Economie

Sécurité sociale : l’industrie pharmaceutique mettra encore la main à la poche

Gaëlle Fleitour , , , ,

Publié le

Même diagnostic et même remède que l’année dernière : pour réduire le déficit de la Sécurité sociale, le PLFSS prévoit un milliard d’euros de baisses de prix sur les médicaments et les dispositifs médicaux.

Sécurité sociale : l’industrie pharmaceutique mettra encore la main à la poche © Roche

Les industriels de la santé s’y attendaient… Ils n’ont pas été épargnés par le nouveau projet de loi de financement de la sécurité sociale 2013 (PLFSS) présenté ce lundi midi par la Ministre des Affaires sociales et de la Santé Marisol Touraine et le Ministre délégué chargé du Budget Jérôme Cahuzac.

"Un effort sera demandé aux industriels", annonce d’emblée Marisol Touraine. Au programme : plus d’un milliard d’euros de baisses de prix sur les médicaments princeps, les génériques et les dispositifs médicaux, dont 876 millions d’euros en pharmacies et 150 millions d’euros à l’hôpital. L’objectif ? "Obtenir des économies spécifiques sur le médicament, car la France reste un pays dans lequel on consomme plus en volume par rapport aux pays comparables et à des prix plus élevés", estime Marisol Touraine.

Les renégociations de prix concerneront notamment les médicaments ayant perdu leur brevet mais n’ayant pas de générique (une copie généralement vendue 40% moins cher) pour les concurrencer, ou encore les molécules d’une même classe thérapeutique pour en harmoniser les prix.

Le gouvernement espère par ailleurs réaliser 605 millions d’euros d’économiques en encourageant la réduction des prescriptions et surtout en favorisant la substitution entre un traitement et son générique. Quitte à organiser une nouvelle campagne sur les génériques. Des économies qui devraient permettre d’amorcer un futur plan Cancer et un futur plan Alzheimer étendu aux maladies neurodégénératives, selon Marisol Touraine.

Régler l’affaire Avastin/Lucentis de cet été

La ministre de la Santé compte aussi profiter de ce projet de loi pour introduire une mesure destinée à éviter que ne se reproduise l’affaire Avastin/Lucentis, qu’elle n’avait pas pu régler cet été. Le médicament Lucentis du laboratoire Novartis est le seul produit autorisé en France pour le traitement de la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA).

Cette situation de monopole, renforcée par l’interdiction d’utilisation "hors autorisation de mise sur le marché (AMM)" instaurée par la réforme sur le système du médicament suite à l’affaire Mediator, expliquait son prix élevé : 800 euros par injection mensuelle. Un coût qui avait conduit des praticiens hospitaliers à prescrire à la place l'anticancéreux Avastin du laboratoire suisse Roche (30 à 50 euros par injection). Or cet usage "hors AMM" de l’Avastin avait été interdit cet été par la direction générale de la Santé, suscitant l’émoi des médecins et patients. Une interdiction qui ne devrait plus se reproduire, car le PLFSS devrait entériner « la possibilité par les pouvoirs publics, sur des bases scientifique validées, de permettre la prescription d’une spécialité même lorsque le laboratoire ne demande pas l’AMM pour l’indication concernée ». Le laboratoire disposerait alors d’une autorisation temporaire d’utilisation.

Des mesures injustifiées selon l’industrie

La réforme sur le système du médicament mise en place par le gouvernement précédent sera renforcée. Les visiteurs médicaux envoyés par les laboratoires seront systématiquement accueillis collectivement dans les hôpitaux, une mesure dont la Haute Autorité de Santé devra mesurer l’impact sur les prescriptions. Et la publicité sera interdite pour les médicaments non remboursables, si leur nom rappelle celui d’une spécialité remboursable. Au final, "des mesures injustifiées et inadaptées aux objectifs de redressement productif du gouvernement ", s’insurge déjà le syndicat de l’industrie pharmaceutique (Leem). Selon lui, "le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, présenté aujourd’hui, fait à nouveau peser sur les entreprises du médicament l’essentiel des économies (près de 50%), alors que le médicament ne représente que 15% des dépenses d’Assurance maladie."

Les industries du tabac et de la bière mises à contribution
"Premières causes de mortalité évitables en France", le tabac et l’alcool devraient aussi voir leur consommation diminuer suite aux mesures prises dans le cadre du PLFSS. Car les droits sur les tabacs et sur la bière seront relevés, pour rapporter respectivement 250 millions d’euros en année pleine et 480 millions d’euros à la Sécurité Sociale. Les clients devraient en payer le prix… "Soit les fabricants intègrent la hausse de la fiscalité à leur détriment, ce qui est rarement le cas, soit ils l’impactent sur les prix", reconnaît Jérôme Cahuzac.

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1 commentaire

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02/10/2012 - 07h58 -

NON l'industrie ne finance pas le plan médicament, 1/3 environ est financé par les PHARMACIENS, et cela depuis 5 ans. Donnez des informations exactes. Nous en avons assez de l'a peu près des journalistes.
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