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Sécurité des collaborateurs à l’étranger, les entreprises font encore l’autruche

Hassan Meddah

Publié le

Malgré la perception d'un climat d'insécurité à l’international de plus en plus en fort, moins d'un entreprise sur quatre dispose d'un dispositif de gestion de crise lors des déplacements de collaborateurs à l'étranger.

Les entreprises citées


Crédits Alex Proimos CC Securité en Argentine

Hôtel Radisson à Bamako au Mali, le 20 novembre dernier. La prise d'otages par un commando armé se solde par 21 morts dont plusieurs ressortissants étrangers. Plusieurs grands groupes français y avaient des collaborateurs comme Engie, ou encore Thales, qui s'en sortiront sains et saufs. "Nous avons eu de la chance", reconnaît le directeur de la sûreté de l'un de ces grands groupes, témoignant lors de la présentation du second baromètre de la sécurité des collaborateurs à l'international, le lundi 8 février dernier.

L'étude du Club des directeurs de la sûreté des entreprises (CDSE)-AXA Assistance, obtenue en interrogeant plus de 300 entreprises ayant envoyé au moins un collaborateur à l'étranger au cours de ces douze derniers mois, révèle leur perception du risque et leur organisation (ou non) pour y répondre.

La plupart considère l'insécurité internationale comme une menace forte (43%) ou avérée (39%). Sondées après les attentats de Paris, elles craignent d'abord le risque terroriste (45%) avant les risques sanitaires (24%), les accidents de transports (27%). Les employeurs ne sont guère optimistes pour l'avenir, estimant pour 43% d'entre eux que la menace représentait par l'insécurité à l'international allait s'aggraver dans les cinq prochaines années.

des employeurs mal préparés

Or, malgré cette perception accrue du risque, seulement 19% des entreprises se sentent directement exposées à l'international. "Le syndrome "cela n'arrive qu'aux autres" est relativement présent dans l'imaginaire des décideurs économiques. Il y a encore un syndrome de l'autruche qui les pousse à considérer que si ces menaces existent, elles concernent assez peu leur propre entreprise. De ce fait, seules une minorité d'entre elles ont mis en place des dispositifs spécifiques de formation et d'information pour leurs collaborateurs", analyse Hugues Cazenave, président d'OpinionWay qui a réalisé l'étude.

Celle-ci souligne également que les entreprises ne sont pas préparées à un tel risque. Seulement un quart d'entre elles a un dispositif d'accompagnement et de gestion de crise lors des déplacements de leurs collaborateurs. Dans une société sur deux, il n'y a pas de personne dédiée à la gestion de la sécurité des employés à l'étranger. Toutefois, la prise de conscience progresse puisque cette proportion n'était que de 30% environ en 2014.

Enfin les directeurs de sureté ont conscience qu'ils doivent actualiser leurs pratiques. Ainsi la prise d'otages de novembre dernier à Bamako a montré que les hôtels où logeaient habituellement les employées des grands groupes internationaux agissaient "comme un pot de miel" pour les terroristes. "Cet événement nous amène à réfléchir. Il faudra que l'on revoit nos choix en matière d'hébergement", indiquait le directeur de la sureté d'un grand groupe français.

Hassan Meddah

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1 commentaire

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27/03/2017 - 15h03 -

Enthousiasme et réelles opportunités ne doivent pas endormir la sensibilité au risque sécuritaire d'une menace qui convoite également ces opportunités,comme une épée de Damoclès .Les "deniers" pour le management de la sûreté d'un projet en zone hostile sont comptés .Ils le sont encore plus dans les budgets des PME / ETI. La responsabilité du chef d'entreprise, le management juridique de la protection des biens et des personnes, mais aussi celui de l’information et de l’image, sont identiques pour la grande et la petite entreprises.Dans le cadre sécuritaire souverain du pays hôte, elles reposent sur un équilibre conscient, entre obligation de moyens et obligation de résultats. Il est possible d'optimiser son coût global , en concentrant l'effort sur la protection de l'intégrité physique (les trois cercles concentriques de la sûreté autour du missionnaire) , et les mesures dissuasives. Une économie substantielle est réalisable au travers d'une mutualisation des moyens sécuritaires.
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