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Ségolène Royal réaffirme son volontarisme en faveur des énergies renouvelables

Manuel Moragues , , ,

Publié le

La ministre de l’Ecologie a ouvert, le mardi 1 er juillet, le colloque national Biomasse qui se tient jusqu’au 2 juillet à la Défense. L’occasion pour Ségolène Royal de marteler son engagement en faveur des bioénergies et des énergies renouvelables en général.

Ségolène Royal réaffirme son volontarisme en faveur des énergies renouvelables © @Ségolène Royal - Flickr C.C.

L’occasion était belle. Moins de deux semaines après avoir présenté son projet de loi sur la transition énergétique, le 18 juin,  Ségolène Royal a ouvert ce mardi 1er juillet la quatrième édition du colloque national Biomasse. "Au moment où j’accélère la transition énergétique, je compte sur vous pour prendre votre part dans cette accélération", a lancé la ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie aux professionnels réunis à la Défense. Avant d’ajouter : "J’entends faire en sorte que la biomasse occupe une place très importante dans le nouveau modèle énergétique français."

La biomasse est déjà, et de loin, la première énergie renouvelable en France et dans le monde. Si l’on met de côté le chauffage au bois domestique et les biocarburants, elle ne rétrograde qu’au deuxième rang des énergies renouvelables en France, juste derrière l’hydroélectricité. La moitié de l’objectif de 23% d’énergies renouvelables en France à l’horizon 2020 repose sur la biomasse. Dans le scénario de l’Ademe permettant à la France de diviser par quatre ses émissions de CO2 d’ici à 2050, la biomasse devra représenter à cet horizon environ un quart de la consommation d’énergie du pays.

Fonds chaleur et autorisation unique ICPE

Ségolène Royal a affiché son volontarisme pour développer la biomasse en réaffirmant et en précisant les engagements annoncés le 18 juin. Le fonds Chaleur de l’Ademe, qui soutient les chaudières biomasse et les réseaux de chaleur associés, verra son budget doublé en trois ans, à environ 420 millions d’euros. "Mais si tous les crédits sont consommés en un an, on renouvellera. Il n’y a pas de limite", a déclaré la ministre, avant d’exhorter les professionnels du secteur à ne pas perdre de temps : "C’est tout de suite qu’il faut agir."

De même, "l’appel à projets que je suis en train de lancer pour 1500 projets de méthanisation  [la production de biogaz à partir de biomasse] sur trois ans pourra être renouvelé si on va plus vite", a lancé Ségolène Royal. La rapidité est encore mise en avant par la ministre avec son intention de généraliser au plus vite l’expérimentation lancée en mars 2014 sur l’autorisation unique en matière d’installations classées (ICPE) qui doit accélérer notamment la mise en œuvre de projets éoliens et de de méthanisation. "Je veux qu’un projet puisse être réalisé en deux ans maximum, pas en quatre ou cinq ans", a martelé Ségolène Royal.

"Ce n’est pas que du vent"

La détermination de la ministre est appréciée. "Son discours est extrêmement positif sur la biomasse et sur l’ensemble des énergies renouvelables", se félicite Jean-Louis Bal, le  président du Syndicat des énergies renouvelables (SER). Et de poursuivre : "Ce n’est pas du vent. Le volontarisme et le poids politique de la ministre produisent des résultats." Le doublement du fonds Chaleur de l’Ademe et la simplification du crédit d’impôt développement durable, qui abandonne l’obligation de bouquet de travaux pour revenir à un crédit d’impôt par équipement, sont des avancées saluées par Damien Mathon, délégué général du SER : "Ces deux mesures ont été des bonnes surprises pour nous. Les arbitrages dont elles découlent n’ont certainement pas été simples à obtenir."

Outre la simplification des autorisations, le gros dossier pour les industriels des énergies renouvelables reste l’évolution du mécanisme de soutien. Les tarifs de rachat devront laisser progressivement place, au moins pour les moyennes et grandes installations, à un dispositif associant vente sur les marchés de l’énergie et prime. Le calendrier et les modalités de cette évolution doivent encore être précisés. Une occasion de plus pour la ministre de faire preuve de son volontarisme.

Manuel Moragues

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