[Secrets de fabrication] Caddie, le chariot qui roule à l'hyper

L'Usine Nouvelle vous révèle les secrets de fabrication de produits emblématiques du made in France. Spécialités régionales, symboles d'un territoire, savoir-faire typiques, sagas familiales... nous vous livrons tous les détails qui ont mené à leur succès. A dévorer au travail ou entre deux baignades ! Aujourd'hui, le Caddie. Objet des plus courants, difficile d'imaginer la conception d'un chariot de supermarché. Pourtant, il faut plus de 700 soudures avant que des fils d'acier ne puissent transporter les courses à travers les rayons de magasin.

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[Secrets de fabrication] Caddie, le chariot qui roule à l'hyper
Caddie produit 250 000 chariots chaque année.

Les chariots de supermarché sont l’un des objets les plus répandus au monde. Leur carte de naissance remonte à 1955, lorsque Raymond Joseph, fondateur des Ateliers réunis concevait le premier modèle de cet accessoire indispensable à la grande distribution, naissante à l’époque. De retour d’un séjour de golf à Vittel, en 1957, l’industriel décide de baptiser ses chariots d’un nom devenu célèbre : Caddie.

Après des années noires, les Ateliers Réunis ont repris leur marche en avant, sous l’égide de Stéphane Dedieu, ex-dirigeant qui a sauvé l’entreprise de la disparition annoncée, en 2014. Mais ne lui dites pas que Caddie est devenu un nom commun ! Jalousement protégé dans 75 pays, la marque défend pied à pied son identité, face à la tentation d’antonomase du nom propre. Même la presse en a fait les frais, avec des procès intentés – et gagnés ! – contre des quotidiens nationaux qui avaient voulu ne voir en Caddie qu’un terme générique désignant les chariots de supermarché en globalité.

"Il existe une très grande fierté vis-à-vis de notre marque et de l’usine", souligne Stéphane Dedieu, qui évoque le retour de l’entreprise à la croissance, avec 30 millions d’euros visés cette année, contre 26 millions en 2016. 225 salariés sont employés sur les deux sites (hors intérimaires), à Drusenheim et Dettwiller, dans le Bas-Rhin. "Nous investissons 10 millions d’euros dans ce nouveau site, qui entre en fonction en septembre 2017, et sera dédié aux traitements de surface et l’assemblage final des 250 000 chariots produits chaque année", annonce le dirigeant.

Des nouveaux chariots plus petits

En manipulant un chariot, difficile d’imaginer le nombre d’opérations qui mènent à sa fabrication. D’abord, un chariot Caddie, c’est du métal... même si les plastiques y sont désormais intégrés. Les bobines de fil en acier parviennent sur le site de Drusenheim en provenance d’ArcelorMittal, ainsi que d’autres fournisseurs. Le métal est examiné, notamment sa résistance aux contraintes mécaniques, avant de partir sur les chaînes de fabrication. Découpe, soudure, assemblage des éléments en vue du montage, l’automatisation est poussée au maximum.

"Le marché des chariots a beaucoup évolué en quelques années. Ils sont en général plus petits, les enseignes veulent se singulariser. L’ergonomie est étudiée pour satisfaire les clients", souligne Stéphane Dedieu. Qui n’a jamais connu le cauchemar du chariot avec une roue folle rendant les évolutions entre linéaires plus qu’athlétique ? "Notre bureau d’études interne travaille le moindre détail. Par exemple, la surface des roues en contact avec le sol est réduite, justement pour faciliter les virages. Ou bien notre nouveau modèle Speedy, idéal pour les supérettes urbaines, dont la maniabilité a été particulièrement étudiée, sans oublier la réduction du bruit lorsque le chariot se déplace", expose Sébastien Reinhart, responsable marketing, développement et innovation.

L’énoncé de la fonction de Sébastien Reinhart en dit long sur la stratégie de Caddie. Dans la PME, c’est le marketing qui pilote l’innovation, au sein de la même entité. "Nous proposons désormais un chariot spécialement conçu pour poser les achats dans les cabas, avec des rangements à part pour des objets fragiles ou volumineux. Nous anticipons les demandes de nos clients", assure Sébastien Reinhart.

Une centaine de modèles

Dans les 32 000 m² de l’usine de Drusenheim, toutes les opérations sont encore réunies, même si le déménagement du traitement de surface et de l’assemblage vers Dettwiller a commencé. La nouvelle ligne entièrement automatisée et robotisée triture les fils d’acier, ajuste leur découpe selon le plan de commandes, qui s’adapte à la centaine de modèles différents des cinq gammes principales de Caddie, qui contient notamment des chariots à bagages pour aéroport, marché en plein développement.

Les 700 soudures effectuées en moyenne sur un chariot s’enchaînent, les opérateurs disposent des fils assemblés qui évoquent au fur et à mesure la forme finale du chariot. "Les opérations de maintenance sont faites en interne, comme la conception des outils et de la ligne de montage des grandes séries", souligne Stéphane Dedieu. Dans l’usine, les salariés veillent sur leur outil de travail destiné à "leurs" Caddie : "On travaille dans l’usine de grand-père en petit fils, s’amuse Stéphane Dedieu. Le secret de fabrication de nos chariots réside dans cette implication en faveur de cette marque emblématique."

Dans le jardin entouré par les ateliers comme dans le bâtiment administratif, des collections de chariots originaux, uniques, ayant servi à des opérations de communication. Comme ce Caddie géant, dans lequel tous les dirigeants des enseignes de grande distribution ont été photographiés, ou ce chariot élaboré et fabriqué en secret par le personnel pour un ancien dirigeant, qui tient de l’œuvre d’art. L’humour pointe souvent dans la communication de Caddie. Tant que l’on n’oublie pas qu’il s’agit bien d’un nom de marque et pas d’un nom commun !

Didier Bonnet

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