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Secome à l’affût de nouveaux clients

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La PME alsacienne a revu son organisation afin de mieux connaître les besoins de ses clients et s’adapter à l’évolution de leurs métiers.

Secome à l’affût de nouveaux clients
Secome est un des rares fabricants d’outils à s’intéresser à la découpe de matériaux composites.
© crédit photo

Les entreprises citées

Secome est confronté aux remous qui agitent la construction mécanique. Pour y faire face, cette PME implantée à Benfeld (Bas-Rhin) a entrepris de diversifier ses prestations. Création d’outils neufs, maintenance, investissement dans les matériaux composites… La survie de Secome, et son développement, passe par sa capacité à s’adapter et à anticiper les besoins de ses clients. « L’histoire de l’entreprise que j’ai fondée en 1972 est marquée par de multiples adaptations aux circonstances et aux réalités du marché, souligne le PDG Bernard Rinckwald. Avant de la transmettre à mon fils Christophe, nous engageons des investissements destinés à agrandir nos ateliers et à y intégrer le travail sur des matériaux composites. »

Avec sa filiale Adecut, spécialisée dans le pressage de pièces en sous-traitance, Secome (Société d’études et de construction mécanique) compte une vingtaine de salariés. Leur chiffre d’affaires cumulé a représenté 2,2?millions d’euros en 2015. Les locaux de Secome vont passer de 1 000 à 1 600 mètres carrés d’ici à 2017. L’entreprise va investir environ 1,5?million d’euros pour la construction et l’acquisition du matériel. L’enjeu est de taille. « Compte tenu de la raréfaction des clients potentiels dans le secteur des outils en métal, nous avons engagé une stratégie qui repose sur notre capacité à maîtriser les matériaux composites et plus seulement les métaux. Mais aussi sur la recherche de clients dans des métiers éloignés de notre activité historique, l’automobile », précise Bernard Rinckwald.

Précurseur du numérique

La liste des clients du secteur automobile que Secome a fourni en outils de découpe est longue : Peugeot, Citroën, Renault, Honda, GM… Sans oublier les sous-traitants de rang 1, comme Johnson Controls et Faurecia. Depuis ses débuts, Bernard Rinckwald a toujours misé sur l’avancée technologique – au cours des années 1980, il fut précurseur dans l’intégration du numérique et des modélisation 3 D – et sur le segment des « moutons à cinq pattes ». L’histoire lui a donné raison, parfois dans la douleur. « Nous avons subi un redressement judiciaire en 1997 », rappelle le PDG, évoquant le grand nombre des donneurs d’ordres disparus ou travaillant désormais avec des concurrents d’Extrême-Orient. « Face à la baisse des commandes d’outils neufs, nous avons développé des prestations de maintenance qui nous ont permis de gagner de nouveaux clients », observe son fils Christophe. Parmi eux, le pharmacien Millipore, pour lequel Secome a développé un outil de découpe d’une ­précision extrême, à savoir trois microns. Idea, spécialisé dans la fabrication de condiments et ingrédients alimentaires et dans leur conditionnement en dosettes, dont certaines de quelques grammes, est également entré dans son portefeuille clients. « Le fait d’avoir travaillé depuis toujours sur des pièces d’une complexité parfois extrême nous conduit à une capacité d’adaptation élevée », constate Christophe Rinckwald.

Grâce à ses contacts avec le constructeur PSA, notamment, Secome a pu entamer sa diversification vers les matériaux composites. « Nous avons été sollicités pour concevoir des outils de découpe, pour des plages arrière par exemple. Des pièces plus complexes ont suivi », indique Bernard Rinckwald. La mise en liquidation de MGE, une entreprise positionnée sur ces matériaux, située à quelques kilomètres de Secome, a fourni une nouvelle opportunité. Secome, qui a repris les actifs de MGE, peut dorénavant travailler des pièces de grande taille comme des planchers de voitures, avec l’ensemble des conduits et des appareillages électroniques.

Le potentiel chinois

« Nous surveillons de près l’arrivée des entreprises chinoises en Europe et tâchons de comprendre leurs besoins futurs, de façon à anticiper autant que possible les réponses à leur donner », insiste le PDG de Secome. Tout en fournissant des outils complexes à des industries de différents secteurs, la PME entend profiter des investissements chinois lancés sur le Vieux Continent pour gagner des marchés. C’est la suite logique de la démarche engagée en 2006 avec le programme Acamas. Ce programme, qui fait aujourd’hui partie de la panoplie d’outils à destination des PME intégrées au plan Industrie du futur, a pour but d’accompagner le développement stratégique des PME de la mécanique.

Dix ans plus tard, l’adaptation de l’organisation interne aux besoins des clients ainsi que la veille prospective demeurent des vertus essentielles pour le management de l’entreprise. Le programme a permis de gagner en réactivité (quatre semaines de délai moyen, contre six à huit semaines auparavant), mais il a surtout changé la manière dont Secome se positionne dans son écosystème. « En faisant de la veille sur notre marché, raconte le dirigeant, j’ai découvert avec quatre de nos confrères que nous n’étions pas concurrents, et même que nous étions complémentaires : l’un d’eux était déjà notre client, un autre pouvait le devenir et un troisième pourrait devenir un fournisseur ! » 

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