Sapin appelle les entreprises à "prendre le risque du dialogue social"

Le ministre du Travail présent à l’université d’été du Medef, refuse de parler de flexibilité du travail, mot auquel il préfère celui de sécurisation.

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Sapin appelle les entreprises à

Les chiffres catastrophiques du chômage sont dans toutes les têtes, à l’université du Medef, sur le campus d’HEC. Pour le ministre du Travail Michel Sapin, invité à la table ronde consacrée au travail ce jeudi matin, c’est évident : "les 3 millions (de chômeurs) sont passés à l’heure où je vous parle". Il ne voit qu’une solution, martelée : le dialogue social. "Je vous appelle, vous chefs d’entreprise, à prendre le risque du dialogue social et donc du compromis. C’est en prenant ce risque que vous minimiserez les autres risques."

Un dialogue social à la française, qu’il faut inventer sans chercher à copier celui de nos voisins, pour lui. "Il faut que les rapports de force présents dans le dialogue social soient dynamiques au lieu d’être bloquants", ajoute-t-il, appelant les entreprises, en position de force en situation de crise, à ne pas abuser de cette situation...

Parler de risque, c’est une manière, pour Michel Sapin, de renvoyer le sujet à ceux qui reprochent aux futures négociations sur la sécurisation des parcours professionnels de nier l’aspect risqué de toute activité d’entreprendre. Toute la matinée, le ministre a été chahuté – verbalement – sur ces notions de risque et de sécurité. En dépit des efforts de l’animateur, il résiste, évite le plus longtemps possible de prononcer ce mot tant réclamé par Laurence Parisot, présidente du Medef : la flexibilité. "J’aime le terme de sécurisation", affirme le ministre, qu’il oppose à celui de sécurité.

Plus de souplesse

Le thème remporte un franc succès dans les allées de l’université d’été. De nombreux patrons appellent à plus de souplesse, du contrat de travail, du temps de travail, des parcours professionnels, aussi. "Sécuriser les parcours, c’est préparer les salariés aux évolutions, puis les aider à y faire face, dans l’entreprise ou hors d’elle, estime Bruno Debatisse, DRH France de Legrand. Les salariés doivent intégrer qu’une évolution est possible pour eux en quittant l’entreprise." Pour le président du groupe de BTP Balas (800 personnes), "quand il y a autant d’incertitudes qu’à l’époque actuelle, il faut que le code du travail s’adapte à ces incertitudes et permette aux entreprises de s’adapter à leurs besoins, qui évoluent".

Philippe Mangeard, président du groupe Modalohr, filiale matériel ferroviaire de Lohr, regrette que sa maison mère, qui vient d’obtenir des ressources par la vente de sa division tramway, soit obligée de les affecter au plan social de 200 personnes annoncé mercredi aux salariés. « Cela va durer des mois, de réunions, prudhommes, qui vont enrichir les avocats, au lieu de relancer l’entreprise. » La souplesse, il aimerait aussi la trouver dans les CDD, "qu’on devrait pouvoir interrompre avant la fin, si la raison de leur signature, un contrat par exemple, ne tient plus". Mais il le reconnaît : "les salariés doivent accepter plus de flexibilité, et les patrons comprendre l’inquiétude de leurs salariés et les rassurer".

Flexibilité

Une lettre de cadrage est en cours de préparation et devrait être envoyée aux partenaires sociaux avant le 15 septembre, pour qu’ils attaquent le sujet de la flexibilité du travail en sachant ce que le gouvernement en attend. Après le discours de Jean-Marc Ayrault, la veille, Laurence Parisot se montre prête à y participer.

L’autre réforme à venir, le contrat de génération, ne suscite ni hostilité ni franc enthousiasme. Dans le BTP, le président de Balas dit ne pas en avoir besoin : "je n’arrive pas à recruter…". Justement, le président de Modalohr voit surtout un "bon outil de maintien des filières professionnelles, notamment de celles qui ne remportent pas tellement de succès". Il espère que les jeunes recrutés dans le cadre de ce dispositif, formés par les seniors, découvriront un métier qui leur plaira et resteront. "Ca peut marcher". Stéphane Richard, patron de France Télécom, se dit "intéressé par les contrats de génération", une façon, pour lui, de continuer à recruter de jeunes talents tout en aménageant les fins de carrière.Sur les contrats de génération aussi, une lettre de cadrage sera envoyée aux partenaires sociaux, la semaine prochaine.

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