Ségolène Royal démarre la route solaire sur les chapeaux de roues

La ministre de l’Environnement Ségolène Royal inaugue ce jeudi 22 décembre, en Normandie, la première route solaire au monde. La première dalle solaire des 1000 kilomètres qu’elle veut voir installés en cinq ans. Si la technologie est séduisante, son déploiement si rapide à grande échelle paraît aberrant.

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Ségolène Royal démarre la route solaire sur les chapeaux de roues

Quelle accélération ! Quelques mois à peine après que la route solaire de Colas ait été dévoilée, la ministre de l’Environnement a inauguré la toute première route solaire, ce jeudi 22 décembre. Le 21 mars dernier, avait été posée "une dalle du premier chantier de route solaire en France à Marseille", comme l’explique un communiqué du ministère. Et de poursuivre : "Cette étape marque le lancement du programme des 1 000 kilomètres de la route solaire en France" que Ségolène Royal avait annoncé lors de la COP 21, en décembre, puis confirmé en janvier 2016. C’est un premier pas modeste, avec 15 mètres carrés prévus, mais l’ambition est forte.

La ministre s’est donné cinq ans pour réaliser ces 1000 km. Et veut démarrer très vite. Le communiqué du ministère décline les étapes prévues : mobilisation des acteurs privés avec l’appel à projet "Route du futur" du programme d’investissement d’avenir avec remise des dossiers au printemps 2016 ; définition d’ici le printemps 2016 par l’État du cadre réglementaire de déploiement de la route solaire ; généralisation à partir de 2016 des expérimentations ; industrialisation à partir de 2017 et déploiement.

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Prouesse technologique

Pas d’hésitation, pas de temps mort, on fonce ! De quoi se féliciter, selon le ministère : "La France confirme ainsi son engagement dans la lutte contre le réchauffement climatique grâce à des solutions profondément novatrices, uniques au monde."

La technologie, baptisée Wattway, que la filiale de Bouygues a développé représente en effet une prouesse a priori inégalée : il s’agit de dalles de panneaux solaires encapsulés dans une résine protectrice que l’on peut coller sur des routes existantes. Colas revendique une épaisseur de seulement 7 millimètres et une capacité de production d’électricité de 110 Watts par mètre carré, à peine moins qu’un module photovoltaïque standard. Des performances impressionnantes pour un panneau capable de se faire rouler dessus par un 36 tonnes.

Moins d'électricité produite

Seulement, voilà : pourquoi voudrait-on en aligner 1 000 km ? Et surtout si vite ? Cette technologie dispose d’un retour d’expérience plus que limité et souffre, au moins en théorie de sérieux handicaps : un panneau à l’horizontal produit 10% à 15% de moins d’électricité qu’un panneau incliné classiquement à 35°. La résine absorbe forcément de la lumière donc limite le rendement (2% perdu selon Colas). La route est exposée à bien plus de salissures susceptibles de réduire l’illumination. La durée de vie sera difficilement à la hauteur des 20 à 25 ans des panneaux classiques. Donc la route solaire devrait générer largement moins d’énergie au mètre carré qu’un panneau classique.

six fois le coût d'une centrale solaire au sol !

Elle coûtera en revanche beaucoup plus cher. Colas a annoncé un coût d’investissement de six euros le Watt installé. C’est six fois le coût d’une centrale solaire au sol ! Le solaire en France est enfin devenu compétitif – les développeurs ont offert des prix de l’électricité descendant à 70 euros/MWh lors du dernier appel d’offres. Le temps des subventions faramineuses est terminé. Pourquoi relancer un solaire version "high-cost" ? Le gouvernement et Ségolène Royal en particulier ont redonné des couleurs au solaire en France. Le soutien à de nouvelles technologies est louable. Mais 1000 km ? Cela représenterait plusieurs milliards d’euros d’investissement ! L’accélération confine à la sortie de route.


Manuel Moragues

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