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Sarkozy et Merkel donnent un nouveau sursis de six mois à l'A400M

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« Pour trouver la meilleure solution possible », la chancelière allemande et le président français prolongent de six mois les négociations avec EADS sur l'avion de transport militaire. Celui-ci affiche à ce jour un retard de quatre ans.

Sarkozy et Merkel donnent un nouveau sursis de six mois à l'A400M

L'A400M en renégociations jusqu'à la fin de l'année. Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont annoncé aujourd'hui qu'ils s'accordaient un délai supplémentaire de six mois pour faire aboutir les discussions concernant le retardataire Airbus de transport militaire.

« Nous avons parlé de l'A400M en décidant qu'il était bon qu'on se donne un petit délai de six mois pour continuer à discuter, pour trouver la meilleure solution possible », a déclaré le président français à la sortie d'un entretien avec la chancelière allemande. « Nous avons besoin encore de discussions sur ce que l'on peut faire, quelle forme pourra prendre cet avion. Nous sommes en plein accord : on se donne quelques mois et nous verrons ensuite quand on pourra se faire livrer un tel avion. On a besoin d'un avion de transport, de toutes façons », a insisté Angela Merkel. Cette dernière semble, selon l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, avoir abandonné les menaces de retrait du programme, brandies par son ministre de la Défense, Franz Josef Jung.

Négociations tous azimuts

Depuis le 20 avril, l'A400M était protégé d'éventuels retraits ou réductions de commandes par un moratoire (d'une durée initiale de trois mois), signé par le maître d'œuvre EADS et l'Occar (Organisation conjointe de coopération en matière d'armement) qui représentent les sept pays clients - Allemagne, France, Espagne, Royaume-Uni, Turquie, Belgique et Luxembourg - ayant commandé 180 exemplaires pour 20 milliards d'euros. Les tractations en cours concernent aussi bien les pénalités de retard et le calendrier des livraisons que les spécifications techniques de l'appareil. Le groupe EADS, qui a déjà provisionné 2,4 milliards d'euros sur ce programme, tente également de revoir à la hausse le prix unitaire de 145 millions d'euros.

L'A400M affiche à ce jour quatre ans de retard. En cause : le système numérique de régulation des moteurs (Fadec), mais aussi le dépassement de la masse à vide et des soucis avec les systèmes de navigation. Face à ces obstacles, la maison mère d'Airbus propose un calendrier en deux temps. Les premières livraisons, qui interviendraient trois ans après le premier vol, concerneraient une version « basique », réalisant l'essentiel des missions de l'avion. Les fonctions logicielles de missions avancées seraient mises en service un an plus tard pour atteindre le standard contractuel initial. Le premier vol est attendu pour fin 2009, début 2010.

Matthieu Maury

A lire aussi :
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