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[Secrets de fabrication] Opinel, fine lame de la coutellerie

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Série d'été L'Usine Nouvelle vous révèle les secrets de fabrication de produits emblématiques du made in France. Spécialités régionales, symboles d'un territoire, savoir-faire typiques, sagas familiales... nous vous livrons tous les détails qui ont mené à leur succès. A dévorer au travail ou entre deux baignades ! Aujourd'hui, le couteau Opinel. Objet quotidien, familier, qui ne quitte pas la poche de ceux qui l’ont adopté, il est devenu un nom commun. Dont la légende est indissociable d’un certain art de vivre : couper la viande, cueillir les champignons, dénuder les fils électriques, tailler des flèches, pique-niquer, bricoler...

[Secrets de fabrication] Opinel, fine lame de la coutellerie
Le couteau Opinel numéro 8 est le plus vendu de la gamme.
© Guy Sie / CC / Flickr

L’Opinel doit son nom à son inventeur : Joseph Opinel, petit-fils d’une famille d’Albiez-le-Vieux (Savoie). En 1890, il conçoit un couteau fermant. Dix ans plus tard, il dépose sa première marque et son emblème sur ses lames : une main couronnée dit main bénissante de Saint-Jean-Baptiste, qu’on retrouve dans les armoiries de Saint-Jean-de-Maurienne, accompagnée d’une couronne en référence au duché de Savoie. En 1911, Joseph Opinel décroche une médaille d’or à l’exposition alpine de Turin. Son couteau n’a pas attendu cette première reconnaissance internationale pour être colporté par-delà les frontières en Suisse et en Italie.

L’histoire de l’Opinel est liée à la vallée de la Maurienne qui a vu naitre des dynasties de forgerons, de fabricants de lames et d'épées. Ce couteau est sorti de l’atelier de taillanderie familiale niché au bord du torrent de l’Arvan à Gevoudaz (Savoie). Entre 1915 et 1917, la force de l’eau pousse Joseph Opinel à installer son usine à Cognin, près de Chambéry, où toute l’activité de l’entreprise sera regroupée sur un seul site en 2013.

Un design reconnu parmi les plus aboutis

Sous ses aspects simples et robustes, l’opinel cache de nombreux secrets de fabrication. La lame de forme Yatagan, inspirée d’un sabre turc, est fabriquée en quatre étapes. Elle est découpée par une presse de 120 tonnes, puis subit un traitement thermique, différent s’il s’agit d’une lame carbone ou inoxydable. Elle est ensuite meulée, puis polie. La qualité de l’eau, le respect absolu des cycles de traitement thermique, l’aiguisage de la lame sont trois des paramètres intrinsèques qui forgent le caractère de l’opinel.

Le manche en bois, issu de carrelets de bois de hêtre du Jura majoritairement, mais aussi de merisier, poirier, frêne, est façonné automatiquement. Il est ensuite recouvert d’un vernis polyuréthane pour résister à l’humidité, puis gravé. Ajustée à la forme du manche, une virole est nécessaire pour lier solidement la lame au manche. Un rivet assemble ensuite la manche, la lame et la virole. En 1955, une bague de sécurité a été ajoutée pour bloquer la lame en position ouverte. Un brevet déposé sous le nom de Virobloc. Cette bague a été modifiée dans les années 1990 pour bloquer également le couteau en position fermée.

Depuis sa création, l’opinel n’a guère changé de silhouette. Décliné à l’origine en douze modèles numérotés de 1 à 12 (en fonction de leur taille), il s’est coupé depuis des numéros 1 et 11, trop petit pour l’un, trop proche du n° 12 pour le second. Aujourd’hui, sa gamme coutumière s’étale du n°2 (d’une longueur de 45 mm, lame fermée) au n°12 d’une longueur de… 12 cm en acier inoxydable Sandvik, mais compte également le n°13, le "géant" avec ses 50 cm d’allonge. Le n°8 est le plus commun. Le design de cet objet singulier a été distingué en 1985 comme l’un des cent objets les mieux dessinés au monde par le Victoria and Albert museum, aux côtés de la Porsche 911 et de la montre Rollex. Consécration réitérée en 2006 : il est désigné parmi les 999 designs les plus aboutis de tous les temps par un jury de designers internationaux.

L'aventure américaine

Cet objet culte, compagnon de route de la navigatrice Ellen Mac Arthur et d’Eric Tabarly, de Jean-Louis Etienne pour son expédition polaire et de Picasso pour certaines sculptures, a su se renouveler sans se renier. Doté d’une lame crantée, il est devenu indispensable aux pratiquants de sports outdoor : trek, alpinisme, spéléo, parapente… Pourvu d’un coupe-fil, d’un dénudeur et de deux embouts de tournevis dans son manche, il s’est imposé comme un outil chez les bricoleurs. Muni d’un tire-bouchon ou d’une lame robuste de 2,2 mm d’épaisseur, il a acquis ses lettres de noblesse à table pour ouvrir des millésimes ou des huitres et coquillages. Pour être admis dans ces cénacles, l’entreprise savoyarde a travaillé en collaboration avec l’école nationale de ski et d’alpinisme de Chamonix, et avec l’école de cuisine d’Alain Ducasse.

Connu sur les cinq continents et reconnu comme le "french knife" célébré par Paul Bocuse aux Etats-Unis, Opinel a ouvert en 2016 une première filiale à Chicago. "Les Américains pragmatiques adorent les marques héritage qui ont une vraie histoire, un ancrage, et qui sont efficaces", a coutume de dire sa directrice marketing, Françoise Detroyat. Une aventure américaine qui pourrait donner de nouvelles ailes à ce couteau fermant qui n’a rien perdu de son tranchant à 127 ans.

Vincent Charbonnier

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2 commentaires

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09/08/2017 - 08h10 -

Bien. Bel article. On attend les nouveautés avec impatience et nous ne sommes jamais déçu.
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07/08/2017 - 15h26 -

Dans votre article ROLEX et non ROLLEX.... Quand on parle de marques connues...:)
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