Santé : Des lasers qui nettoient, durcissent, analysent, guérissent...

Ophtalmologie, chirurgie, photothérapie dynamique, traitement de certaines formes de cancer... Le laser fait son entrée dans le monde médical.

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Si l'utilisation du laser en médecine n'est pas nouvelle, ses domaines d'application ne cessent en revanche de s'élargir avec l'apparition de nouveaux lasers. C'est le cas notamment en ophtalmologie avec les excimères. Ceux-ci commencent à être employés pour corriger la myopie en sculptant la cornée. Contrairement au CO2 et au YAG, l'excimère "opère" par photoablation et non par effet thermique. Le rayonnement UV casse les liaisons moléculaires sans élever la température de la matière.


Un excimère pour corriger la myopie

Lambda Physik, une société allemande spécialisée dans la fabrication de lasers pour la physique et la médecine, vient de commercialiser un excimère dédié à ce type d'application. "Pour faciliter son utilisation, il est équipé d'un générateur de gaz halogènes en interne qui élimine tous les risques dus à des rejets inopinés", explique Michel Chamberlin, de PSI, une PMI de la région parisienne, qui représente Lambda Physik en France. Chaque impulsion laser vaporise 1micron de cornée. Et huit impulsions suffisent pour corriger une dioptrie. La durée d'une intervention est généralement inférieure à une minute. Des essais sont actuellement en cours dans divers hôpitaux en Europe et aux Etats-Unis. Forts de ces premiers résultats, des chirurgiens envisagent de traiter aussi l'hypermétropie par la même technique. Au lieu de modifier la courbure de la cornée en éliminant une calotte sphérique, on effectuera une découpe en forme d'anneau. Des tentatives ont déjà été effectuées à l'étranger, mais pas encore en France. Les lasers seront des outils très précieux en chirurgie. Selon la longueur d'onde, leur action varie. Ainsi, le CO2 découpe très bien les tissus, alors que le YAG a une action hémostatique. L'idéal est de marier les deux technologies. Ainsi est né le Combolaser, de la société finlandaise Lasermatic, qui combine un CO2 de 40 watts et un YAG de puissance équivalente. Cet outil est employé à l'hôpital de Rueil-Malmaison, dans le service du docteur Sultan, pour opérer certaines tumeurs intestinales. Le Combolaser sert également pour des interventions en ORL, comme le raccourcissement du voile du palais afin de supprimer le ronflement. De même, dans la lutte contre le cancer, les chirurgiens commencent à éliminer des tumeurs de la prostate par laser YAG en passant par les voies naturelles à l'aide d'une fibre optique.

Une technique prometteuse car sélective

"Mais la technique la plus prometteuse est sans conteste la photothérapie dynamique", explique Geneviève Bourg-Heckly, professeur à l'université Paris-VI, spécialisée dans les applications du laser dans le domaine médical. Le principe de la photothérapie dynamique est assez simple. Le patient absorbe un dérivé de l'hématoporphyrine, un colorant qui se fixe préférentiellement sur les cellules cancéreuses. Sous l'action de la lumière, et particulièrement de la lumière verte ou bleue, une réaction de photosynthèse se produit. Les molécules composant le colorant se brisent en libérant un ion d'oxygène qui tue la cellule cancéreuse. Pour "éclairer" les tumeurs, on utilise un laser titane saphir dont le faisceau est guidé par une fibre optique. Cette technique est très prometteuse, car sélective. Cependant, des progrès restent encore à faire dans la composition des dérivés de l'hématoporphyrine pour accélérer leur élimination rapide par les cellules saines. Pour améliorer encore l'efficacité du traitement, la photothérapie sera, dans l'avenir, associée avec un diagnostic par fluorescence. Ainsi, sous un certain éclairage (obtenu là aussi par laser), les cellules malades, "colorées" avec de l'hématoporphyrine, apparaîtront fluorescentes. Elles seront donc faciles à repérer par le praticien, surtout lorsqu'elles sont de petite taille. Et, comme chacun sait, les traitements contre le cancer sont d'autant plus efficaces que le diagnostic est établi précocement.

Michel Vilnat



LE LASER DÉBOUCHE LES CORONAIRES

Les maladies cardio-vasculaires tuent plus que les accidents de la route. Heureusement, les techniques opératoires s'améliorent d'année en année. Ainsi, certains chirurgiens commencent à expérimenter la destruction des plaques d'athérome qui bouchent les coronaires par laser excimère. Cette technique consiste à introduire une fibre optique dans l'artère fémorale jusqu'à la zone malade, puis à envoyer des impulsions laser. Celles-ci vaporisent les plaques d'athérome par photoablation. Pour différencier les parties malades des tissus sains, on envoie par la fibre une impulsion de faible puissance. La plaque d'athérome, riche en calcium, émet un signal caractéristique qui permet de l'identifier.







USINE NOUVELLE - N°2447 -

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