[Sauver l'industrie] Guy Mamou-Mani, patron du groupe Open : "Il faut digitaliser les business models de l'industrie"

L’Usine Nouvelle lance "l’appel des 30 pour sauver l’industrie". Pendant 30 jours, une personnalité propose une mesure. Aujourd’hui Guy Mamou-Mani, co-président du groupe spécialisé dans la transformation numérique Open, propose d’accélérer la formation de tous les salariés et d’achever la couverture numérique du territoire pour soutenir la digitalisation des entreprises.

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[Sauver l'industrie] Guy Mamou-Mani, patron du groupe Open :
Guy Mamou-Mani, co-président du groupe Open.

Alors que je l’interrogeais lors de la campagne pour la Présidentielle de 2020 sur son silence à propos de la "transition numérique", Nicolas Sarkozy m'avait répondu : "Il n'y a pas de services sans industrie." J’estime que cette déclaration mémorable a fait perdre quinze ans à la France. Alors que nous vivons une révolution sociétale dans laquelle la technologie est en train de changer le monde, nous sommes encore dans la confusion entre "informatique" et "numérique". Le premier terme ne renvoie qu'à une révolution technologique, le deuxième à une mutation anthropologique.

Le renouveau de l'industrie viendra, en fait, de sa transformation numérique. Il fallait lancer de nouvelles initiatives pour accréditer cette idée. C’est dans ce contexte qu’a pris corps le projet « industrie du futur », qui ambitionne de transformer le modèle industriel actuel par le numérique. Cette initiative donne une vision de l'industrie qui dépasse celle de "l'industrie 4.0", essentiellement basée sur la robotique où nous nous sommes laissé dépasser, et qui repose sur 3 grands piliers : l’automatisation, la dématérialisation et la désintermédiation.

Le moment est venu de réinventer notre industrie, comme d'ailleurs l’ensemble des entreprises. La pandémie actuelle joue de ce point de vue un rôle majeur, de déclencheur mais aussi d’amplificateur. En tout premier lieu, il conviendra d’automatiser tout ce qui peut l’être tout en s’assurant de faire évoluer simultanément les business modèles.

La révolution numérique a changé les comportements des consommateurs : l'entreprise doit se réinventer de fond en comble pour répondre à cette nouvelle donne. Elle doit apprendre non plus à vendre des produits mais leur usage à l’exemple du patron de BMW qui avait déclaré qu'il ne fabriquait plus de voitures mais des outils de mobilité ou de Michelin qui avait fait l’acquisition d’une start-up qui lui permettait d'évoluer de la vente de pneus à la facturation d'usage au km...

A mes yeux, la problématique essentielle c’est d'aider les entreprises industrielles à réussir leur transformation numérique et à anticiper les mutations de l’emploi. Elles n’y arriveront pas seules, sans accompagnement. Un appui pédagogique est indispensable. Il doit être mis en place de manière prioritaire et viendra compléter le travail remarquable d’acculturation et de formation des chefs d'entreprise déjà réalisé par France Num.

Je propose d'accentuer cet effort en démultipliant les initiatives de ce type en lui donnant les moyens qui lui permettront de dépasser le niveau de compréhension minimum des enjeux de cette révolution qu’il offre actuellement. Pour mener à bien ce projet, Il faut équiper massivement et totalement le territoire national en couverture numérique enfin de ne laisser personne de côté. On peut se réjouir qu’un des points essentiels du plan de relance qui vient d’être annoncé soit celui-là.

Guy Mamou-Mani, Co-Président d’Open, membre du Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes, ancien vice-président du Conseil national de numérique (CNNum).

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