Sarkozy confirme la construction d'un second réacteur EPR
« Nous allons construire une nouvelle centrale nucléaire EPR indépendante de celle de Flamanville », a déclaré le Président de la République, qui l'a annoncé un peu plus tôt à des salariés de l'usine ArcelorMittal du Creusot. S'il n'a pas précisé la localisation, Nicolas Sarkozy a indiqué que la décision devrait être prise d'ici à début 2009 pour une pose de la première pierre en 2011. Et a justifié sa décision par la flambée des prix du pétrole et du gaz.
« Une industrie d'avenir et une énergie indispensable »
« L'ère du pétrole bon marché, c'est fini. Le nucléaire est plus que jamais une industrie d'avenir et une énergie indispensable. Chaque EPR fait économiser 2 milliards de m3 de gaz par an quand il remplace une centrale à gaz et onze millions de tonnes de CO2 (de rejets de CO2, ndlr) par an quand il remplace une centrale à charbon. » Et d'ajouter « l'électricité qui sort d'un EPR est 30 à 50 % moins chère que l'électricité qui sort d'une centrale à gaz ou au charbon. On peut devenir exportateur d'électricité, alors qu'on n'a ni pétrole, ni gaz. C'est une chance historique de développement. »
Le chef de l'Etat a également défendu sa politique de coopération en matière de nucléaire civil, estimant que « le nucléaire peut être une arme de paix, car c'est une arme au service du développement ».
EDF en concurrence avec Suez ?
Dès aujourd'hui, EDF s'est réjoui de la nouvelle d'un second EPR dans l'Hexagone et s'est dit prêt à s'engager dans le projet, disposant « en effet de sites potentiels d'implantation et des compétences reconnues ». Mais, l'électricien public pourrait se retrouver en concurrence avec le nouveau groupe GDF Suez, qui n'a pas caché son souhait de devenir constructeur et exploitant de centrales nucléaires.
De son côté, Greenpeace, par la voix de son directeur des campagnes France Yannick Jadot, a qualifié la décision de Nicolas Sarkozy de « faute lourde qui sonne en partie la mort du Grenelle de l'Environnement ». Rappelant que la feuille de route adoptée à l'automne dernier donnait la priorité absolue aux économies d'énergie et au développement des renouvelables. Greenpeace souligne que l'EPR de Flamanville était un démonstrateur et que le Parlement devait se prononcer après deux ans de fonctionnement (soit vers 2014) sur le lancement d'un programme EPR pour remplacer les réacteurs actuellement en service.
A Flamanville (Manche), le premier réacteur EPR français, dont le chantier a débuté en décembre 2007 sous la direction d'EDF, doit être mis en service en 2012. Fruit d'une technologie Areva-Siemens, un autre réacteur à eau pressurisée est en cours de construction en Finlande. Ce dernier devrait être opérationnel en 2011, avec un an et demi de retard. Fin novembre, Areva a vendu deux EPR à la Chine. Début 2008, Areva toujours, Total et Suez ont en outre annoncé la signature d'un partenariat en vue de vendre deux réacteurs EPR aux Emirats Arabes Unis.
Matthieu Maury
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