Seb laboure le sillon du «fait maison»

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Le marché du petit électroménager, porté par une floraison de nouveaux modèles, poursuit sa dynamique. En tête des meilleures ventes : les appareils qui adaptent les machines professionnelles à l'usage des particuliers.

En demi, en pinte, avec ou sans faux col : le tirage de bière relève désormais de la responsabilité du maître de maison ! En lançant sur le marché français, le 19 octobre, Beertender, un système pour servir la bière à la pression à installer dans son salon, Krups espère imposer son appareil, fabriqué par un sous-traitant italien, parmi les blockbusters du petit électroménager. Son objectif : inciter les adeptes du bistrot à déguster « at home » leur boisson favorite.

Pour ce produit, déjà disponible en Europe du Nord et en Allemagne, Krups, filiale du groupe Seb, a mis au point avec Heineken une machine de pression compatible avec les fûts de bière non consignés vendus dans l'Hexagone. Les amateurs français de houblon devront pour l'instant se contenter de siroter la marque néerlandaise. « Nous comptons élargir le système à d'autres marques dès que l'appareil aura trouvé son public, comme nous l'avons fait aux Pays-Bas, où Beertender fonctionne avec 9 bières différentes », explique David Sullo, responsable commercial France du groupe Seb. L'objectif : écouler plusieurs dizaines de milliers de machines d'ici à fin 2008.

Un seuil que le groupe ne doute pas d'atteindre, aux vues du succès des appareils de type professionnel qui permettent de transposer chez soi des activités réservées jusque-là à l'extérieur. De fait, cafetières à dosettes, machines à pain, sèche-cheveux à système ionique et autres fers à repasser à centrale vapeur « façon pressing » constituent les principales locomotives du marché.Plusieurs raisons à cet engouement : l'assurance d'un résultat professionnel vite disponible, la méfiance croissante vis-à-vis de certains produits alimentaires tout prêts ou la satisfaction de posséder la machine du « pro ». Pour Agnès Coulombeix, directrice de clientèle chez Ipsos Insight, « la professionnalisation des appareils domestiques n'est pas une tendance nouvelle, mais elle stimule les innovations. Elle offre au consommateur la possibilité de concilier ses envies d'extérieur avec la sécurité de son cadre personnel ».

Les machines à café « tasse à tasse », dont les ventes ont explosé depuis leur apparition, illustrent bien ce phénomène. Elles représentent désormais 62 % des cafetières vendues, soit un chiffre d'affaires de 176 millions d'euros (62 millions en 2002). Philips, précurseur du système à dosettes avec la Senseo, détient aujourd'hui 40 % du marché. Quatre ans après son lancement, son modèle est en tête des ventes du petit électroménager.

les innovations stimulées

 

Autre cas d'école : la machine à pain. En trois ans, elle est passée d'une diffusion confidentielle à un usage courant. Au premier semestre 2006, il s'en est vendu 370 200, contre 43 200 pour l'année 2002 ! Aujourd'hui, 70 modèles coexistent. Explosion, aussi, du marché de la brosse coiffante, en passe de déposséder les coiffeurs de leur art du brushing. Leurs ventes ont plus que doublé en trois ans.

Conséquence, le petit électroménager retrouve de la vigueur, avec une croissance de 4,7 % en valeur au premier semestre 2006. Mieux, près de 60 % de son chiffre d'affaires (1,79 milliard d'euros de juin 2005 à juin 2006 ) est réalisé par des produits de moins de deux ans. Une vitalité qui commence à susciter la convoitise des spécialistes du gros électroménager. Pour preuve, le lancement, en mars prochain, par Fagor Brandt, d'une gamme de petit électroménager dédié à la préparation culinaire

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