Sécurité : Prévention d'incendie, trois règles à respecter

Plus de 11000 incendies condamnent chaque année les industriels sinistrés au dépôt de bilan dans les trois ans. Pour éviter l'irréparable, il faut évaluer sa vulnérabilité, définir son plan de prévention et mobiliser tous ses salariés.

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Lorsque Roland Rebeyrole, le P-DG des Tripes Paillard SA (40millions de francs de chiffre d'affaires), décide d'agrandir son usine normande, spécialisée dans la préparation de tripes cuisinées, l'éventualité d'un incendie ne l'effleure pas. Cette PMI de 40personnes consacre en effet plus de 50000francs à la prévention d'incendie chaque année: elle entretient ses extincteurs mobiles et autres robinets d'incendie armés et se plie à la vérification annuelle de ses équipements à risque par le bureau de contrôle local. Ces deux conditions sont d'ailleurs nécessaires au maintien du certificat de conformité exigé par son assureur. Tout risque est-il pour autant écarté? Non. Car les étincelles d'une soudure mal contrôlée lors de travaux vont provoquer un incendie, lequel sera contenu par le personnel de l'usine jusqu'à l'arrivée des pompiers. Trois ans après, Roland Rebeyrole évoque encore le montant du sinistre: 200000francs. L'entreprise avait pourtant respecté les règles fixées par l'Apsad (Assemblée plénière des sociétés d'assurance dommage), l'organisme qui détermine les conditions d'assurabilité des bâtiments, des équipements et des marchandises. Prescripteur et vérificateur, l'Apsad contrôle le cycle complet de l'assurance industrielle: il certifie le "matériel incendie" (norme A2P), qualifie les installateurs (qualification Apsad) et définit les règles de mise en oeuvre des équipements. Ces règles ont force de loi, car elles conditionnent la prise en charge des risques par les compagnies d'assurances. Remplir les conditions d'assurabilité est un minimum, mais ce n'est pas suffisant. Parce que le risque d'incendie est difficile à isoler des autres risques, l'approche préventive doit être générale. La sécurité "incendie" résulte d'une démarche volontaire de l'entreprise qui, pour être efficace, doit s'appuyer sur "l'engagement total de la direction générale, la mise en place d'une organisation de lutte claire et la mobilisation de tous les effectifs", affirme Daniel Canapa, le directeur de la Sécurité civile. La multiplication des sinistres l'impose. En dix ans, le nombre d'interventions des pompiers a doublé (37200 pour les seuls incendies industriels par an, dont 11000 se traduisent par un dépôt de bilan), alourdissant du même coup les pertes en hommes (une dizaine de morts, plus de 45 blessés graves par an) et en matériels. En sept ans, l'incendie industriel est devenu la bête noire des assureurs: leur branche "risque industriel" reste résolument dans le rouge (300millions de pertes en 1993) tant les indemnités versées sont importantes (plus de 4milliards en 1994). A noter l'importance des "petits" incendies: 97% des incendies industriels sont des sinistres de moins de 1million de francs. Eviter l'incendie ne relève pourtant pas d'une mission impossible. Pour réussir, le groupe pharmaceutique Glaxo a développé sur son site d'Evreux, dans l'Eure, une approche qui atteste qu'il n'est pas tant question de moyens que d'état d'esprit. Et ça marche! Un seul extincteur a été utilisé, en dix ans, pour circonscrire avec succès... un feu de poubelle. Un exploit! Pour le lauréat de l'Oscar 1995 de la sécurité incendie (décerné par la Fédération française des matériels incendie), il est surtout question d'exigence et de mobilisation. "Chez nous, c'est un engagement de chacun", déclare Luc Parent, le responsable de la sécurité du site, qui affirme compter sur plus de 960responsables de la sécurité... La totalité des effectifs, en somme! On pourrait alors croire que la qualité d'un plan de prévention dépend des ressources financières mises en oeuvre, et donc de la taille de l'entreprise. Or, avec le même budget, certains industriels ont de très bons résultats, d'autres de mauvais. En fait, la taille de l'entreprise importe peu. L'efficacité dépend en grande partie de l'effort dans la durée. Car la performance en matière de sécurité incendie résulte moins d'un investissement ponctuel que d'une démarche méthodique. D'ailleurs, pour certains industriels, la démarche "sécurité" s'apparente à une démarche "qualité": rigueur et mobilisation. Il faut d'abord analyser son risque, puis mettre en place son plan de prévention et former les hommes.

Bien connaître les risques

Evaluer sa vulnérabilité, c'est détecter les risques qui peuvent mettre en cause la pérennité de l'entreprise. La première étape consiste donc à déterminer "les points dangereux" (les actions ou matières concentrant un risque important) et les "points névralgiques" (qui, en cas de destruction, mettent en péril la vie de l'établissement). Il n'existe pas là de règle générale. Et les risques sont spécifiques à chaque activité: qu'ils concernent les installations, les matières premières ou les procédés de fabrication. La détection relève de la responsabilité de chaque salarié. Voilà pourquoi il est préférable d'envisager une démarche "interne" d'évaluation (lorsque les moyens le permettent). En effet, "qui, mieux que le personnel, connaît l'unicité de la production?", souligne Daniel Legrand, le président de l'Agrépi (association regroupant les 700cadres et ingénieurs du Centre national de prévention et de protection - CNPP). Cela permettra de suivre au plus près les changements dans l'entreprise. Car mieux vaut garder un oeil sur l'évolution de la production. Avec l'utilisation de nouveaux produits (inflammables, par exemple) ou de nouvelles techniques de fabrication, l'entreprise va devoir adapter ses moyens de prévention en hommes et en matériels pour rendre son plan de prévention vivant, "en relation perpétuelle avec l'environnement dans lequel s'effectuent ses activités", remarque Alain Ricou, responsable de la commission de prévention d'incendie à l'Amrae (Association pour le management des risques et des assurances en entreprises, qui compte 350membres) et "risk manager" chez IBM France. Identifier les points dangereux, trouver une réponse appropriée et savoir l'adapter: tel est l'objectif que s'est fixé Bernard Hellec, le directeur de l'usine de Tréfimétaux, à Sérifontaine (Oise), spécialisée dans le laminage du cuivre et de ses alliages. Grâce à une démarche sécurité en tout point comparable à la démarche qualité en cours, l'équipe de l'usine a procédé à l'analyse des points dangereux propres à l'activité métallurgique. "Nous savons, par exemple, que les laminoirs utilisant des lubrifiants à base d'huiles minérales représentent un risque élevé en cas de rupture de bande", remarque Bernard Hellec. Or un risque lié directement à l'utilisation d'un équipement nécessite une extinction couplée à la machine. "Nous avons donc décidé de développer une procédure spécifique", explique le directeur de l'usine. Un choix judicieux. C'est le système de détection et d'extinction automatique qui a permis de circonscrire l'incendie du laminoir Schmitz en 1991. Ce système est constitué de trois types de détecteurs"Sur les deux zones du laminoir sont répartis un détecteur de fumée, un autre à élévation de température et un troisième à lecture optique", explique Yves Caux, technicien de la maintenance incendie. Le déclenchement des alarmes visuelle et sonore avertit de la projection de CO2, et entraîne l'évacuation immédiate des trois personnes travaillant sur l'engin. "Les quarante-trois bouteilles chargées de gaz sont percutées et déclenchent l'extinction en substituant le CO2 à l'oxygène", explique Yves Caux. Temps de réaction entre la détection et l'émission du gaz: trente secondes. Ce système automatique d'extinction a déjà fonctionné cinq fois depuis son installation, il y a douze ans. Son coût: 350000francs (soit 0,2% du prix du laminoir) pour le seul rechargement des bouteilles. Le prix d'un tel système de détection/ extinction reste malgré tout raisonnable au regard de l'investissement initial (150millions de francs) et des risques encourus. "L'incendie sur un laminoir est très brutal, explique Thierry Carré, responsable des ressources humaines du site. Seule une action ultrarapide, donc couplée directement à la machine, peut éviter une intervention humaine tardive, aux conséquences désastreuses." Dans l'usine de Sérifontaine, toutes les semaines, un extincteur mobile est utilisé pour éteindre des départs de feu. D'où la volonté de l'équipe dirigeante de faire plus que les contraintes réglementaires en procédant à l'analyse systématique des "presque-accidents" (incendies circonscrits par le personnel). Une commission spécialement constituée se réunit et tente de répondre à la question: "Qu'a-t-il fallu pour provoquer cet événement?" Puis elle en tire des enseignements et nourrit ainsi le plan de prévention... Rares sont les industriels qui ne sont pas exposés aux risques d'un incendie. Dans l'agro-alimentaire, le danger est grand. Ne serait-ce que par l'utilisation d'appareils de cuisson. Bien que les matériaux inflammables soient facilement identifiables, il faut faire preuve d'une attention permanente. "Une simple opération de soudure sur un bâtiment construit en panneaux sandwichs peut mettre le feu à tout un stock", explique Henri Chermette, responsable sécurité et prévention du groupe Sodiaal (produits laitiers). Il a donc été jugé préférable de réduire le risque général en installant dans les vingt-sept usines du groupe des sprinklers (sauf pour les usines monoblocs). L'investissement est lourd: 150francs par mètre carré pour une installation classique de mille têtes, selon Mather&Platt Wormald, filiale de l'américain Tyco International, le leader mondial de la protection contre l'incendie.

Estimer les conséquences des risques

Si les sprinklers sont obligatoires en Allemagne, ils ne le sont pas encore dans les usines françaises (13millions de sprinklers installés en France, contre 25millions en Grande-Bretagne, et plus de 50millions en Allemagne). Ici, l'investissement dépend principalement de la valeur des biens à protéger et du degré de protection recherché. "Connaître sa vulnérabilité, résume un associé du cabinet Gérard clos&Bry, assureurs à Compiègne, c'est aussi savoir répondre à deux questions: quels risques accepte-t-on d'assumer? Quelles en seraient les conséquences pour l'entreprise?" Si les industriels n'ont pas une opinion unique sur la question, certains, comme ce dirigeant d'une société chimique, refusent catégoriquement la fabrication de produits déflagrants ou à base d'acides dangereux.Contrôlée par la Drire, cette PMI stocke ses matières premières dangereuses à l'extérieur, dans une aire isolée et ventilée. Une politique payante: aucun accident n'ayant été enregistré à ce jour. Pour réduire l'exposition au risque d'incendie, ce chef d'entreprise a également contracté auprès de son assureur une garantie perte d'exploitation qui couvre le paiement des charges fixes en cas d'arrêt brutal de l'activité. Son prix dépend de la valeur ajoutée de l'entreprise et de la valeur de ses équipements (voir "L'Usine Nouvelle" du 11mai 1995). Le "délai de grâce" de l'entreprise sinistrée (avant le dépôt de bilan) est allongé: de trois ans en moyenne, il passe à cinq ans. Une raison qui incite de plus en plus de donneurs d'ordres à l'exiger de leurs sous-traitants. Ce qui, pourtant, n'est pas révélateur d'une tendance générale, car "à peine 55% des PMI auxquelles nous proposons la "perte d'exploitation" l'acceptent", constate Jean-Michel Villain, agent général Axa à Pontoise.

Intégrer la prévention dans une stratégie globale

Développer un plan de prévention consiste à gérer les risques: grâce à la protection "active" et à la protection "passive". En d'autres termes, la prévention doit aboutir à l'élimination ou à la réduction des risques "raisonnablement escomptables". Le risque "résiduel" est, lui, transféré à l'assureur. Mettre en place une politique de prévention ne se réduit donc pas à acheter de l'assurance. "L'industriel doit réduire la probabilité d'apparition d'un sinistre, sa gravité et ses conséquences", explique Alain Ricou, de l'Amrae. Si certains industriels agissent encore au coup par coup, d'autres ont choisi de s'organiser dans la durée. Les Laboratoires Glaxo ont décidé d'intégrer la sécurité incendie dans leur stratégie de groupe. Les contraintes de sécurité sont présentes tout au long du processus de fabrication, très en amont des projets. Qu'il s'agisse de la construction d'un bâtiment, du lancement d'un nouveau produit ou d'un équipement. La prise en compte de ces données préventives a ainsi nécessité un investissement de 600000francs lors de la conception d'un mélangeur- granulateur à poudres. Explications: "Dans la fabrication des comprimés effervescents, certains composants ne peuvent pas cohabiter. Il a donc fallu prévoir un fonctionnement en atmosphère inerte", expose Luc Parent, des Laboratoires Glaxo. Mais l'importance de l'investissement ne doit pas faire oublier le bon sens. Chez Glaxo, on affecte à chaque risque identifié le matériel de lutte le mieux adapté. A l'usine d'Evreux, on compte trois cents détecteurs centralisés, une installation de sprinklers pour le magasin de grande hauteur (douze palettes) et une batterie d'extincteurs automatiques à mousse (pour le stockage des solvants), à halon (pour les salles d'informatique) et au CO2 (pour la protection des archives). La totalité de cet arsenal subit des contrôles fréquents par des professionnels compétents, qualifiés Apsad ou formés spécialement. Si Glaxo possède un département international de "risk-management" qui dispense ses recommandations aux filiales, ce n'est pas le cas de la majorité des entreprises.

Les apports des organismes de contrôle

Les PMI font souvent appel à des bureaux de contrôle, qui proposent, entre autres prestations, un abonnement appelé "prévention conseil incendie AP" (environ 8000contrats en 1994). Incitatif, cet abonnement annuel donne droit à un rabais sur la prime d'incendie (voir tableau page 75) et permet d'adapter les matériels à l'évolution de l'entreprise. "Grâce à des visites semestrielles, nous établissons des recommandations organisationnelles qui permettent de réduire le risque", explique Jacques Thomas, directeur du marketing chez CEP Sud-Ouest. Avantage pour les PMI: le rabais (de 2% à 15%) est inversement proportionnel au montant du capital assuré. Une bonne façon de garantir le suivi régulier du plan de prévention. Le choix d'un cabinet de ce type est souvent une affaire de proximité géographique (facilitée par les quelque 550agences présentes sur le territoire). Qu'il s'agisse de PMI ou de grands groupes, la préoccupation reste la même: créer un partenariat efficace. En témoigne la stratégie anti-incendie adoptée par le groupe Dunlop (5000 personnes), qui travaille avec des contrôleurs différents selon la localisation de ses sites industriels (quatorze en France). "Nous établissons avec notre bureau de contrôle local le certificat de conformité que nous transmettons à notre assureur", explique Gilbert Santangeli, responsable des services généraux chez Dunlop. Mettre en place une organisation interne claire est également un facteur de réussite. Sodiaal s'est structuré en ce sens. Chaque site possède son responsable incendie, qui s'assure du bon fonctionnement des matériels et en réfère au responsable du groupe. "J'édite, à l'attention du directeur de l'usine et de mes correspondants locaux, des recommandations, dont je vérifie ensuite la mise en place", explique Henri Chermette, responsable de la sécurité du groupe laitier. Mais l'organisation de la prévention ne peut fonctionner sans formation.

Former pour mobiliser

Formation à la manipulation des matériels, formation du personnel d'intervention ou encore formation des responsables de sécurité. Quelle formule retenir? Les exercices d'évacuation (pratiqués en moyenne tous les six mois) permettent à tous d'acquérir les bons réflexes et à l'équipe de sécurité d'évaluer l'adéquation des procédures: tout le monde s'est-il retrouvé au point de rencontre fixé? A-t-on vérifié qu'il ne restait personne dans les toilettes? L'évacuation a-t-elle été assez rapide? Autant de questions auxquelles seule une pratique régulière peut répondre. Seconde étape: savoir se servir des extincteurs mobiles et des lances à eau. Chez Dunlop, Gilbert Santangeli organise des formations sur les matériels de première intervention. Ces dernières, obligatoires pour toutes les entreprises de plus de 50 salariés ou qui utilisent des matières inflammables (article R232 du Code du travail), permettent de constituer des "équipes de première intervention". "C'est l'installateur qui nous a fourni le matériel qui assure la formation sur le site, une fois par an", explique Gilbert Santangeli. Coût de l'opération: 2000francs par jour de vacation. Ce type de formation est la plus répandue. Chez Glaxo, à Evreux, plus de deux mille quatre cents heures de formation ont été dispensées à 250 personnes. Chaque nouvel employé participe, lors de son arrivée, à une séance de sensibilisation: on y aborde les consignes d'intervention et les principes d'évacuation. Puis les thèmes évoqués portent sur les équipements du stock de produits inflammables, l'utilisation des extincteurs et la réaction devant le feu. Avoir un personnel d'encadrement compétent est aussi très important. Le CNPP regroupe, sur les 240hectares de son centre européen de recherche et de formation, à Vernon (Eure), des moyens scientifiques (des structures d'essai, des laboratoires) et pédagogiques (des salles de formation technique, des aires d'entraînement). En matière de formation, le CNPP propose différentes formules: des stages de "formation initiale", de formation continue et des modules "spécifiques". La plus connue reste celle débouchant sur l'agrément CNPP (environ 1500responsables de sécurité en sont titulaires ). Cette formation, qui s'adresse en priorité à des chargés de sécurité en exercice, est découpée en deux cycles: le certificat technique et le cycle supérieur. Son coût est d'environ 60000francs. Bon à savoir: l'entreprise qui compte dans son équipe un chargé de sécurité agréé CNPP bénéficie d'une réduction de 3% sur sa prime (voir tableau page 75). La demande émane souvent de l'entreprise. Les chargés de sécurité agréés CNPP semblent intéresser les industriels, qui en comptent déjà 32% dans leurs rangs. En prévention, seul le résultat compte. Et l'objectif est d'éviter l'accident à tout prix. Au minimum tenir jusqu'à l'arrivée des pompiers. Car, parfois, cinq minutes peuvent s'écouler entre le coup de téléphone et leur arrivée sur le site. Et, lorsque l'usine brûle cinq minutes, c'est une éternité!



Pour en savoir plus

L'Apsad a installé un serveur Minitel, le 3614 A2P: on y trouve la liste des installateurs qualifiés, les fabricants de matériel certifié et les bureaux de contrôle (0,26franc la minute).

Pour la documentation, s'adresser à La Médiathèque du risque, 5 rue Daunou 75002Paris. Tél.: (1) 44-50-57-66.

Pour l'ensemble des dispositions réglementaires, s'adresser aux éditions du "Journal officiel", 26, rue Desaix 75015 Paris. Tél.: (1) 40-58-75-00. Demander le "Guide de la sécurité incendie" (brochure 1011, vol. 2).

L'Amrae vous renseignera sur la gestion du risque en entreprise. S'adresser au 9-11, rue Franklin-Roosevelt 75008 Paris. Tél.: (1) 42-89-33-14.

La FFMI (Fédération française du matériel incendie) 39-41, rue Louis-Blanc 92038 Paris-la Défense.

Tél.: (1) 47-17-63-03. Une adresse utile pour obtenir la liste des syndicats professionnels affiliés.





USINE NOUVELLE N°2507

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