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[Sauver l'industrie] Anne-Charlotte Fredenucci, présidente d'Ametra : "Il faut s'attaquer aux impôts de production !"

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L’Usine Nouvelle lance "l’appel des 30 pour sauver l’industrie". Pendant 30 jours, une personnalité propose une mesure. Aujourd’hui, Anne-Charlotte Fredenucci, présidente du groupe Ametra, évoque la nécessité de réduire encore davantage les impôts de production.

[Sauver l'industrie] Anne-Charlotte Fredenucci, présidente d'Ametra : Il faut s'attaquer aux impôts de production !
Anne-Charlotte Fredenucci est présidente du groupe Ametra.
© Pascal Guittet

Sommaire du dossier

[Découvrez ici "L'appel des 30" initié par la rédaction de L'Usine Nouvelle]

Bercy vient d’annoncer une baisse des impôts de production, ces taxes que les entreprises payent, avant de dégager le moindre bénéfice. Si cette annonce va dans le bon sens, elle risque de faire croire que le sujet est réglé. Or c’est loin d’être le cas.

Ces impôts "contre la production" tuent les emplois industriels sur le sol français : en France, ils représentent 3,2% du PIB contre une moyenne de 1,6% dans l’Union Européenne. Pour être moyennement compétitifs, il faudrait donc les diviser par deux. Et pour se donner l’ambition d’être une puissance industrielle, il faudrait aller plus loin. En effet, si ces taxes sont dues par toutes les entreprises, la façon dont elles sont calculées, comme la CFE qui s’appuie sur le foncier, alourdit davantage la facture pour ceux qui produisent.

Concrètement, qu’est-ce que cela signifie ? Quand une ETI, comme Ametra, qui conçoit et fabrique des équipements pour l’industrie, répond à un appel d’offre, elle intègre toutes les composantes de son prix de revient, y compris les impôts de production, dans le calcul du prix qu’elle propose à son client. Pour remporter un appel d’offre, que ce soit l’étude et l’intégration d’un pupitre embarqué pour un équipementier de l’aéronautique, ou bien la conception mécanique, électrique et électronique d’un sous-ensemble de radar pour un systémier de la défense, Ametra fait face à la concurrence d’autres PME et ETI,  implantées partout à travers le monde. Or, ces appels d’offres, même pour des enveloppes de plusieurs millions d’euros, se gagnent souvent à 1 ou 2% près. En clair, si Ametra est 1% plus chère qu’une ETI américaine, le marché part aux Etats-Unis et ce sont autant d’emplois industriels qui disparaissent du sol français.

Dans une France où l’industrie permet de mailler les territoires par des emplois à valeur ajoutée, dans une période où l’urgence de l’industrie 4.0 réclame des investissements lourds et pérennes de la part des PME pour adopter les technologies digitales de demain, dans un contexte où le COVID met à mal des pans entiers d’activité tels que l’aéronautique, taxer les entreprises industrielles deux fois plus que la moyenne européenne, c’est tuer l’emploi français !

Nous, patrons de PME et d’ETI industrielles, nous battons au quotidien pour développer nos entreprises, préserver et créer des emplois. Les taxes de production étranglent l’industrie française : Monsieur le Ministre de l'Economie et des Finances, encore un effort !

Anne-Charlotte Fredenucci est présidente du groupe Ametra.

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