Schneider met l'internet des objets au cœur de son offre

Pionnier de la connectivité dans l’industrie, Schneider Electric a franchi un cap avec sa plate-forme EcoStruxure, qui permet le déploiement de solutions IoT.

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Schneider met l'internet des objets au cœur de son offre

Il s’est d’abord saisi des outils digitaux pour assouplir son organisation interne. Schneider Electric a vite compris qu’ils constituaient aussi une opportunité pour faire évoluer son offre. Le spécialiste de la gestion de l’énergie et de l’automatisation s’est lancé dans les objets connectés avec une ambition : apporter à ses clients les solutions d’optimisation dont ils ont besoin à l’heure de la transition énergétique et de l’industrie 4.0. "Le monde de l’énergie est en train de se transformer et le digital est une opportunité majeure pour créer de la valeur dans cette révolution", estime Hervé Coureil, le directeur général des systèmes d’information du groupe.

Point d’orgue de cette évolution, la plate-forme cloud EcoStruxure, lancée en 2016 et fondée sur l’internet des objets (IoT). Proposant des applications d’optimisation de l’efficacité énergétique et opérationnelle aux quatre marchés clés du groupe – le bâtiment, les réseaux, les centres de données et l’industrie –, cette plate-forme est structurée en trois niveaux : la connectivité des produits et des équipements, le contrôle et le pilotage, l’analyse des données pour rendre l’offre créatrice de valeur. "L’internet des objets n’est pas pour nous un sujet de diversification, mais un moyen de transformer le cœur de notre activité, argue Cyril Perducat, le directeur IoT et offres numériques du groupe. La transformation digitale de notre offre consiste à prendre notre portefeuille et à définir les opportunités d’évolution pour créer davantage de valeurs pour nos clients."

Pour démontrer cette création de valeur, le groupe déploie ses solutions dans ses propres usines, dont celle du Vaudreuil (Eure). Ce site de production de contacteurs et variateurs de vitesse, fondé en 1975, a été labellisé Vitrine de l’industrie du futur en avril. Et chaque semaine, il est visité par des clients. "Ces derniers veulent comprendre comment nous nous sommes transformés grâce au numérique, explique Matthieu Mailly, alors responsable du projet Smart factory démarré en août 2017. À chaque fois, nous partons de nos besoins et nous expliquons comment nous y avons répondu, avec des outils Schneider bien sûr." Présentation d’EcoStruxure, projection d’une vidéo sur le site, plongée immersive grâce à un casque de réalité virtuelle, puis parcours dans le réel, la visite est rodée. À l’entrée du site trône un Smart bunker – une micro-salle réseau et pare-feu intelligent protégé par une vitre. Alors que Schneider Electric présente la cybersécurité comme un axe majeur de sa transformation, cette première protection s’accompagne d’une cellule de décontamination des clés USB et d’un dispositif de détection des requêtes anormales de connexion aux machines.

Cybersécurité et réalité augmentée

Derrière, la ligne de production du contracteur Tesys-D, entièrement automatisée. Au plus près des broches, des capteurs sans fil mesurent la température en temps réel, une surchauffe étant le signe annonciateur d’une casse. Au-dessus de la ligne, un PC industriel reçoit les données pour une première analyse, avant de les envoyer au "bunker", qui décide selon le degré de confidentialité de leur conservation sur site ou de leur envoi dans le cloud. Grâce à un partenariat avec la start-up britannique Senseye, une alerte est envoyée sur smartphone ou smartwatch deux heures avant la casse de la broche, permettant de la remplacer pendant un changement de série et de réduire le temps de maintenance.

L’usine du Vaudreuil fait aussi la démonstration d’une application de réalité augmentée présente dans Eco­Struxure. En scannant le QR code d’une machine, l’opérateur en voit l’intérieur sur sa tablette, avec l’indication de l’état des capteurs, des points défectueux et la documentation de maintenance du fournisseur. De quoi réduire les temps d’intervention sur panne de 80 %. Sans oublier les capteurs installés dans les systèmes de chauffage et ventilation. Le site du Vaudreuil, huitième plus gros consommateur d’énergie des 130 sites de Schneider Electric, s’appuie sur deux logiciels intégrés à EcoStruxure pour explorer des pistes de réduction de cette consommation. "Rien qu’en optimisant la gestion de nos pompes à chaleur, nous avons réduit de 10 % notre facture d’électricité", se réjouit Matthieu Mailly.

Une solide couche de logiciels

Développer ces outils a impliqué de transformer aussi bien l’organisation du groupe que sa relation client. En partenariat avec le cabinet Accenture, Schneider Electric a créé il y a quatre ans une Digital service factory, qui est autant une équipe de 300 collaborateurs répartis entre la France, les États-Unis et la Chine qu’une méthode de co-construction des offres avec les clients. "Nous démarrons par une phase de "design thinking" avec un nombre limité de clients afin d’explorer leur problématique et de tester nos premiers prototypes, puis nous augmentons progressivement le nombre de clients sur lesquels nous testons notre solution pour obtenir, en un an maximum, un produit au minimum viable, explique Cyril Perducat. Ce qui nous permet de nous assurer de bien répondre à la problématique de notre client, avec une solution économiquement viable pour tous."

La co-construction des solutions passe aussi par une multiplication des partenariats, dont un majeur avec Microsoft. "La première étape a été de développer EcoStruxure, à laquelle Microsoft a apporté l’infra­structure et Schneider sa connaissance des secteurs et métiers clients. Il y a plus d’un an, nous avons signé un nouvel engagement afin de répondre aux besoins d’agilité de l’industrie", détaille Çaglayan Arkan, alors le directeur pour l’industrie manufacturière de Microsoft. Schneider Electric teste plusieurs applications destinées à faciliter la formation et les interventions des opérateurs grâce à la technologie de réalité augmentée HoloLens de Microsoft. En avril 2018, il a lancé sur EcoStruxure une application visant à assurer la traçabilité des produits agroalimentaires utilisant une technologie de Microsoft fondée sur la blockchain.

Schneider Electric multiplie aussi les investissements et partenariats dans l’intelligence artificielle, comme celui annoncé en avril 2018 avec le spécialiste du traitement massif de données Teradata. Cette couche d’IA viendra se greffer sur de solides fondations, véritable avantage. Le groupe a investi très tôt dans le développement des logiciels, afin de coupler ses produits à des solutions et services, qui représentent aujourd’hui 15 % de son chiffre d’affaires. Le corps est donc prêt pour que la greffe fonctionne.

Cyril Perducat, directeur IoT et offres numériques de Schneider Electric

"L’internet des objets n’est pas pour nous une question de diversification, mais un moyen de transformer le cœur de notre activité."

 

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