les 58 réacteurs du parc nucléaire français. EDF a même pour objectif de porter cette production à 420 TWh à travers une meilleure maîtrise de ses arrêts de tranche.  Cela représente 2,5 à 15 % de la production actuelle. La centrale de Fessenheim (Haut-Rhin) produit pour sa part entre 12 et 14 TWh par an. Lorsqu’elle sera mise à l’arrêt, cette perte de production sera à peu près comblée par la mise en service de l’EPR de Flamanville (Manche), prévue au quatrième trimestre 2018.

Rappelant que l’Autorité de Sûreté nucléaire (ASN) prendra ses décisions d’autorisation de la prolongation de la durée de vie des réacteurs nucléaires au-delà de 40 ans à partir de 2019, le document explique que "les décisions de fermeture ne devront pas remettre en cause la sécurité d’approvisionnement, ni conduire à une augmentation des émissions de CO2 du parc de production d’électricité ou dégrader le pouvoir d’achat des ménages et la compétitivité industrielle (…) la prolongation d’au moins une partie des réacteurs sera nécessaire pour garantir la sécurité d’approvisionnement tout en s’inscrivent pleinement dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre du mix électrique. Elle accompagnera la fermeture d’autres réacteurs", explique le document.

Ludovic Dupin

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3 commentaires

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06/07/2016 - 10h17 -

Toute contrainte sur une centrale, notamment un arrêt prématuré, devra être indemnisée par l’État (plusieurs milliards d'€ par unité !!) : inutile de préciser que notre pays n'a pas les moyens de s'offrir une telle folie. D'autant que l'arrêt d'une centrale nucléaire et la construction de l'équivalent en énergie d'éoliennes ou panneaux photovoltaïques aurait pour effet : - d'augmenter les émissions de CO2 car l'intermittence de ces énergies impose une compensation, au mieux réalisée par des centrales à gaz, au pire au charbon (cf l'Allemagne) - d'augmenter substantiellement les taxes (CSPE) payées par tous les consommateurs, donc de réduire leur pouvoir d'achat En réalité, l’État n'a pas le moyens et surtout la compétence pour gérer la production industrielle, et c'est heureux. On n'est pas au 5ème plan ni dans une économie administrée. Il faudrait que Ségolène l'admette avant de continuer à faire des dégâts.
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05/07/2016 - 07h30 -

Elle serait plus utile à pédaler sur un vélo pour fournir de l'énergie
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04/07/2016 - 18h11 -

Baisser la part du nucléaire de 75 à 50 % du mix électrique d’ici à 2025 et baisse jusqu’à 15 % de la production nucléaire en 2023: Vous faites comment Madame Royal? Va bien falloir commencer à nous expliquer cela. Sérieusement!
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