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[Sauver l'industrie] Eric Espérance, associé chez Roland Berger: "Renouer avec l'efficience industrielle dans l'automobile"

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Tribune L’Usine Nouvelle lance "l’appel des 30 pour sauver l’industrie". Pendant 30 jours, une personnalité propose des mesures. Aujourd’hui, Eric Espérance, associé au sein du cabinet Roland Berger et ancien de Valeo et Faurecia, propose quatre pistes pour permettre à l'industrie automobile française de renouer avec l'efficience industrielle afin de retrouver sa compétitivité.

[Sauver l'industrie] Eric Espérance, associé chez Roland Berger: Renouer avec l'efficience industrielle dans l'automobile
Eric Espérance est associé au sein du cabinet Roland Berger et ancien de Valeo et Faurecia.
© Dahmane - L'Usine Nouvelle

Sommaire du dossier

[Découvrez ici "L'appel des 30" initié par la rédaction de L'Usine Nouvelle]

"Avec une baisse des ventes de 25% à 40% sur le marché des voitures neuves cette année, la filière automobile est l'un des secteurs les plus exposés aux ondes de choc de la crise COVID. Comment relancer la demande automobile en France et soutenir la productivité de nos sous-traitants qui exportent en Europe et dans le monde ?

Il existe des moyens déjà éprouvés de relancer les ventes d'automobiles neuves en France. Les primes à l'achat, location ou conversion ont été testées en 2009, mais l'engouement qu'elles ont suscité est vite retombé après leur disparition. A l'inverse, la France accuse un retard important dans la pénétration des offres de location avec option d'achat (LOA) qui sont un moyen efficace d'atteindre des acheteurs plus jeunes (l'âge moyen d'un acheteur de véhicule neuf en France s'établit à 56 ans). Les pouvoirs publics peuvent aussi soutenir la demande d'attractivité du secteur en explorant les pistes de réduction des taxes de manière temporaire. Ramener la TVA sur la vente ou LOA d'automobiles de 20% à 5,5% constituerait, par exemple, un coup de pouce bienvenu pour attirer le consommateur dans les concessions.

Par ailleurs, au-delà de la simple prime à la reconversion et du bonus écologique, qui bénéficient aussi aux constructeurs étrangers, l'assainissement du marché pourrait passer par une implication croissante des assureurs dans la transposition de restrictions sécuritaires plus poussées. En tant que garants du respect des réglementations en vigueur, ils pourraient durcir leurs conditions pour les conducteurs de modèles plus polluants ou moins sécuritaires, accélérant la sortie de ces modèles hors du parc.

Au delà des constructeurs, les équipementiers

Mais la production industrielle automobile en France ne se limite pas aux véhicules. Nombre d'ensembles (modules ou systèmes), sous-ensembles et composants qui participent à la fabrication de la voiture sont fabriqués en France. On parle ici des sous-traitants de rang 1 comme Valeo, Faurecia ou Plastic Omnium… (Tier 1) et les sous-traitants de rang 2 comme ARaymond, Delfingen, Acome, Caillau… (Tier 2) exportant dans d'autres pays d'Europe. Pour aider ces pépites françaises à renouer avec l'efficience industrielle afin de retrouver leur compétitivité face à des acteurs mondiaux ou des sociétés basées dans des pays à bas coût de main d'œuvre, il nous faut agir sur quatre axes :

- Les aider à se concentrer sur des produits à forte valeur ajoutée, notamment via le renforcement des clusters d'innovation existants, des centres techniques régionaux et des grands programmes européens d'innovation.

- Favoriser la percée de l'automatisation dans leurs usines, l'Etat pouvant accompagner les investissements sous la forme de prêts remboursables ou de participations qu'il revend une fois le sous-traitant relancé sur les rails de la compétitivité.

- Les aider à atteindre la taille critique pour servir les constructeurs internationaux, l'Etat pouvant mettre à disposition des industriels français des véhicules d'investissements qui permettent ces manœuvres capitalistiques, tout en restant conforme aux lois de la concurrence internationale.

- S'atteler à réduire temporairement le coût du travail en France pour retrouver notre compétitivité face aux pays européens à bas coûts (République Tchèque, Roumanie, Portugal) qui servent eux aussi les grands constructeurs européens."

Eric Espérance est associé chez Roland Berger, spécialiste dans le secteur automobile

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