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L'Usine Maroc

Secteur de la construction au Maroc : c'est encore loin le redémarrage ?

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Perspectives négatives dans le secteur de l'immobilier marocain en ce début d’année. Après celle de 2014 qui a été critique, la baisse des transactions au premier trimestre devrait continuer à limiter l’activité de l’immobilier et du BTP. Affectant le secteur des matériaux comme l'acier ou le ciment.

Secteur de la construction au Maroc : c'est encore loin le redémarrage ?
Après une année 2014 critique, la baisse des transactions au premier trimestre devrait continuer à limiter l’activité de l’immobilier et du BTP.
© cimentdumaroc.com

Difficile à le croire quand on compte le nombre de grues en activité à Tanger, Rabat ou Casablanca, mais pourtant au Maroc la croissance des secteurs de la construction et de l'immobilier est en panne. Si les clignotants actuellement au rouge ne virent pas au vert, les perspectives négatives du secteur de la construction vont continuer à plomber l'activité de la cimenterie et celle d'autres secteurs des matériaux.

"La consommation de ciment, principal baromètre du secteur du BTP a débuté l’année 2015, en accroissement de 5,6% en glissement annuel, après avoir clôturé l’année 2014 sur une baisse de 5,4%", indiquait le ministère de l’Economie et des Finances dans sa note de conjoncture de janvier. Trois mois plus tard, la hausse n’est plus que de 1,4% en glissement annuel. Bref, la reprise n'est pas encore au rendez-vous.

Les crédits à l’immobilier maintiennent le même rythme de croissance que l’année précédente, soit 3,2% à fin avril, sur un an, contre 3,5% un an auparavant. Dans le même temps, les crédits accordés aux promoteurs immobiliers sont, eux, en retrait de 3,8%, après déjà une baisse de 3,5% un an plus tôt.

des résultats alarmants

Le début d’année a été marqué par les résultats financiers alarmants de trois des quatre grands groupes immobiliers du Maroc. La CGI, filiale immobilière du puissant groupe public Caisse de dépôt et de gestion (CDG) a annoncé un chiffre d’affaires en baisse de 28% et un résultat prévisionnel réduit de 51% par rapport à 2013. Et ce, juste avant d’être retirée de la bourse en catastrophe fin 2014 suite à l’intervention du roi après une enquête pour malfaçon sur certains programmes.

Addoha, premier groupe immobilier du Maroc,a connu lui une baisse de 22% de son chiffre d’affaires et affiche un taux d’endettement de 80%. Son patron Anas Sefrioui dès janvier a mis en place un plan d'urgence "génération cash". Une opération de désendettement similaire a également été lancée par son concurrent Alliances, en très mauvaise posture et qui a émis un profit warning en début d'année en raison d’une baisse de 31% de son chiffre d’affaires.

Dans ce contexte, seul Dar Saada, cotée en bourse (depuis fin 2014) comme ses trois concurrents, fait mieux que résister. Ce groupe centré sur le moyen de gamme et le logement social a annoncé un chiffre d’affaires en hausse... de 62% pour 2014. L’entreprise reste cependant la plus petite de la cour des grands avec 1,9 milliard de dirhams (1000 dirhams = 92 euros) de chiffre d’affaires contre 2,7 à 7 milliards pour ses concurrentes.

Malgré la situation financière alarmante des trois grands promoteurs immobiliers marocains, et alors que le nombre de transactions repart à la baisse ces trois derniers mois (-10,7%), par rapport au dernier trimestre 2014 selon Bank Al Maghrib, les prix de vente des biens immobiliers, après une petite baisse de 0,8% en 2014, augmentent d'un petit 0,1% au premier trimestre 2015. Les promoteurs semblent ne pas vouloir se résoudre à baisser leurs prix.

Pour les mois à venir et à moyen terme, "les perspectives d’évolution sont assez floues. Je table plutôt sur une stabilité des prix ou une variation faible à la hausse ou à la baisse, estime Adnane Bajeddi, responsable foncier chez Confidentiel. Je pense que la demande existe toujours mais elle est soit bloquée par des prix trop élevés, d’autant que les banques ont resserré les possibilités de crédit, soit elle ne trouve pas de débouchés sur le marché parce que l’offre est inadaptée car située hors des centres-ville. »

400 000 logements

La perspective d’une demande toujours forte - 400 000 logements, selon le ministère de l’Habitat - permet à Nabil Benabddellah, ministre de l’Habitat (photo), d’assurer qu’il n’y a pas de "crise" immobilière au Maroc. Pour lui, il est logique que le secteur, après l’explosion connue ces dernières années, "se tasse un peu". Les difficultés que connait le marché ne présentent, selon lui, "aucun risque systémique".Mohamed Nabil Benabdallah ministre de l'Habitat Maroc

Pourtant, le secteur du BTP, en amont de l’immobilier, contribue au PIB pour près de 6,6%. "Il emploie près d’un million de personnes soit 9,3% de la population active occupée, dont 11% dans le milieu urbain", rappelle le ministère de l’Economie et des Finances.

La consommation nationale de ciment s’est effondrée, fin 2011 marquant la fin de la bulle immobilière. En 2014, Lafarge Maroc a annoncé une nouvelle baisse de son chiffre d’affaires de 2,3%.

Holcim Maroc qui doit fusionner avec son concurrent s’en sort plutôt bien, avec une croissance de 5,9% mais reste pessimiste : "selon les indices enregistrés en tout début d’année, le secteur du BTP devrait constater une nouveau tassement en 2015, ce qui se traduirait par un recul de la demande de ciment en 2015", indique l’entreprise.

Plus largement, "60% de la sinistralité de nos clients vient du BTP, indiquait déjà la Coface Maroc fin 2013. La dépendance des petites entreprises vis-à-vis des grandes crée un effet domino".

La construction d’immeubles est, au Maroc, très consommatrice d’acier qui intervient dans les structures internes des bâtiments. "Les producteurs de rond à béton, utilisé dans les armatures des immeubles, comme la Sonasid et Univers Acier, ont été affectés par la baisse de l’immobilier", reconnait Abdelhamid Souiri, président de la  Fédération des industries métallurgiques, mécaniques et électromécaniques (FIMME).

Pour 2014, Sonasid affiche un chiffre d’affaires consolidé de 4,3 milliards de dirhams en repli de 9,6% contre des prévisions initiales de +1,6%. Les ventes de rond à béton ont baissé en un an de 10%. La fin prévue des clauses de sauvegarde sur certains aciers, pénalisant les importations, alliée aux mauvaises conditions de marché inquiètent les acteurs du secteur.

Pour tenter de relancer l'économie et notamment la construction, Bank al-Maghrib avait baissé au deuxième semestre 2014 à la surprise générale à deux reprises son principal taux directeur. Celui-ci s'élève désormais à 2,5%, un plus bas historique... sans guère d'effet visible pour l'instant.

Julie Chaudier à Casablanca

 

 

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