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SEB, nouveau leader des machines à café professionnelles

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Made in France

SEB, nouveau leader des machines à café professionnelles
Le rachat de WMF enrichit SEB de huit nouvelles usines en Europe, en Chine et en Inde.

Rien ne semble arrêter l’appétit du numéro un mondial du petit équipement domestique. Après le rachat du scandinave OBH Nordica durant l’été 2015, du fabricant allemand d’ustensiles de cuisine Emsa il y a quelques semaines, SEB met la main sur son concurrent allemand WMF. Né en 1853 et spécialisé dans les machines à café professionnelles et les articles culinaires, ce dernier appartenait depuis 2012 au fonds américain KKR. « C’est une opération historique », a déclaré l’emblématique patron de SEB, Thierry de La Tour d’Artaise. Le propriétaire des marques Moulinex, Rowenta, Krups et Tefal débourse 1,58 milliard d’euros, soit le tiers de son chiffre d’affaires de 2015 (4,8 milliards d’euros). Il s’empare d’un seul coup d’une activité supplémentaire de 1,1 milliard d’euros et de huit usines employant 5 700 salariés. C’est la plus grosse opération de croissance externe du groupe, loin devant ses précédentes acquisitions, le français Moulinex (2001) et le chinois Supor (2007). « Avec le rachat de WMF, SEB creuse l’écart avec ses concurrents mondiaux, qui restent circonscrits à certains secteurs et zones géographiques », analyse Yves Marin, spécialiste de la grande consommation chez Kurt Salmon.

L’opération, financée par de la dette, sera une excellente affaire pour SEB, si elle est validée par les autorités de la concurrence européennes. WMF est un groupe très rentable, qui a réalisé un Ebitda de 118 millions d’euros en 2015, soit une marge de 12 %. « La forte génération de trésorerie de WMF permettra un désendettement rapide du groupe, avec l’objectif de revenir à un ratio inférieur à 2 à fin 2018 », souligne Thierry de La Tour d’Artaise.

Au-delà du côté spectaculaire de l’opération, WMF permettra à SEB de se diversifier en dehors de ses activités grand public. À la tête d’un parc de 200 000 machines à café professionnelles dans les cafés, hôtels, restaurants et établissements professionnels, le fabricant allemand est le leader mondial du secteur, avec une part de marché de 28 %. Ce marché captif offre des spécificités très intéressantes pour le groupe. « Il est très rentable, en forte croissance et se développe fortement en Asie et aux États-Unis », affirme Thierry de La Tour d’Artaise. Les taux de marge nette peuvent s’élever jusqu’à 20 %, contre 5 % environ pour les activités traditionnelles de SEB. Avec des prix allant de 3 000 à 10 000 euros l’unité, « le marché offre une plus grande visibilité, avec des contrats sur cinq à dix ans, mais il est aussi plus difficile, avec des appels d’offres. Les concurrents s’y intéressent de plus en plus », souligne Yves Marin. WMF dispose par ailleurs de plus de 150 brevets dans les technologies de ses machines à café, que SEB pourra exploiter dans ses appareils grand public.

Une place de choix en Allemagne

Avec ce rachat, SEB se hisse à la tête des marchés allemand, autrichien et suisse des articles culinaires, avec 20 % de parts de marché. « L’Allemagne était jusqu’à présent, avec le Royaume-Uni, le pays d’Europe où nous étions le moins ­présents. Nous étions distancés largement par nos concurrents », explique le PDG de SEB. L’acquisition de WMF permet au groupe installé à Écully (Rhône), dans la banlieue lyonnaise, de combler son retard dans ce pays, avec des produits haut de gamme en Inox. SEB prévoit une quarantaine de millions d’euros de synergies dégagées par an à l’horizon 2020, en matière de production, d’achats et de logistique. « C’est un objectif prudent, qui devrait être facilement atteignable », estime Yves Marin.

WMF est à la tête de huit usines dans le monde, quatre en Allemagne, une en Suisse, une en République tchèque, une en Chine et une en Inde. Elles sont essentiellement dédiées à la fabrication des machines à café professionnelles et aux ustensiles de cuisine. Ses appareils de petit électroménager sont sourcés en Asie, auprès de différents fabricants. « WMF achetait déjà 500 000 bouilloires à notre filiale chinoise Supor », souligne Thierry de La Tour d’Artaise, qui n’exclut pas que la fabrication d’autres appareils de WMF soit intégrée dans les usines SEB. Le programme d’excellence ­opérationnelle, Operation performance SEB (OPS), sera déployé dans les usines de WMF.

Reste que tout n’est jamais rose dans une opération de fusion, même si les deux groupes « ont une histoire et une culture proches », selon Thierry de La Tour d’Artaise. « La ­moitié des fusions-acquisitions sont des échecs et les promesses faites ne sont pas réalisées », rappelle Yves Marin. SEB a une grande expérience des intégrations d’entreprises, mais il lui arrive d’avoir quelques surprises désagréables, comme avec le précédent actionnaire de l’indien Maharaja Whiteline, lors de son rachat en 2011. Deux ans devraient être nécessaires pour avaler complètement WMF. Quoi qu’il en soit, SEB a, d’ores et déjà, le Moyen-Orient, l’Indonésie et l’Afrique dans son viseur.

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