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SeaOrbiter, un projet porté par un consortium industriel

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Né de l’imagination de l’architecte océanographe Jacques Rougerie, le navire d’un genre nouveau se construit par quatre industriels réunis dans un consortium… pour peu que le budget soit bouclé.

SeaOrbiter, un projet porté par un consortium industriel © Jacques Rougerie - Seaorbiter

Imaginez l’équivalent marin de la station orbitale ISS, dérivant dans les océans au gré du Gulf stream  et des grands courants marins sur de longues périodes. Un vaisseau d’aluminium immergé d’une trentaine de mètre, et émergé d’autant, accueillant un équipage d’une vingtaine de personnes (scientifiques, plongeurs, marins) et les dernières technologies d’exploration des océans.

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Ce rêve est né dans la tête de l’architecte océanographe Jacques Rougerie a su embarquer avec lui quatre industriels dans le Sea Orbiter : Technip pour l’ingénierie et la maîtrise d’oeuvre, ABB pour la propulsion, Constellium pour le matériau (le Sea orbiter devrait être fabriqué en Sealium, un alliage d’aluminium spécifique au milieu marin) et Veritas pour l’approbation des études. Ils ont formé en 2012 un consortium, structure plutôt originale sur ce type de projet. « C’est une formidable vitrine pour de nouvelles technologies. Investir dans un projet comme celui-ci est vecteur d’image pour un industriel. Quand il sera concrétisé, il attirera les foules » estime Pierre-Armand Thomas, ex-responsable R&D et projets spéciaux chez Technip, aujourd’hui à la retraite, qui coordonne le projet sur son versant industriel.

"Nous avons fait évoluer le projet à partir du moment où nous nous y sommes engagés pour le rendre plus compétitif et plus opérationnel, souligne Pierre-Armand Thomas. Nous avons mis en place le dossier ingénierie : dimensions finales, tenue en mer, système de ballastage, le système de quille repliable. Nous avons simplifié la partie propulsion. Avec Bill Todd (ex-Nasa, directeur des opérations du projet) et Ariel Fuchs (océanographe, directeur exécutif du projet), nous avons travaillé en mode projet, avec plusieurs étapes, la dernière étant finie fin 2012. Nous n’avions pas de références pour la construction d’un tel projet qui est unique. Le consortium constitué en 2012 autour de Technip avec Constellium, ABB et Veritas est assez novateur, et il devrait permettre d’accrocher d’autres partenaires pour une approche en co-traitance".

"Ce projet est une affaire d’hommes, de professionnels qui se connaissent. Il m’a plu" explique Alain Togna, responsable de l’activité marine du groupe ABB, dont on sait peu qu’il est le leader mondial de la propulsion électrique des bateaux "qui se développe de plus en plus dans ce secteur" souligne l’industriel. ABB prendra la gestion électrique au sens large : propulsion, gestion de l’énergie à bord, stockage d’énergie par air comprimé. "Nous allons bientôt sélectionner le chantier de fabrication, explique Jacques Rougerie, peut-être en France à Saint-Nazaire, ou alors en Italie ou en Europe du Nord…"

Outre les partenaires industriels chargés de fabriquer l’engin, Jacques Rougerie a drainé plusieurs partenaires institutionnels, scientifiques (Ifremer,l’ESA, le Muséum d’histoire naturelle, plusieurs universités et pôle de compétitivité) mais aussi technologiques (DCNS, Airbus, Microsoft, 3i3s dans le domaine des satellites ou le Marinetek, le plus grand centre d’essais offshore du monde à Trondheim en Norvège, où ont été finalisés les essais en bassins de carène et où le design a été arrêté). "Les industriels pressentent que l’économie bleue est une réalité technologique, économique et environnementale, explique Jacques Rougerie. La mer offre un potentiel énorme pour de nouvelles technologies. C’est un peu la même chose qu’avec l’espace, qui a draîné des nouvelles technologies : s’il n’y avait pas eu l’espace, il n’y aurait pas de tablettes…" L’architecte postule que le Sea orbiter peut entraîner de l’innovation : Merieux, Sanofi, Safran, Thalès, Bolloré ou BMW pour ses connaissances en matière de design… La liste est longue des industriels qu’il aimerait attirer.

Malgré de gros sponsors comme Rolex, partenaire officiel du projet, et d’une campagne de crowdfunding couronnée de succès (350 000 euros récoltés sur Kiss Kiss Bank Bank) pour financer l’œil du Sea Orbiter, Jacques Rougerie ne dispose pour l’instant que 70 % des 35 millions nécessaires pour boucler son projet. De l’aveu des principaux soutiens industriels, plusieurs lignes ont été lancées (on parle de géants de l’internet et de l’informatique), et le projet multiplie les touches… Une fois le budget bouclé, il faudra quinze à dix-huit mois de fabrication avant de mettre cet objet navigant non identifié de 500 tonnes à l’eau…

Patrick Déniel

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